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543951 page in-4.La traduction en franais par Mary Hoeck des propos tenus par Jean Cocteau lors d'une mission de la B.B.C. a suscit de vives ractions ...Tout cela est c?urant et ridicule, ... dclare Cocteau. ... N'y pensons mme pas. Depuis 20 ans on s'est habitu me prendre pour un imbcile qu'on roule et qu'on exploite. En admettant que Peyraud fasse des fautes, il n'en reste pas moins vrai qu'il redresse une pente fatale et qu'il s'efforce de combattre "ma ruine". ... Cocteau l'avait laiss libre d'agir, mais la veille il s'en est tout de mme ml, exigeant qu'on ne l'embte plus avec cette traduction: ... on me fatigue. Et vous n'y tes pour rien. Mon c?ur ne change jamais. Les personnes qui vous taquinent me font rire, et je les tiens pour grotesques. J'ai supprim de ma vie les personnes qui "taquinent", mais si ma tendresse vous reste intacte, je n'en ai aucune pour ... les journalistes de l'Observer. ... L'Angleterre a pris le chemin de l'insulte. Eh bien, dit Cocteau, ... je n'irai pas. J'irai lorsque l'Angleterre, comme l'Allemagne, me traitera selon mon rang et mes ?uvres. Jean-Pierre Peyraud a t l'agent et le secrtaire de Jean Cocteau, de 1951 1963.
5491Au commencement de la Grande guerre, Cocteau est assign au service des ambulanciers auprs dune unit de fusiliers marins sur le front de Nieuport en Belgique. Il passe tout lhiver 1915 et le dbut de lanne 1916 dans la rgion de lYser o il vivra une exprience traumatisante qui conditionnera sa vie future. CE PRCIEUX MANUSCRIT DE POMES CHARG DMOTION CONSTITUE LA RELATION DE CETTE TERRIFIANTE EXPRIENCE....Ma mre ctait bien elle assez bien elle / avec un tablier gorge de pigeon borde (sic) de velours noir / et un petit lzard de diamant son corsage / Elle me dit : je viens par le tunnel du rve / Jai voulu couter le canon avec toi / Car cette nuit il y aura une attaque / et moi je disais mais non, mais non / alors elle sassit prs de moi / elle posa ses mains sur moi / et elle tait dune tristesse immense / Elle me dit : Tu sais ton frre a son brevet de pilote / aussitt / Et javais douze ans la campagne / le soir, dehors, aprs dner / mon camarade Charles dit : "il parat / que les frres Whrit volent" / Maman sourit en cousant / Mon frre Paul toujours incrdule / Et Charles dit : Je serai mort / il y aura une grande guerre / et Paul qui fume la sous ce chne / Volera et jettera / des bombes la nuit sur des villes& [alors jtais avec mon frre en aroplane / nous volions dans un appareil Nieuport sans moteur / Nous volions a une grande hauteur / au dessus dun port ou entraient et sortaient les navires...]...[Juste au dessous de nous / il y a maman / elle nous cherche / elle nous cherche sur toute la terre probablement / alors je le suppliai de descendre / mais il disait : nous ne pouvons plus redescendre]Je me rveille mon bras / tu semplit deau de Seltz et le songe / Quelle heure est il a-t-on dn / Le lieutenant me jette un coussin la tte / mais couche toi donc tu dors debout / Je ne dors pas / Une lame de fond me roule / dans ce faux sommeil / Et je maccroche / la barque jentends des rires / mais une lame de fond / memporte / profondment / dans les mers mortes / Alors jtais avec mon frre en aroplane (& ) Nous volions a une grande, grande hauteur / au dessus dun port ou entraient et sortaient les navires / Il me dit / Tu vois sur ce bateau / Juste au dessous de nous / il y a maman elle nous cherche / Elle nous cherchera probablement sur toute la terre / Et je le suppliais de descendre / mais il disait : non nous ne pouvons plus redescendre& ...Ils dorment tous (& ) / Ils se sont tous remplis comme un bateau fait eau / et soudain flotte la drive / Cette pave de couvertures / de genoux de coudes / (& ) / les obus tombent / sur lhtel de ville quil fait bon / sous leur bocage / nuit dtoiles / La fusillade tape / de coups de trique secs sur / des planches tout lhorizon / scroule......Cette nuit