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191882301Paris Georges Crès et Cie 1918 1 vol. relié petit in-12 carré, bradel demi-maroquin ocre rouge à coins, dos lisse avec pièce de titre de maroquin vert gris, plats de papier moucheté ocre, doublures et gardes de papier marbré, tête dorée, non rogné, couvertures et dos conservés (Stroobants), 158 pp. Édition originale de cette série d’articles d’actualité, chacun décoré de jolis bandeaux et culs-de-lampe à motifs floraux. Un des 6 exemplaires de tête numérotés sur Chine, celui-ci truffé d'une belle lettre autographe signée "Colette Willy" à propos de "l'affaire Steinheil" (3 p. in-16, à l'en-tête imprimé du "25, rue Torricelli", s.l.n.d., infimes perforations ne gênant pas la lecture). Bel exemplaire dans une sobre reliure de Stroobants.Un an après Les Heures longues, Colette rassemble d’autres articles du Matin, parus cette fois avant-guerre, pour former la matière d’un nouveau recueil, dont le titre reprend celui d’un article paru le 2 mai 1912 consacré à «l’arrestation» de Jules Bonnot. Les sources d’inspiration des textes réunis ici sont multiples:faits divers (affaire de la bande à Bonnot, procès Guillotin), politique intérieure (élection législative), sport (arrivée du Tour de France, match de boxe, course cycliste, vol en dirigeable). Dans chaque texte s’exprime magistralement cet art de la chose vue dont Colette journaliste fit sa marque: «voir et non inventer».Le manuscrit joint répond à l’enquête féministe du journal Fin de siècle sur l’affaire Steinheil, intitulée «Opinions de quelques femmes célèbres». Rappelons que Marguerite Steinheil, maîtresse de Félix Faure, fut accusée d’être la complice du meurtre de son mari. La réponse de Colette fut intégralement publiée dans le journal du 7 mars 1909: «Une «faible femme» n’a nullement besoin, pour tuer une, deux, trois ou dix personnes, d’un complice effectif. Une femme, toute seule, aura toujours assez de force nerveuse pour tuer, et pour se livrer ensuite, avec un génie enfantin et inégal, à une mise en scène intelligente qui pêchera toujours par plus d’un point. Force nerveuse incalculable, duplicité, fausse légèreté, mépris du risque, inconscience – très relative –, machiavélisme imparfait servi par l’insuffisance des juges et de la police… Voilà ce que je démêle, à peu près, en madame Steinheil.» (extrait)On pourrait s’étonner qu’Henri Clarac ait choisi de truffer son exemplaire d’une lettre antérieure de plusieurs années au recueil, mais ce choix témoigne au contraire d’une lecture très attentive, puisque dans le texte intitulé «À Tours» - reprenant deux articles parus dans Le Matin le 27 et le 28 juin 1912 consacrés à l’affaire Guillotin -, Colette fait un parallèle entre Mme Guillotin, elle-même accusée d’être la complice de son cousin dans le meurtre de son mari, et Mme Steinheil. On notera, d’ailleurs, que le titre du second article initialement publié dans Le Matin était «Que c’est solide une femme!» qui reprend l’idée développée dans la réponse de Colette à l’enquête sur l’affaire Steinheil et que l’on trouvait déjà exprimée dans La Vagabonde (Notice de Frédéric Maget pour le catalogue de la collection Colette des Clarac).
1935AMA-184Paris, Les Amis de Colette, 1935-1936. 4 volumes in 4°, brochés, sous emboîtage commun, dos de la chemise en vélin blanc. 99 pp.-(1)f., 88 pp.-(1)f., 91 pp.-(1)f., 95 pp.-(1)f.,
61376P., Robert Léger, 1961, grand in 4° en feuilles sous couverture rempliée illustrée, coffret pleine toile bleue ; quelques rousseurs au plat inférieur de la couverture ; extérieur du coffret insolé avec infimes frottis.
