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19430055931943 Paris, Jean Vigneau, 1943. In-quarto (252 X 210 mm) maroquin rouge, dos lisse, auteur et titre dorés, doublures et gardes de daim rouge dans un encadrement de listel de box gris souris, tranches dorées sur témoins, couverture conservée, chemise à petits rabats, étui bordé (C. et J.P. Miguet) ; 380 pages, (1) feuillet d'achevé d'imprimer, (1) feuillet blanc.
194920139Paris, Paul Morihien, [1949]. Petit in-4 en plein box gris brume (ou blanc ombragé) orné au premier plat du titre mosaïqué en lettre de box blanc, dos lisse orné d'un point bleu, gardes de papier couché bleu, couvertures et dos conservés, tranches dorées. Chemise à rabat de box et papier identiques. Reliure signée P. L. Martin.
1962GF357051962 Strasbourg - Editions des Arceaux - 1952 - 1 volume en feuilles sous couverture rempliée et sous emboitage éditeur- Trés bon état - couverture de l'etui un peu éprouvée -
1962336021962 Gières - Lettres et Estampes - 1962 - Reliure plein chagrin rouge - dos légérement passé - étui - [Fernand Michel] - Trés bon état -
192321008LEMERRE 1923 2 Etudes et Préludes, Cendres et Poussières, Evocations, Sapho, La Vénus des Aveugles, Les Kitharèdes, A l'heure des mains jointes, Sillages, Flambeaux éteints... Paris, Alphonse Lemerre, 1923-1924, 2 volumes in-8, brochés, couvertures titrées rempliées, sous-étui, de papier reliure, 244 et 267 pages.
1950AMO-3618Les Cahiers Verts -3-, chez Bernard Grasset, 1950 1 volume in-12 (19 x 12 cm), broché, 205-(2) pages. Frontispice par Jean Cocteau (portrait de Marcel Jouhandeau). Parfait état. Exemplaire resté non coupé (jamais lu). Edition originale. Tirage de tête, celui-ci un des 32 exemplaires sur vergé de Montval satiné (n°5). Exceptionnel exemplaire de dédicace offert par l'auteur au libraire-éditeur Robert Chatté (Robert II) : "A Robert II, à Robert Chetté, que j'aime deux fois, parce qu'il aime Robert Coquet, mon Robert I, qui a tué en moi L'Imposteur. Il n'y a plus d'imposteur. Je ne suis, je ne serai jamais plus, grâce à Lui, que pur amour. Marcel. 19 février 1953." Ce volume mérite une analyse très approfondie de l'envoi autographe qu'il contient. Robert Coquet et Marcel Jouhandeau vécurent aux dires mêmes de Marcel Jouhandeau une véritable passion amoureuse. Jouhandeau parle ouvertement de son homosexualité dans ses livres dès 1939, il est âgé de 51 ans. Marié à Élisabeth Toulemont, dite Caryathis (Elise dans son oeuvre) en juin 1929, amie de Jean Cocteau et de Max Jacob, Jouhandeau ne se détourne pas malgré tout de son penchant pour les garçons. Il expose ce penchant dans plusieurs ouvrages tels que Chronique d'une passion (1949), Du pur amour (1970), et Tirésias (1954). Ce superbe envoi autographe nous renvoie donc à la grande passion amoureuse de l'auteur pour cet homme, Robert Coquet, par l'intermédiaire du dédicataire, Robert Chatté (Robert II), son ami. Le sulfureux Robert Chatté, peut-on lire. Robert Chatté était alors une figure éminente de la librairie clandestine, et l'un des plus grands spécialistes de la littérature érotique. Jean-Jacques Pauvert écrit dans ses mémoires : "Début 54 [...] j'avais fait la connaissance de Robert Chatté, le mystérieux libraire de Montmartre. Robert Chatté, grand, mince, très bien élevé, avec des oreilles décollées étonnantes, exerçait en appartement, prenant un grand luxe de précautions. Il n'ouvrait sa porte que si l'on usait d'un certain signal. Spécialiste de l'érotique, il avait fait imprimer aussi l'édition originale de Madame Edwarda de Bataille en 1941" (La Traversée du livre, p. 206). Une importante correspondance entre Robert Chatté et Jean Paulhan a été vendue en 2012 (plus de 160 lettres de Paulhan à Chatté). Jouhandeau et Chatté eurent d'étroites relations. On sait par quelques documents répertoriés qu'il lui offrit des manuscrits. Dans une courte notice, Pascal Pia rappelle que Chatté est mort à Villejuif, en