dans les mines / Une nuit Nieuport Jai surpris entendu / le travail du rossignol au clair de lune / Qui donc brait / tousse glousse grogne et coasse / dans larbre endormi debout au cloroforme / (& ) Cest le rossignol il prpare / son chant damour la rose / a la rose en avril / et je sens ici l non l / cette odeur / mais cest elle ! Cest la rose ! / Voil deux ans que je nai pas senti de rose / Le rosier viril en boutons / et bientot fminin / concentre / un explosif dodeur / qui tue les papillons crdules / Prpuces friss de la rose / indcente / de la chaleur jadis ici / je vois une rose rouge& ...Entre les deux poussent / La brousaille de fil de fer o se cabrent (& ) / les chevaux de frise. L / l cest le boulevard o on meurt / Le sol qui tue / Si on y marche / Comme sur le rail rouge du mtropolitain (& ) / La bande mixte / plus vide que sil y a la peste / La nuit on y fait des patrouilles / mais pas / La bande mixte / La zone qui foudroie / car en haut de petits trous / du priscope / loeil surveille et se perche (& ) seul sur les sacs& ...Mais ici la vie est interrompue / Car cette ville calme, cet got / toil sont moins srs / que Vra Cruz pendant la peste / Mme / il arrive mme quun promeneur / nentende pas gmir loiseau / des balles mortes / Et sans rien comprendre il sent sa figure vaporise avec du chlorure de mthyle / [Et de nouveau la mer / Se posait de tous les cts / comme une partie dchecs / autour de notre marche des mille murs du labyrinthe] (& ) / [Et de nouveau la nuit / Dplaait le bruit de la mer / comme un jeu dchecs / De tous cts autour de nous / autour des mille / a droite gauche de mille murs du labyrinthe]......Capitaine ! - Mon Capitaine ! / Nous allons arriver. Quelle route ! / les Ces trous dobus ! Le brancard / le brancard dfonce la paroi en mesure, impossible / impossible de lattacher. Mon Capitaine ! / Mon Capitaine ! / Jai sa main qui sue, ses poils, son bracelet montre / Piti ! Achevez moi ! Prenez mon rvolver ! / Soyez charitable ! On arrive / On arrive / Mon Capitaine, on approche / on ne voit rien dehors. Sa balle Sa balle est dans le ventre. ma femme / ma femme& , il faut / Taisez vous, ne me parlez pas / vous parlerez lambulance / Sortons dabord de ce chemin / ou les marmites& / Pouf ! Quatre Sa pleur / claire, on voit ses mains sa moustache qui tremble / Calmez vous mon Capitaine / on approche / o sommes nous ? / Gronendick. Encore ! / Je ne pourrai jamais / il vaut mieux machever / Calmez vous mon Capitaine / a boire ! Il ne faut pas / il ne faut pas boire. Il saute ! Ha je me couche...Le Discours du grand sommeil avait t ddi au jeune pote Jean Le Roy, mort au combat. Lpigraphe indique que ce long pome est "traduit (& ) de cette langue morte, de ce pays mort o mes amis sont morts". Ds lors, la posie devient une confrontation avec la mort, les pirouettes verbales si singulires de lcriture de Cocteau napparaissent que comme des exercices de funambulisme pour masquer le danger permanent de la mort. Le Discours ne parut pas en volume ; il fut recueilli dans Posie : 1916-1923 (Gallimard, 1925).
5492Beau brouillon de lettre dans lequel Cocteau exprime des reproches un intime : ...Jai cru, je lavoue, comme les autres quune certaine ngligence te faisait me donner des livres a letat dbauche et qu sa place que tu publiais des notes. Comme les autres, je nai pas su voir que les mots de ton Suvre senchanent semboitent troitement les riens dans ton Suvre ne reste(nt) a ltat dbauche - que dvisser un seul boulon arrterait lusine, que les mots durs se commandent, spousent se baisent.... Comme les autres jai souvent pris pour des bauches (...) le jeu des surfaces leffacement de toute la gomtrie pdante en faveur dun tout volontaire -Ces constructions soudaines (...) Ces pages o un coin dur de lide se montre supposant le reste comme dans les blocs de cristal quartz o leau solide et seul connatre les limites dune pense dont nous une forme dont un angle seul apparat...