19243969Paris Société du Livre dArt 1924 -in-4 plein maroquin mosaïqué un volume, reliure plein maroquin (full morocco) jaune mosaïqué (motifs en vert et vieux-rose) in-quarto, RELIURE D'ÉPOQUE SIGNÉE : LA HAYE, dos long (spine without raised band) décor mosaïqué ( decoration) motif de roses en vert jardin et vieux-rose, filets à froid (blind-stamping line decoration) titre frappé or (gilt title), année frappée or, plats décorés de pièces de cuir mosaïqués, motif de roses en vert jardin et vieux-rose, filets à froid (cover blind-stamping), filet sur les coupes (gilt line on the cuts), contreplats orné d'autres motifs mais sur le même thème : "La Rose" à décors de pièces de cuir mosaïqués, motif de roses en vert jardin et vieux-rose, filets à froid, gardes de soie verte + doubles pages de gardes en papier decor violet, bleu vieux-rose et or, tête lisse (top edge smooth) toutes tranches dorées (all edges gilt), léger manque de dorure en tête sur 3 milimètres carrés (blurred gilding), long papier (great papier), dos et couverture conservés (spine and cover preserved), justification du tirage : exemplaire numéroté, tirage limité à 150 exemplaires (limited edition - 150 copies were printed), un des 11 exemplaires (du n°139 à 150) mis dans le commerce, orné de nombreuses lithographies couleur in et hors-texte (pictures in text and full page engraving) par Mich, très rares et légères rousseurs (rares and lights redness marks), 233 pages, 1924 Paris Imprimé pour la Société du Livre dArt Editeur,
195484461Paris Gallimard, Collection Blanche, 1954, in-12, broché, 217p. Exemplaire du service de presse, après 35 ex. sur vélin pur fil Lafuma-Navarre, seul grand papier. Parfait état. Très belle provenance. Colette Thomas entre en correspondance avec Jean Paulhan en 1945 : elle lui adressera les textes qu'elle écrit, lui racontera son attirance pour Antonin Artaud. Directeur de La Nouvelle Revue Française, J. Paulhan s'occupera de la publication du Testament et restera son interlocuteur tout au long de sa vie littéraire. Colette Thomas rencontre Antonin Artaud en 1946 et partage avec lui l'expérience du théâtre, de la poésie et surtout l'expérience psychiatrique. D'un amour total pour lui, elle va apprendre à lire et à jouer ses textes et lui fera également lire ses propres écrits. En 1947, rédigés quasi simultanément, Artaud envoie à son éditeur "Suppôts et Suppliciations", qui annonce à la fin de son introduction "Le Débat du Coeur" que Colette Thomas a adressé à Jean Paulhan. Mais l'ouvrage d'Artaud est rejeté par l'éditeur et ne sera publié qu'en 1978. Artaud meurt en mars 1948 et Colette Thomas est internée au Vésinet.Elle ne sort de son internement qu'en 1951 et découvre l'enveloppe d'épreuves à corriger, adressées par Jean Paulhan trois ans auparavant. Elle en reprend la lecture et augmente Le Débat du Coeur qui deviendra Le Testament de la fille morte, "mansucrit absolument unique" qu'elle renvoie à Jean Paulhan le 8 février 1951. Elle signera le contrat en 1952. Son livre, dont l'édition est très lente, ne sera publié qu'en 1954, sous le pseudonyme de René. "On sait que René est le prénom de son père, mort en 1940. C’est aussi le masculin de son deuxième prénom, Renée. Mais c’est surtout le « nouveau nom » d’une femme qui est morte et qui est revenue de la mort pour nous parler de ce qu’elle a traversé et pour nous annoncer ce qui doit venir "(source Pacome Thiellement, postface à la réédition du Testament, éd. Prairial 2021).
LIQ-3460P. Edition Excelsior S.d. In-4° broché, sous couverture imprimée.
193539101935 Paris, Atelier de Daragnès (Insita Cruce Corfloret), 1935-1936. Complet en quatre volumes brochés : 24 x 31 cm, 99-[2] p. + 88-[1] p. + 91-[2] p. + 95-[2] p. Ouvrages tirés à seulement 175 exemplaires, tous signés par l'auteur. Les nôtres, des exemplaires nominaux à M. Lambelet (no. 52). 1er cahier illustré de 6 eaux-fortes par André Dignimont. 2ème cahier avec 6 eaux-fortes par Jean-Gabriel Daragnès. 3ème cahier avec 6 lithographies par Moreau. 4ème et dernier cahier avec 6 eaux-fortes par André Dunoyer de Segonzac. Ces cahiers sont truffés de deux documents d'intérêt : une liste des principaux souscripteurs, ainsi qu'une lettre typographiée et signée du trésorier du comité des "Amis de Colette". Très bel ensemble, où seul les dos décolorés témoignent des années passées.