septembre 1957, à l’âge de cinquante-six ans, "d’un cancer généralisé que, deux mois plus tôt, ses médecins habituels ne soupçonnaient point". Marcel Jouhandeau s’était efforcé d’adoucir sa fin. "Il y est, en partie au moins parvenu, selon ce que m’ont dit des tout derniers jours de Robert Chatté les infirmières de l’Institut Gustave Roussy qui l’ont vu mourir." (Pia). Voici le portrait qu'en fait de lui Pascal Pia : « Ce n’était en aucune façon un écrivain. Au fait, qu’était-il ? Lui-même n’a jamais cherché à se classer. De ses dons, extrêmement variés, il ne s’appliquait guère à tirer parti. Libraire sans boutique, commerçant sans patente, amateur sans spécialité, il ne se donnait pourtant pas des airs d’être détaché de tout. Au contraire, il laissait voir qu’une passion frénétique le possédait, mais il n’était pas moins visible qu’aucun objet ne pouvait longtemps fixer sa passion. Il a excellé dans la danse à claquettes, le maniement des cartes à jouer, l’art d’intéresser les dames de petite vertu, et aussi dans la mystification. Une de ses anciennes amies l’a toujours pris pour un Américain. Tout Parisien qu’il était, il ne lui avait jamais adressé la parole qu’avec l’accent yankee, même quand elle et lui s’affrontaient dans le plus simple appareil. En dépit de toutes ces aptitudes, il n’a jamais été ni l’artiste de music-hall, ni le teneur de bonneteau, ni le jules qu’il aurait pu devenir sans effort. Sans cesse il se trouvait en quelque sorte distrait de soi par l’un ou l’autre de ses personnages de rechange. Ses chansons ne sont pas des œuvres, mais des accidents. » Chatté fut également proche de Louis-Ferdinand Céline et de Gen Paul. N'oublions pas que Robert Chatté n'a pas lu ce volume. Peut-être a-t-il lu le texte dans un autre exemplaire et qu'il a souhaité précieusement conserver celui-ci intact. Très bel exemplaire, parvenu intact jusqu'à nous, qui réunit sous une seule couverture, une belle page de l'histoire amoureuse et amicale de l'auteur.
1910AMA-582Paris, Sansot, 1910. in 8°, veau beige rosé, entièrement décoré de violettes à froid et de violettes mosaïquées, dos légèrement passé, couverture conservée, tête dorée, étui doublé (reliure de L. Lavigne). 103 pp.
1970UUI-12256In-4 agrafé, Adventures in poetry, New York, 1970, non paginé (45 pp., recto seulement). Un peu frotté et écorné, quatrième plat piqué, bon état général. Bon exemplaire de ce volume très rare, tiré à 65 exemplaires (le nôtre non justifié), orné d un envoi autographe signé de l auteur à M. Couturier. Poids 350 g. Envoi lettre verte. Frais d'envoi 6 euros sur la France, 12,20 euros pour l étranger (tarifs de base hors envois suivis). Possibilité de remise en mains propres sur Paris, possibilité d envoi MONDIAL RELAY, n'hésitez pas à me contacter avant de passer commande. Twitter : @Pontneuf06
195383535Paris Librairie Plon 1953 1 vol. relié in-12, demi-maroquin lavallière à bandes bordé de filets dorés, dos lisse, plats de papier marbré ocre, noir et or, doublures et gardes de papier ocre, tête dorée, non rogné, couvertures et dos conservés (Alix), 245 pp. Édition originale de la première pièce de l'auteur, ornée de 4 dessins par Charles Shoup dont un frontispice. Situé peu avant la guerre de Sécession, Sud met en scène un lieutenant américain qui "a la révélation de sa nature profonde et de l'amour le plus impérieux en voyant paraître un jeune homme qu'il ne connaissait que de nom" (préface). Créée à l'Athénée-Louis Jouvet le 6 mars 1953 avec Pierre Vaneck dans le rôle titre, la pièce reçut un accueil chaleureux, même si Green souligne que l'enjeu central ne fut pas pleinement compris. A noter que les autorités britanniques, encore boursouflées par le procès Wilde, refusèrent de fournir une autorisation officielle et, en Espagne, la pièce fut réécrite escamotant la thématique homosexuelle. Un des 35 exemplaires de tête numérotés sur Japon. Exemplaire à toutes marges en parfaite condition.