5357Belle et mouvante lettre de Jean Cocteau lpouse du peintre Jean-Paul Brusset, qui fait suite au diffrend qui opposa les deux peintres lors de la ralisation des fresques la chapelle Saint-Pierre de Villefranche-sur-Mer :& Pour une ligne sans importance dans un canard (& ) votre mari a oubli que je disais chaque personne ma gratitude pour sa gentillesse et son courage, que sans lui je ne pouvais rien. Il a oubli ma prface, plus importante, je le crois, quun article. Le pauvre Brusset ne pense pas que si jai cit Triquenot cest uniquement parce quil me la prsent, et que Triquenot ma bien signifi quil tait peintre et quil ne travaillait avec moi que par exception. En ce qui concerne lodieuse phrase sur la chapelle qui se fait toute seule , elle prouve, hlas, que Brusset na rien compris (et ne comprend rien une phrase trs belle et trs mouvante), jai dit que son aide et le cramiste quil dcouvrait tre taient autant de miracles dicts par la chapelle qui nous donne ses ordres. Sil voit tout par le petit bout de la lorgnette, mieux vaut quil parte et quil me laisse tomber. Ce ne sera pas ma premire dception du cSur (hlas)...Il ajoute un long post-scriptum, vritable cri du cSur : & Il faut que je vous dise la vrit que personne au monde ne peut croire. Je suis un pauvre. On ma toujours vol, au cinma surtout. Sans Francine [son amie et mcne Francine Weisweiller] je ne pourrais pas vivre sur la cte 15 jours. Je nai pu payer votre sjour que par sa bont. Si jtais riche vous pensez bien que je vous couvrirais tous dor et que je nirais pas pleurer misre la mairie& En 1955 le peintre Jean-Paul Brusset (1909-1985) sinstalle sur la cte dAzur avec sa seconde pouse, lamricaine Margaret Tatum. Quelque temps auparavant, il avait inaugur avec Aim Maeght la fondation Maeght Saint-Paul de Vence. Brusset travaille la cramique Vallauris. En 1956, il retrouve Jean Cocteau sur la Cte, qui lui demande sa collaboration pour l'excution du travail graphique des fresques de la chapelle Saint-Pierre de Villefranche-sur-Mer et de la salle des Mariages la Mairie de Menton. Seul le travail de la chapelle sera excut car un diffrend va opposer Jean Cocteau lpouse du peintre, Margaret Tatum Brusset, la destinataire de cette lettre.Jean Triquenot supervisa le travail des fresques la chapelle, en labsence de Cocteau.
336613/10 BROUILLON D'ARTICLE SUR LE CINMA, PROBABLEMENT L'ATTENTION DU SCNARISTE ROGER PILLAUDIN ...Il est remarquer que plus on monte dans l'chelle sociale moins on trouve de politesse et de grce. Les ouvriers donnent tous l'exemple du savoir vivre ce qui n'est pas toujours le cas chez le patron. Je ne parle pas pour nos quipes o je peux poser les pieds sans crainte sur tous les chelons de l'chelle, o faire bien chacun mrite des loges. La photographie de Pontoiseau mon oprateur est quivalente la meilleure criture franaise. Elle ne s'encombre d'aucune tentation de l'expressionnisme allemand ou de l'ancienne cole russe. Il photographie comme crivaient Madame de La Fayette et Raymond Radiguet, sans opration artistique et sans pnombre. Je lui posais bien des colles, puisque mon film passe sans cesse et sans transition du ralenti l'acclr, de l'acclr au ralenti, comme mes pomes combinent les longues et les brves. Robert Bresson, mon ami fraternel m'a cd Henri (Raichi) son camraman. Le rle du camraman, le public qui croit que le film se fait tout seul, ne s'en forme pas la moindre ide. Le camraman vise travers les paisseurs jauntres de pellicule et ne doit jamais manquer son but. Cest un tireur d'arc Zen, un chasseur d'images qui donne la vie chaque seconde de trajet de sa mitraillette tuer la mort (...). Il faudrait chanter (...) les louanges de cette famille qui se spare la fin du film avec une vritable tristesse. Minouche la script, Marie Josephe la monteuse, Clo et Sebille, les jeunes stagiaires de l'Idec, (...) le maquilleur, autant de branches d'un arbre qui sans eux resterait un simple pouvantail. Je poserai un problme presque insoluble : tourner un film peu cher qui saurait viter ce qu'on appelle l'lite et atteindre immdiatement cette foule de l'ombre qui a faim et soif d'audace. Je parle de cette vraie audace n'ayant rien en rapport avec ce qui en affiche le nom. J'ai eu rcemment l'exemple du danger que reprsente une visite rapide dans un studio. Un ami trs cher, directeur de journal, m'avait envoy un autre reporter ami afin d'tre sr d'avoir un article srieux sans anecdotes ni malices. Or, cet ami, pourtant fidle, prit pour bavardages ma mthode afin de ne pas laisser l'quipe s'endormir et pour dsordre la merveilleuse aisance avec laquelle l'ouvrier franais besogne sans en avoir l'air et se dpense comme on jette l'argent par les fentres.Son article provoqua ma stupeur jusqu' ce que je comprenne que cet ami qui n'est pas journaliste, avait voulu en prendre le genre, et pousser droite et gauche ces pointes inexactes qui insultent la muse, se ridiculisent et trompent le public... Il termine par une succession de vivats : ...Vive la simplicit, vive le courage, vive la franchise, vive la corde raide sur laquelle on traverse les rapides, vive cette haute rigueur grce laquelle l'irralit devient relle et nous rend semblable un paralytique endormi rvant qu'il court...