192941282Paris J. Ferenczi et Fils 1929 In-8, broch, couverture imprime.Edition originale. Un des 50 exemplaires numrots sur japon super nacr, plus petit tirage aprs 25 exemplaires sur madagascar.
197230440(Bièvres), Pierre de Tartas, (1972). Un vol. au format in-folio (383 x 283 mm) de 147 pp., en feuilles, sous couverture illustrée et incrustations végétales à rabats rempliés et étui de plein skyvertex prune à l'imitation de maroquin, dos lisse, titre doré, doublure de pleine suédine aubergine.
AMA-895Paris, Mercure de France, 1904. . In 12, broché, non rogné, quelques piqûres sur le premier plat et le titre, envoi (Emboitage de Julie Nadaud). 119 pp., [2 ff.].
19128946Paris, Mercure de France, 1912. In-12 (115 x 183 mm), 180 pp., 4 ff. n. ch. Maroquin bleu nuit, triple filet doré encadrant les plats, dos à nerfs orné d'un décor aux petits fers avec médaillon central rouge mosaïqué, double filet doré sur les coupes et les coiffes, dentelle intérieure dorée, tête dorée, couvertures et dos conservés, petits frottements sur les mors supérieurs (Vermorel).
29925Paris, Fayard et P. Flammarion, 1920-1926. Deux volumes in-8, 251 et 246 pp non coupées. Demi-basane verte à coins, dos lisse ornementé en long, (couvertures et dos conservés)
194682368Genève Le Milieu du Monde 1946 1 vol. relié in-12, demi-maroquin vert sapin à coins bordé de filets dorés, dos à nerfs, plats, doublures et gardes de papier vert sapin, tête dorée, non rogné, couvertures et dos conservés (P.-L. Martin), 218 pp. Edition originale. Un des 16 exemplaires numérotés sur vergé de Montval Canson et Montgolfier. En belle condition. Selon un mode de composition qu’elle reprendra pour Le Fanal bleu, Colette mêle à la matière de ses souvenirs certains textes publiés précédemment. Ainsi retrouve-t-on tout ou partie de «La Miniature» publié par Le Matin, le 14avril 1923, de «Vieux papiers» déjà paru dans Broderie ancienne en 1944, l’hommage rendu à Hélène Picard dans la Revue de Paris au mois de mai 1945, «Dans l’ombre du Palais-Royal» publié dans Les Nouvelles littéraires le 25octobre 1945, ou des textes plus anecdotiques comme «De quoi réveiller un mort. Colette nous donne une recette» publié dans l’Almanach du Beaujolais 1946 en 1945ou «Saisons» dans La Table ronde, début 1946.L’ouvrage paraît, dans un premier temps, dans le magazine Elle dont il accompagne la naissance en 1945. De retour des États-Unis où elle s’était exilée, Hélène Lazareff décide de créer en France, sur le modèle du Harpers Bazaar, un magazine féminin dont la devise serait «Le sérieux dans la frivolité, de l’ironie dans le grave.» Afin d’encourager le succès de l’entreprise, au départ modeste puisque les premiers numéros ne dépassent guère une vingtaine de pages, elle décide de faire appel à quelques plumes célèbres et ne peut passer à côté de Colette qui fait alors figure d’institution littéraire. Ce n’est pas la première fois que la presse féminine sollicite l’auteure des Claudine et de Gigi; on se souvient de ses nombreuses collaborations, avant-guerre, à Marie-Claire ou à Vogue. Aux yeux des patrons de presse et de certains éditeurs, elle est devenue celle qui sait parler aux femmes. La publication de L’Étoile Vesper débute le 21 novembre 1945, date de parution du premier numéro du magazine. Hélène Lazareff s’est elle-même déplacée au domicile de Colette pour chercher le manuscrit et le confier au plus vite à la composition. Peut-être aurait-elle dû le lire avant… Début décembre, elle voit arriver sur son bureau les épreuves du numéro à venir – celui du 12 décembre - où est relatée une visite à une voyante et, sans détour, «la semence [trop] claire» d’un jeune homme. Certes hardie dans ses objectifs, la rédactrice en chef veut ménager ses lectrices et devra réclamer à Colette une atténuation des propos. Ci-fait: «Parce que le jeune homme ne pourra pas…J’adoucis les termes. » La publication se poursuivra sans autre surprise jusqu’au mois de janvier 