195383535Paris Librairie Plon 1953 1 vol. relié in-12, demi-maroquin lavallière à bandes bordé de filets dorés, dos lisse, plats de papier marbré ocre, noir et or, doublures et gardes de papier ocre, tête dorée, non rogné, couvertures et dos conservés (Alix), 245 pp. Édition originale de la première pièce de l'auteur, ornée de 4 dessins par Charles Shoup dont un frontispice. Situé peu avant la guerre de Sécession, Sud met en scène un lieutenant américain qui "a la révélation de sa nature profonde et de l'amour le plus impérieux en voyant paraître un jeune homme qu'il ne connaissait que de nom" (préface). Créée à l'Athénée-Louis Jouvet le 6 mars 1953 avec Pierre Vaneck dans le rôle titre, la pièce reçut un accueil chaleureux, même si Green souligne que l'enjeu central ne fut pas pleinement compris. A noter que les autorités britanniques, encore boursouflées par le procès Wilde, refusèrent de fournir une autorisation officielle et, en Espagne, la pièce fut réécrite escamotant la thématique homosexuelle. Un des 35 exemplaires de tête numérotés sur Japon. Exemplaire à toutes marges en parfaite condition.
1926AMO-2219Chas Laborde ? Suite complète en noir des 15 eaux-fortes pour illustrer les Chansons érotiques de Béranger (1926). Rare. Pierre-Jean BÉRANGER. Illustrations libres de VIROT [peut-être CHAS-LABORDE ?]. [SUITE COMPLÈTE DE 15 EAUX-FORTES ÉROTIQUES POUR LES CHANSONS ÉROTIQUES de P.-J. de Béranger, ornées de quatorze planches gravées à l'eau-forte et coloriées.]. [Aux dépens d'un amateur, 1923 [i.e. avril 1926]. Format des feuillets : 22,5 x 16,5 cm - gravure : 15 x 13 cm env. Papier vélin de cuve Montgolfier Annonay. Cette suite en noir provient de l'édition clandestine pour les bibliophiles vendue sous le manteau et dont le tirage était limité à 260 exemplaires. Le détail du tirage est de 5 exemplaires sur Japon impérial, 250 exemplaires sur vélin blanc de Montgolfier et 5 exemplaires de collaborateurs hors commerce. Dans l'exemplaire sur Japon que nous avons eu en mains les gravures étaient tirées en couleurs. Cette suite de 15 eaux-fortes en noir provient du tirage à 250 exemplaires sur vélin blanc de Montgolfier. Le prospectus de cette édition (que nous avons déjà eu en mains) nous apprend que la date imprimée (1923) est erronée et que l'ouvrage n'est en réalité sorti des presses, au plus tôt, qu'en avril 1926. Ces illustrations sont de Virot (non signées - nous avons eu un dessin original signé de ce pseudonyme dans un autre exemplaire du même ouvrage). On y sent néanmoins le style de Chas Laborde même si les bibliographes ne s'accordent pas sur cette attribution. Pia, dans sa bibliographie "Les livres de l'Enfer" ne donne pas le nom de l'illustrateur qu'il ne semble pas avoir découvert, pas plus que Dutel d'ailleurs (1193). Luc Monod, dans son "Manuel de l'amateur de livres illustrés modernes" (t.1, p. 214), attribue ces dessins à Chas Laborde. Il s'agirait du seul ouvrage résolument érotique illustré par cet artiste. Bel ensemble de la suite complète en noir.