5665Brouillon dun article dans lequel Jean Cocteau propose une dfinition de lArt, en tablissant notamment une distinction entre acadmisme et classicisme ...Une forme dart ne peut devenir classique si elle na pas drout lorigine par son audace. [...]. Seulement la diffrence entre le classicisme et lacadmisme cest que lacadmisme est une mort dfinitive et que le classicisme est un sommeil quon peut rveiller comme la Belle au Bois avec un geste damour et un baiser sur les lvres. Il nexiste pas une Suvre crite ou architecturale qui parvienne la srnit dangereuse du classicisme sans avoir emprunt au visage humain cette trange dissymtrie grce laquelle il vite la platitude et la monotonie. Du Parthnon Versailles en passant par le Palais des Doges, tous les difices qui nous merveillent boitent comme Jacob aprs le combat avec lange et il en va de mme pour les pomes, les formes fixes servant de cadre aux singularits que chaque pote y apporte. Jajoute que certaines priodes mettent leurs chefs dSuvres en mauvaise posture et singulirement lorsquil importe de contredire des priodes austres, ce qui oblige les artistes encenser lange du bizarre. Cest aprs ces priodes qui nous valurent le style flamboyant et le rococo que lordre peut tre considr comme une anarchie parce quil soppose la mode (...) Nous assistons donc travers les sicles un parcours ondulatoire, des montagnes russes, danse de la beaut qui contrairement lopinion de Baudelaire aime le mouvement qui dplace les lignes (...) Voil, me semble-t-il, une tude passionnante, celle de cet esprit de contradiction qui habite lme humaine et dont la transcendance est lesprit de cration. Changer les rgles du jeu. Secouer les fatigues. Rveiller ce qui somnole. Et voil ce qui scandalise et, la longue cesse de scandaliser pour lasser et prendre place dans le programme des collges. Notre poque, dun rare clectisme, sefforce de dsennuyer et de dniaiser le genre dont lge masque lternelle jeunesse intrieure. Et je souhaite que les jeunes architectes sefforcent de suivre lexemple des bonzes de thtre qui pour le jeu, le dcor et la mise en scne, ressuscitent les divinits et prouvent que le classicisme nest que la rcompense des avant-gardes comme Gide disait que la patience est la rcompense des chefs dSuvre. (...) Le fil plomb est une paresse. Il a remplac les quilibres, dsquilibrs et mystrieux qui correspondent aux mouvements dun acrobate traversant le vide sur un fil. Un chef dSuvre, quil soit dun architecte, dun peintre, dun crivain, dun sculpteur met continuellement son auteur en danger de chte. Ne pas obir cet appel du vide ou du nant. Continuer le travail sans vertige. Voil ce qui assure lart une manire dternit ! (...) le sens des proportions, sil se matrialise dans larchitecture ou le mobilier dnonce une lgance, noblesse pareille dans les mes qui les conoivent les excutent et sen servent. Lartisanat abonde en merveilles de ce genre et il marrive de mattrister en constatant une carence de nos mes travers celle de proportions qui ne relvent plus que de certaines rgles impersonnelles sans que la dsobissance les fasse vivre, les repersonnalise, rgles quil ne faudrait pas confondre avec la rigueur...
336508/07/1960 Cocteau a relu le texte de son ami Roger Pillaudin, auteur et producteur de radio et de cinma. Il doit y apporter des corrections : ...Pas mal de fautes et de corrections qui consolideraient ton texte. je te les envoie en vitesse car je suis accabl de besogne. Il y a dans les entretiens de "Stendhal" catastrophe qui est venue l je ne sais d'o. C'est le Cardinal de Retz qui parle ainsi de La Rochefoucauld. Il ajoute ...donne moi des nouvelles des dessins...