1946. Le volume, quant à lui, ne paraît que quelques mois plus tard en Suisse, aux éditions du Milieu du monde, «en exécution d’un contrait fait durant la guerre», en même temps sans doute que Paris, de ma fenêtre (voir n°60). Ceci ne fut pas sans conséquence sur la réception de l’ouvrage, si l’on en croit Maurice Goudeket qui, dans Près de Colette, indique que du fait d’un contingentement entre la France et la Suisse, seuls 10.000 exemplaires purent être livrés le 14 juillet «dans un Paris déserté, sans que rien ne signala cette sortie à l’attention du public.» Quand le nouveau contingentement fut livré, six mois plus tard, le public était déjà passé à autre chose. Si bien que «le livre de Colette peut-être le plus émouvant est aussi celui qui connut le plus petit tirage.» Le plus émouvant, sans aucun doute, et aussi un des plus lucides et un des plus beaux.Immobilisée par l’arthrose dans son appartement du Palais-Royal, Colette, qui mena longtemps une vie de vagabondages, voit soudainement son champ d’action et de perception diminuer. Mais ce que la douleur aurait pu faire taire en elle et ce que l’espace d’une chambre et le cadre d’une fenêtre auraient pu restreindre, elle sait en faire une source nouvelle d’apprentissage et d’émerveillement : «Les personnes valides croient toujours que de l’immobilité forcée naît l’ennui. C’est une grande erreur. (…) Que le mal nous façonne, il faut bien l’accepter. Mieux est de façonner le mal à notre usage, et même à notre commodité.»Pour l’écrivaine rivée par l’arthrite à son divan-radeau, tout devient spectacle et suscite un égal désir de dire et de décrire: la visite d’un jeune journaliste, celle d’une voyante ou d’un couple de braconniers, à moins que ce ne soit une photographie ou une lettre prise dans l’album de sa vie. Un rien devient le support d’une rêverie, incite «à une promenade, à une contemplation sans buts ni desseins, à une sorte de virtuosité du souvenir», un art dans lequel elle excelle.Ainsi revivent sous sa plume les visages qui accompagnèrent sa carrière de journaliste, longuement évoquée: Wertheimer, Maizeroy, Téry, Sauerwein, Lauzanne, Fénéon, Tardieu, Bunau-Varilla, Liouville, Duvernois… Le monde d’hier… Avec eux ou après eux, les visages des chers disparus. Sa famille: le Capitaine, Sido, son frère Léo, mort en 1941…, ses amies: les poétesses Hélène Picard et Lucie Delarue-Mardrus, mortes en 1945…, ses animaux: la Chatte Dernière, irremplaçable compagne décédée en 1939… Un monde disparu…Écrit sur fond de guerre et de douleur, l’ouvrage se colore des derniers feux d’un magnifique crépuscule. Car, c’est bien son propre déclin que l’auteur envisage, «l’heure de comparaître», «le bout de la route»… Pas de mélancolie, pourtant. Ce qui se lit dans L’Étoile Vesper, c’est le désir de vivre encore: «À soixante-treize ans moins un quart, on a toujours des projets. Je n’en manque pas» et, surtout, l’évident plaisir de dire et de décrire qui lui a tenu lieu de règle et de devoir tout au long de sa vie. Enfin débarrassée des contraintes de l’article ou du souci de compter et de plaire, elle peut se livrer sans crainte à une écriture en liberté et mêler anecdotes, commentaires et portraits, sans le recours à une quelconque hiérarchie. Une écriture, en quelque sorte, au plus près de la vie ressentie. Une véritable leçon de la part d’une écrivaine qui, arrivée au faîte de sa gloire, alors qu'elle affronte avec un égal stoïcisme l’âge et la vieillesse, semble encore prête à renaître: «Désapprendre d’écrire, cela ne doit pas demander beaucoup de temps. Je vais toujours essayer…» Très rare en tirage de tête.Bibliographie: Yves Courrière, Pierre Lazareff, Gallimard, «Biographies», 1995. (Notice de Frédéric Maget pour le catalogue de la collection Colette des Clarac)