190431391Paris, Alphonse Lemerre, 1904. Un vol. au format in-12 (188 x 123 mm) de iv - 270 pp. Reliure de l'époque de demi-cartonnage vert-empire à l'imitation de maroquin, dos lisse orné de doubles filets dorés, fleuron central doré, titre doré.
192524944Paris EROTOPOLIS 1925 1 Paire de 2 estampes aquarellées au pochoir signées dans la planche de sa griffe masquée, Paris, Erotopolis, A l'Enseigne du Faune, 1925, ovale de 13 x 17.5 (format à vue), cercle de 14 cm. de diamètre (format à vue), 18.5 x 24.5 cm. (formats encadrés) cadres en bois.
1909AMA-581Paris, Lemerre, 1909. in 8°, demi-maroquin citron, pièce de titre en maroquin noir, couverture conservée (Reliure de Marcel Hugon). (2)ff.-177 pp.-(1)f.
197352054Paris Editions de Minuit 1973 1 vol. Broché in-8, broché, non coupé, 188 pp. Edition originale. Un des 27 exemplaires de tête numérotés sur pur fil Lafuma, et parmi ceux-ci l'un des 7 hors commerce (ex. VI). En parfait état.
197352054Paris Editions de Minuit 1973 1 vol. Broché in-8, broché, non coupé, 188 pp. Edition originale. Un des 27 exemplaires de tête numérotés sur pur fil Lafuma, et parmi ceux-ci l'un des 7 hors commerce (ex. VI). En parfait état.
19791046541979 7 N°0: Paris, Editions du Triangle, février 1979, 301x213mm, 4p., plié non coupé. Numéro gratuit.N°1, Paris, Editions du Triangle, avril 1979, 301x213mm, 16p., en feuilles. Mensuel prix 5 francs.(104654)
1979bj1612Tartas Pierre de Sélection Abraxas-libris Livre en feuillets 1979 In-folio (29x39 cm), ouvrage en feuillets sous couverture argentée imprimée à froid (et représentant les portes de la prison) et sous emboîtage, chaque page est dans un ton ocre vert et propose une impression de murs de prison en fond, le poème d'Oscar Wilde est illustré de compositions originales de Bernard Locca ; notre exemplaire (n°77), signé par l'artiste et l'éditeur, comporte une suite des 5 doubles planches tirées sur grand vélin d'Arches et signées par l'artiste. Bien complet de la planche double supplémentaire inédite ; excellent état pour ce rare ensemble. Livraison a domicile (La Poste) ou en Mondial Relay sur simple demande.
197310998Paris, Flammarion, 1973. Grand in-8 de [2]-153-[5] pages, demi-maroquin caramel à coins, dos (passé) à nerfs, tête dorée, couvertures et dos conservés. La reliure est signée M. Cornu.
193246401903Paris , Ferenczi, 1932 ; in-12, demi-chagrin prune, coins, tête dorée, non rogné, couverture et dos. (Rel. de l’époque). 249 pp., 1 f.ÉDITION ORIGINALE. Ce roman “un livre manifestement difficile à écrire, mais que Colette réussira avec un tact étonnant” Pichois. parut d’abord en feuilleton dans l’hebdomadaire Gringoire à partir du 4 dec. 1931 ; la publication en sera brusquement interrompue le 25 dec. Le directeur H. de Carbuccia, avertit l’auteur que texte déplaisait à son public et qu’il le coupait purement et simplement. Colette voulut le poursuivre en justice, puis renonça. Le texte complet parut chez Ferenczi. L’ouvrage analyse avec beaucoup de compréhension les amours homosexuelles. Le livre reparaitra ensuite sous le titre Le Pur et l’Impur. “C’est le plus difficile de ses livres, et le plus nouveau. Je doute qu’on ait écrit sur les sens, et singulièrement le sexuel, sur leur souveraineté et leur tristesse, rien de si pénétrant” Maurice Gondeket. UN DES 80 EXEMPLAIRES SUR HOLLANDE VAN GELDER. Pour la genèse, les tribulations éditoriales et les variantes de ce texte, voyez les importantes notes dans les Oeuvres de Colette Pléiade. Édition Pichois 1991 - tome III pp. 1501-1583.