4305Cocteau craint de ne pouvoir rpondre une invitation : ...Zwobada m'a parl de cette sance, mais j'ai peur que mon travail et ma sant ne m'empchent de me joindre vous. Je ferai l'impossible...Cocteau voque ici Andr Zwobada (1910-1994), ralisateur, producteur et scnariste franais, dont le film, Les Noces de Sables, est sorti en mai 1949. Jean Cocteau y prte sa voix pour le commentaire.
5660Cocteau qui vient de recevoir une traduction de Mary Hoeck se dsole, ...Hlas incapable de suivre autre chose que mon propre texte dans votre belle langue si difficile. Je vous gronde encore : il fallait rendre la lettre Van L. Il aurait t bien embt car elle na aucun rapport avec ce quil en raconte. Jy parle de vous et je signale combien il me serait dsagrable quon vous cause la moindre peine.Il ajoute sur son quotidien, allusif : ...Ici chien chat et objets se portent bien et vous envoie (sic) leur salut amical, en mme temps que le mien, celui de Francine et de Cgeste [Francine Weisweiller et douard Dermit]...Cocteau avait rencontr Francine Weisweiller en 1949. La riche hritire qui tenait un salon mondain dans son htel particulier de la place des tats-Unis Paris, joua un rle dinspiratrice. Cgeste : personnage du film Orphe (1950) ralis par Cocteau, incarn par douard Dermit, le fils adoptif de Jean Cocteau.
2484IMPORTANT MANUSCRIT DANS LEQUEL COCTEAU PARLE DE SES RUVRES Les Parents terribles , La Machine crire , Renaud et Armide , LEternel retour , ainsi que de leurs interprtes......Aprs les scandales de la reprise des Parents terribles qui a dur quatre jours avec Reggia [Reggiani joua dans la reprise de la pice en 1946] dans le rle de Michel et le scandale de la machine crire jai cru que je serais plus tranquille dans le cadre de la Comdie-Franaise (...). Jean Marais, quitte la Comdie-Franaise, cause de Carmen-Marie Bell. Il y avait pour moi un devoir ne pas donner cette Suvre un aspect rpondant son mcanisme interne, sa complication lgendaire. Ctait le thme de la solitude dtres qui se devinent sans se voir et narrivent pas rpondre lorsquils se voient. La presse de lpoque, a naturellement, on le devine t trouble et il tait dur de remonter cette pente pleine de boue. Mais on y est arriv grce aux artistes qui luttaient de toutes leurs forces. Pour moi Renaud tait un incendie o de grands insectes se dvorent et flambent, quelque chose comme le suicide du scorpion lorsquon le place dans un cercle de feu. Tout cela je le rpte masqu par lalexandrin et la coupe classique...Etude du cinma - apprentissage - recherche responsabilit. Eternel retour. Ah ! non tant donn la presse - lgende - gallique. Cette interprtation de mythes est indispensable leur vie. Ils passent de plume en plume comme certaines histoires passent de bouche en bouche, se magnifiant ou discutant, de toute manire ils se forment selon la personnalit du conteur. Les grands mythes sont trs peu nombreux et Racine (& ), Goethe, savaient bien pourquoi leur usage est efficace. Ces mythes-clefs arrivent ouvrir les mes les plus fermes aux potes...En modernisant Tristan et Yseult je faisais ce que jai refait de Orphe&
5666J. Cocteau voque la grande poque des films et brosse un portrait admiratif de lactrice Marlne Dietrich ...Ceux qui, comme moi, ont eu la chance de vivre la grande poque des films et de voir, califourchon sur une chaise et coiffe dun chapeau haut de forme, Marlne chantant : Ich bin phon [von] Kojt bis Fu auf Liebe eingstellt denn das ist mein Welt und sonst gar nicht conserveront toujours une image parfaite de llgance et de la beaut. Comme le vieux professeur quelle ensorcelle lAnge Bleu, ils resteront sous le charme de cet oiseau et de cette fleur (Oiseau assassin et fleur carnivore, tuant tout autour deux comme il arrivait parfois Mistinguett lorsque, dj moins jeune, elle teignait la trop tincelante des girls (...) Dpouille de ses plumes qui semblaient appartenir son corps et de la palissade obscure de ses cils, Marlne est une pouse humble et douce, une mre amoureuse de sa fille, une amie comme il nen existe que trs peu en ce monde. Courage et cSur, voil celle dont le nom commence par une caresse et sachve par un coup de cravache. Marlne Dietrich ! Une toile, mais une toile qui ne brille que pour nous montrer la route vers la bonne auberge dont la porte ne se ferme devant personne...
5661Notes destines au recueil dentretiens avec R. Pillaudin, propos du tournage de son film Le Testament dOrphe....Jai us de la musique avec une extrme prudence. Je naimerai pas lui devoir lmotion des images. Il y a un thme de Hedel [Haendel] qui surgit plus[ieurs] fois J-Bach et Bocherini et apparaissent lun sur le commencement de la fleur (...) Gambade comme le pauvre de Picasso & la dame qui se trompe dpoque (...) gorge ce fantme. Le cor de Tristan joue un rle musical considrable et aussi les tambours et les petites trompettes courtes (...) O ce jeu par superstition (n) a toujours collect son plan et en donnant le gnrique son nom est venu tout seul sur lardoise.Il parle toutes les sonneries des trompettes qui accompagnent lapparition de Minerve et il a eu lide exquise de mettre sa dernire image dOrphe qui me servait de prologue en admirable phrase (cela va loin) de mon premier film le Sang dun Pote...A la fin de lanne 1959, Jean Cocteau, en pleine laboration de son film Le Testament dOrphe, accepte la prsence sur son plateau dune quipe de radio, dirige par le producteur-ralisateur Roger Pillaudin. A la suite de cette exprience parat Le journal sonore du Testament dOrphe, recueil dentretiens entre Cocteau et Pillaudin.
5662Notes prparatoires de lauteur sur son film Le Testament dOrphe :...Page 22. Qui font les cils (qui font cils est mauvais).Supprim verte et bleue ctait pour le reconnatre des autres et ce nest pas en couleur. Cela troublerait.La statue de loracle (remplace partout devin par oracle) (connait deux vers blancs est laid deux serpentins blancs) Se rebelle nest pas dans mon vocabulaire mets il rsiste (...) Aprs quelle horreur ! quel horreur ! (il le redira dans le film, lorsque la lance de Minerve le traverse). Cest la deuxime tuile et nous avons 2 Thuillier (le portier de lhtel porte le mme nom que le producteur mais avec un seul aile Monbailly (bas de page 26) ajoute en note (on devait aprs le film dcouvrir dans les ruines de Baux une mosaque reprsentant lhomme cheval exactement tel que Cocteau la imagin)Je naime pas entre remarque (bas de la page 27) mets une entre saisissante. Matelas plume qui lempchera de rebondir. Hommage allusion ?...A la fois biographique et manifeste potique, Le Testament dOrphe ou ne me demandez pas pourquoi sort en 1960. Jean Cocteau incarne le pote et de nombreux artistes participent au tournage : Jean Marais, Franois Prier, Maria Casars, Yul Bruner ou encore Franoise Sagan, Pablo Picasso... Si la critique accueille le film avec enthousiasme, le public reste rserv.
5663Notes prises par Jean Cocteau en vue de la prparation dune mission radiophonique de Roger Pillaudin, propos du tournage de son film Le Testament dOrphe, ...Pas du tout. Cest le contraire je les ai eus par conomie. Je voulais faire un film modeste ctait une rgle morale contre les dpenses excessives du cinmatographe et comme je naurais pas pu payer des acteurs et les voyages il ma fallu recourir des amis qui voulait me rendre service et qui se trouvaient tre de grands acteurs et parfaitement conformes lemploi du rle. Un grand acteur gagne en outre du temps car il joue en 2 minutes ce que dautres mettraient un jour russir. Je profite de cette emission pour remercier tous ceux qui ont bien voulu paratre dans le test[ament] dOrphe.Cette mission est un bref prambule la srie dmissions que la radio veut bien consacrer mon film...A la fin de lanne 1959, Jean Cocteau, en pleine laboration de son film Le Testament dOrphe, accepte la prsence sur son plateau dune quipe de radio, dirige par le producteur-ralisateur Roger Pillaudin. A la suite de cette exprience parat Le journal sonore du Testament dOrphe, recueil dentretiens entre Cocteau et Pillaudin.