1909AMA-543Paris, Grasset, 1909. in 12, demi-chagrin chocolat à 5 nerfs, filet à froid sur les plats, tête dorée, couverture et dos conservés, ex-libris, envoi. 210 pp.-(1)f.
19500021741950 Une page et demi (135 X 208 mm).
19523406Paris Société des Amis du livre moderne 1952 in-4 en feuilles Paris, Société des Amis du livre moderne, 1952. 33,5 x 26 cm, in-4, XVII (I), 169 (4) pp., 54 lithographies originales en noir dont 10 à pleine page et 1 à double page, en feuilles sous couverture blanche rempliée portant le titre lithographié en vert, chemise et étui.
19413405Paris Aux Armes de France 1941 1 vol. Broché in-8, broché, couverture rempliée, non coupé, 200 pp. Édition définitive de "Ces plaisirs..." paru en 1932, ornée d'un beau portrait gravé à l'eau-forte par Jean Cocteau et tiré par Daragnès. Un des 550 exemplaires numérotés sur Arches, tirage de tête.Nouvelle édition de Ces plaisirs… paru en 1932 avec «des modifications et des additions assez importantes pour que la présente édition puisse être considérée comme en partie originale» (avertissement de l’éditeur). Près de dix ans après la publication de Ces plaisirs…, Colette revient sur un texte qui lui tenait à cœur (voir n°36) où elle abordait, sans fards et sans jugements, diverses formes de la sexualité masculine et féminine et notamment l’homosexualité féminine. Elle remanie le portrait de Renée Vivien, développe l’évocation des lesbiennes aristocratiques, ajoute au portrait de «La Chevalière» des détails biographiques, réécrit les dernières pages et peut enfin imposer le titre qu’elle avait toujours souhaité, Le Pur et l’Impur, auquel elle avait dû renoncer en 1932. Son nouvel éditeur semble plus arrangeant et prêt à satisfaire à toutes ses demandes…Il faut dire que c’est une aubaine pour Louis Thomas d’avoir réussi à signer un contrat avec Colette. L’homme est peu fréquentable. Antisémite et collaborateur notoire, il avait activement participé à l’aryanisation des éditions Calmann-Lévy, suite au décret du 18 octobre 1940, et était devenu à partir du mois de mars 1941 le directeur de la célèbre maison d’édition qu’il tente de rebaptiser «Aux armes de France». Finalement écarté de la direction après à peine six mois en fonction, il avait créé sa propre maison d’édition reprenant l’enseigne et obtenant des autorités allemandes de conserver les contrats qu’il avait signés lors de son bref passage à la tête de Calmann-Lévy, au premier rang desquels ceux de Colette.Que savait-elle au juste? Nous l’ignorons. Les frères Ferenczi avaient dû quitter Paris et elle avait cédé aux avances de Fayard. Les éditions «Aux Armes de France» étaient pour elle un nouveau débouché possible pour pallier les départs successifs de ses éditeurs. Elle y publia trois volumes: Mes Cahiers (1941), qui reprend l’essentiel des textes publiés dans les Cahiers Colette en 1935 et 1936, Le Pur et l’Impur, qui est une réédition du texte de 1932 et De ma fenêtre (1942), seul volume de textes inédits, mais dont le dépôt légal ne fut fait qu’en avril 1944 alors que le même texte paraissait en Suisse aux éditions du Milieu du Monde sous un titre un peu différent, Paris, de ma fenêtre. Si l’on excepte ce dernier, dont la parution semble avoir été volontairement retardée, les deux autres sont le résultat de contrats signés alors que Louis Thomas était directeur de Calmann-Lévy et sont des reprises de textes déjà publiés avant-guerre. Ceci, bien sûr, ne dédouane pas entièrement Colette. On pourra tout de même s’étonner de voir paraître sous la direction de Louis Thomas un texte comme Le Pur et l’Impur où était célébrée une liberté de mœurs dont la rhétorique collaborationniste faisait la cause même de la décadence de la France… Celui-ci avait-il seulement lu l’ouvrage? On peut raisonnablement en douter… et en sourire.Très beau portrait de Colette par Jean Cocteau, gravé à l’eau-forte, en frontispice. (Notice de Frédéric Maget pour le catalogue de la collection Colette des Clarac)