3479S.D. TEXTE DE PREMIER JET (nombreuses ratures et ajouts) DE LA PLAQUETTE SIGNE JEAN COCTEAU, INTITULE : ROBERT GOFFIN LHOMME ET LE POTE PARUE CHEZ LA PETITE DRYADE EN 1961, AU SUJET DES RECHERCHES DE GOFFIN SUR ARTHUR RIMBAUD : & Avocat et pote, Robert Goffin sera donc d'office l'avocat du diable. Seulement, si le diable se fait parfois prendre pour Dieu, il arrive que Dieu se fasse prendre pour le Diable afin de mettre en veil la perspicacit d'une vertu trop sre d'elle-mme. J'admire l'aisance avec laquelle Goffin se dbrouille dans notre interminable procs. N'est-il pas le vrai dfenseur de Rimbaud et de Verlaine, gagnant sa cause sans mensonges ? Le secret de cette russite vient de ce qu'il habite le mme monde que les coupables et connat le mystre de la vritable innocence. Il triomphe par amour, sachant que de toutes les armes l'amour reste encore la plus efficace, et celle qui ne trompe jamais, la longue& Robert Goffin (1898-1984) "entre en posie" par son grand-pre qui connaissait Victor Hugo. Le souvenir de Victor Hugo a t suffisant pour ensemencer toute la famille , avait-il confi. En 1921, il fonde la revue La Lanterne sourde pour laquelle il fait appel deux potes parisiens : Blaise Cendrars et Jean Cocteau. La trs haute ide de l'amiti lui fit dire qu'on meurt un peu avec les amis qui meurent. Son opinion sur Jean Cocteau est dithyrambique ; il avait dclar son sujet C'est probablement l'homme le plus intelligent que j'ai rencontr. Cocteau parlait de choses qui dpassaient l'imagination ; Goffin rapporte la dfinition que Cocteau donnait alors de la posie : elle est comme le sifflet d'Herms que seule l'oue des chiens peut entendre et donc destine aux oreilles qui ont des caractristiques particulires. En 1920, Robert Goffin dcouvre Clment Pansaers et le Dadasme, il entend les premiers airs de ragtime apports par les amricains et boulevers par ces contretemps, il comprend alors que l'aventure de l'art moderne doit s'incarner dans une rupture et une concomitance entre les phnomnes de la posie moderne, de la musique et de la peinture modernes.Cocteau et Goffin entretinrent une longue et fructueuse amiti, ponctue de sjours rciproques : Goffin, rendit rgulirement visite Cocteau, rue Montpensier puis Milly-la-Fort. Il alla galement chez Francine Weisweiller la Villa Santo-Sospir Saint-Jean-Cap-Ferrat tandis que Cocteau vint se reposer Sept Fontaines o Robert Goffin avait crit Aux Frontires du jazz. Une rare plaquette signe Jean Cocteau, parut en 1961 dans la collection de la Petite Dryade Virton. Elle s'intitule Robert Goffin : l'homme et le pote. Cocteau s'y exprima au sujet des recherches de Goffin sur Arthur Rimbaud. Rfrences bibliographiques: Marc Danval, Le doux gant et le funambule. Lamiti Goffin-Cocteau. Cocteau et la Belgique, Bruxelles, Acadmie royale de langue et de littrature franaises de Belgique.
2687Trs beau texte de prambule au spectacle de Pellas et Mlisande qui devait se jouer au thtre de Metz et pour lequel Cocteau signa les dcors : le pote voque comme source dinspiration sa mise en scne un souvenir denfance et celui du dcor originel cr par Jusseaume...& Pellas est une pice qui semble raliste et irrelle. On y souffre damour et de solitude mais la mort de Mlisande nous fait penser au vol nuptial des abeilles. Or le ralisme irrel nest autre que le domaine enfantin et cest pourquoi aprs bien des refus en France, en Angleterre, en Allemagne, en Autriche, en Amrique, jai fini par me rsoudre, pour le festival de Metz me souvenir des programmes et du magazine Le Thtre (...). Jai voulu mouvoir des personnages dun style mdival aux fraches couleurs, dans des esquisses excutes daprs ce qui reste dans ma mmoire des dcors du spectacle dorigine, lorsque la salle houleuse se moquait de ce mariage mystrieux dun chef dSuvre avec un autre, la musique impressionniste et fminine de Claude Debussy dvorant un peu le texte mle de Maeterlinck comme il arrive dans laccouplement des mantes religieuses. Jaimais ces dcors de dcors construits et qui ne contraignent pas le spectateur un effort dimagination. Seulement leur nombre et les interludes en rendent la mise en place trs difficile et jai pens que le mlange du simple dessin et des lumires qui traversent les zones transparentes sur lesquelles il sbauche suffiraient conduire le spectateur dans le royaume de Maeterlinck sans que lEmpire de Claude Debussy en souffre (& ). Mon but serait de ne pas ajouter deux grandes Suvres conjointes un poids pittoresque et dcoratif... En 1952, aprs une reprsentation de Pellas et Mlisande, Cocteau notait dans son Journal : Pellas est un plonasme, un chef-d'Suvre en recouvre un autre. Mais dans ce mariage de mantes religieuses, la femelle mange toujours le mle, et la musique fminine de Debussy mange Maeterlinck . Dans lintroduction du Programme joint, Cocteau explique que, lorsquil tait enfant, ses parents, revenant du thtre, laissait sur son lit, pendant son sommeil, un superbe magazine en couleurs Le Thtre . Pour les dcors quil fit, pour le thtre de Metz, il a donc tent de retrouver ce souvenir denfance, tout en demeurant fidle au dcor originel de Jusseaume. Cocteau conclut : Puisse la profonde et douce lumire de Maeterlinck de traverser cette ruche et mviter dalourdir le vol nuptial de Mlisande semblable celui des abeilles ...Seul drame lyrique de Debussy, jou en 1902 sur la scne de lOpra-Comique, daprs Maeterlinck, lSuvre est aux confins de la posie et du silence comme lcrivit Gaston Bachelard. La partition est pleine de mesures blanches, de silence actif destin faire valoir lmotion dune phrase .