19413405Paris Aux Armes de France 1941 1 vol. Broché in-8, broché, couverture rempliée, non coupé, 200 pp. Édition définitive de "Ces plaisirs..." paru en 1932, ornée d'un beau portrait gravé à l'eau-forte par Jean Cocteau et tiré par Daragnès. Un des 550 exemplaires numérotés sur Arches, tirage de tête.Nouvelle édition de Ces plaisirs… paru en 1932 avec «des modifications et des additions assez importantes pour que la présente édition puisse être considérée comme en partie originale» (avertissement de l’éditeur). Près de dix ans après la publication de Ces plaisirs…, Colette revient sur un texte qui lui tenait à cœur (voir n°36) où elle abordait, sans fards et sans jugements, diverses formes de la sexualité masculine et féminine et notamment l’homosexualité féminine. Elle remanie le portrait de Renée Vivien, développe l’évocation des lesbiennes aristocratiques, ajoute au portrait de «La Chevalière» des détails biographiques, réécrit les dernières pages et peut enfin imposer le titre qu’elle avait toujours souhaité, Le Pur et l’Impur, auquel elle avait dû renoncer en 1932. Son nouvel éditeur semble plus arrangeant et prêt à satisfaire à toutes ses demandes…Il faut dire que c’est une aubaine pour Louis Thomas d’avoir réussi à signer un contrat avec Colette. L’homme est peu fréquentable. Antisémite et collaborateur notoire, il avait activement participé à l’aryanisation des éditions Calmann-Lévy, suite au décret du 18 octobre 1940, et était devenu à partir du mois de mars 1941 le directeur de la célèbre maison d’édition qu’il tente de rebaptiser «Aux armes de France». Finalement écarté de la direction après à peine six mois en fonction, il avait créé sa propre maison d’édition reprenant l’enseigne et obtenant des autorités allemandes de conserver les contrats qu’il avait signés lors de son bref passage à la tête de Calmann-Lévy, au premier rang desquels ceux de Colette.Que savait-elle au juste? Nous l’ignorons. Les frères Ferenczi avaient dû quitter Paris et elle avait cédé aux avances de Fayard. Les éditions «Aux Armes de France» étaient pour elle un nouveau débouché possible pour pallier les départs successifs de ses éditeurs. Elle y publia trois volumes: Mes Cahiers (1941), qui reprend l’essentiel des textes publiés dans les Cahiers Colette en 1935 et 1936, Le Pur et l’Impur, qui est une réédition du texte de 1932 et De ma fenêtre (1942), seul volume de textes inédits, mais dont le dépôt légal ne fut fait qu’en avril 1944 alors que le même texte paraissait en Suisse aux éditions du Milieu du Monde sous un titre un peu différent, Paris, de ma fenêtre. Si l’on excepte ce dernier, dont la parution semble avoir été volontairement retardée, les deux autres sont le résultat de contrats signés alors que Louis Thomas était directeur de Calmann-Lévy et sont des reprises de textes déjà publiés avant-guerre. Ceci, bien sûr, ne dédouane pas entièrement Colette. On pourra tout de même s’étonner de voir paraître sous la direction de Louis Thomas un texte comme Le Pur et l’Impur où était célébrée une liberté de mœurs dont la rhétorique collaborationniste faisait la cause même de la décadence de la France… Celui-ci avait-il seulement lu l’ouvrage? On peut raisonnablement en douter… et en sourire.Très beau portrait de Colette par Jean Cocteau, gravé à l’eau-forte, en frontispice. (Notice de Frédéric Maget pour le catalogue de la collection Colette des Clarac)