33815/01/1949 Trs belle lettre.De retour de New York, Cocteau fait part Mary de sa satisfaction quant son travail : ...il me suffit de passer la main dessus pour me rendre compte des reliefs que vous trouvez la place des miens et qui les expriment. Vous me sauvez en quelque sorte de cette petite mort qui est l'impossibilit du passage d'une langue l'autre. Vous imaginez donc ma gratitude et si vous me permettez de le dire ma tendresse. A New York on possde de moi quelques vagues paves d'aprs lesquelles les personnes attentives devinent l'existence lointaine d'un navire. On va essayer de traduire "La difficult d'tre", o j'explique pas mal de choses. Par contre les psychanalystes s'escriment sur mes films et les commentent. C'est vous qui me rassurez et me rchauffez le coeur...
33690Genève, Revue de Belles-Lettres, 1969. Gr. in-8°, 141p. Broché, couverture illustrée.
24278Genève, RBL, 1969. Gr. in-8°, 141p. Broché, couverture illustrée.
1969123765Lausanne La Revue des Belles-Lettres n°1 et 2 1969 1 vol. broché in-4, broché, 140 pp., 22 fac-similés et dessins hors-texte. Excellent numéro spécial avec une préface de Paul Morand, une trentaine de lettres inédites de Cocteau et des études par Albert Béguin, Elie Gagnebin, etc. Un des 200 exemplaires numérotés sur vélin à la cuve avec l'ex-libris tamponné de Lucien Clergue à la page de justification), en bonne condition.
1969123765Lausanne La Revue des Belles-Lettres n°1 et 2 1969 1 vol. broché in-4, broché, 140 pp., 22 fac-similés et dessins hors-texte. Excellent numéro spécial avec une préface de Paul Morand, une trentaine de lettres inédites de Cocteau et des études par Albert Béguin, Elie Gagnebin, etc. Un des 200 exemplaires numérotés sur vélin à la cuve avec l'ex-libris tamponné de Lucien Clergue à la page de justification), en bonne condition.
18476La Revue des Belles-Lettres n°1-2, Lausanne 1969. Grand in-8 broché (25 x 17 cm), couverture turquoise illustrée. Édition originale, illustré de quelques planches hors texte. Hommage au poète Jean Cocteau constitué de sa correspondance avec Elie Gagnebin (la part du lion), Marcel Scialom, Freddy Buache, complété par quelques essais et témoignages de Paul Morand, Albert Béguin, Antoine Livio, Paul Vallotton, Elie Gagnebin. Très bon état.
550303[Genève], La Revue de Belles-Lettres, 1969. In-4 broché, 140 pp., [2] ff., fac-similés et ill. dans le texte et h.-t. Un des 200 exemplaires sur vélin à la cuve.
63794Lausanne, La Revue des Belles-Lettres 1969, 275x195mm, 140pages, broché. Un des 200 exemplaires sur vélin à la cuve numérotés de 1 à 200, exemplaire n°30. Bien complet du supplément. Bel exemplaire.
RO10018009Laboratoire Chantereau. Non daté. In-8. Broché. Bon état, Tâchée, Agraffes rouillées, Intérieur frais. 20 pages environ. Quelques reproductions de peintures en noir et blanc dans et hors texte.. . . . Classification Dewey : 750-La peinture et les peintres