194682368Genève Le Milieu du Monde 1946 1 vol. relié in-12, demi-maroquin vert sapin à coins bordé de filets dorés, dos à nerfs, plats, doublures et gardes de papier vert sapin, tête dorée, non rogné, couvertures et dos conservés (P.-L. Martin), 218 pp. Edition originale. Un des 16 exemplaires numérotés sur vergé de Montval Canson et Montgolfier. En belle condition. Selon un mode de composition qu’elle reprendra pour Le Fanal bleu, Colette mêle à la matière de ses souvenirs certains textes publiés précédemment. Ainsi retrouve-t-on tout ou partie de «La Miniature» publié par Le Matin, le 14avril 1923, de «Vieux papiers» déjà paru dans Broderie ancienne en 1944, l’hommage rendu à Hélène Picard dans la Revue de Paris au mois de mai 1945, «Dans l’ombre du Palais-Royal» publié dans Les Nouvelles littéraires le 25octobre 1945, ou des textes plus anecdotiques comme «De quoi réveiller un mort. Colette nous donne une recette» publié dans l’Almanach du Beaujolais 1946 en 1945ou «Saisons» dans La Table ronde, début 1946.L’ouvrage paraît, dans un premier temps, dans le magazine Elle dont il accompagne la naissance en 1945. De retour des États-Unis où elle s’était exilée, Hélène Lazareff décide de créer en France, sur le modèle du Harpers Bazaar, un magazine féminin dont la devise serait «Le sérieux dans la frivolité, de l’ironie dans le grave.» Afin d’encourager le succès de l’entreprise, au départ modeste puisque les premiers numéros ne dépassent guère une vingtaine de pages, elle décide de faire appel à quelques plumes célèbres et ne peut passer à côté de Colette qui fait alors figure d’institution littéraire. Ce n’est pas la première fois que la presse féminine sollicite l’auteure des Claudine et de Gigi; on se souvient de ses nombreuses collaborations, avant-guerre, à Marie-Claire ou à Vogue. Aux yeux des patrons de presse et de certains éditeurs, elle est devenue celle qui sait parler aux femmes. La publication de L’Étoile Vesper débute le 21 novembre 1945, date de parution du premier numéro du magazine. Hélène Lazareff s’est elle-même déplacée au domicile de Colette pour chercher le manuscrit et le confier au plus vite à la composition. Peut-être aurait-elle dû le lire avant… Début décembre, elle voit arriver sur son bureau les épreuves du numéro à venir – celui du 12 décembre - où est relatée une visite à une voyante et, sans détour, «la semence [trop] claire» d’un jeune homme. Certes hardie dans ses objectifs, la rédactrice en chef veut ménager ses lectrices et devra réclamer à Colette une atténuation des propos. Ci-fait: «Parce que le jeune homme ne pourra pas…J’adoucis les termes. » La publication se poursuivra sans autre surprise jusqu’au mois de janvier 1946. Le volume, quant à lui, ne paraît que quelques mois plus tard en Suisse, aux éditions du Milieu du monde, «en exécution d’un contrait fait durant la guerre», en même temps sans doute que Paris, de ma fenêtre (voir n°60). Ceci ne fut pas sans conséquence sur la réception de l’ouvrage, si l’on en croit Maurice Goudeket qui, dans Près de Colette, indique que du fait d’un contingentement entre la France et la Suisse, seuls 10.000 exemplaires purent être livrés le 14 juillet «dans un Paris déserté, sans que rien ne signala cette sortie à l’attention du public.» Quand le nouveau contingentement fut livré, six mois plus tard, le public était déjà passé à autre chose. Si bien que «le livre de Colette peut-être le plus émouvant est aussi celui qui connut le plus petit tirage.» Le plus émouvant, sans aucun doute, et aussi un des plus lucides et un des plus beaux.Immobilisée par l’arthrose dans son appartement du Palais-Royal, Colette, qui mena longtemps une vie de vagabondages, voit soudainement son champ d’action et de perception diminuer. Mais ce que la douleur aurait pu faire taire en elle et ce que l’espace d’une chambre et le cadre d’une fenêtre auraient pu restreindre, elle sait en faire une source nouvelle d’apprentissage et d’émerveillement : «Les personnes valides croient toujours que de l’immobilité forcée naît l’ennui. C’est une grande erreur. (…) Que le mal nous façonne, il faut bien l’accepter. Mieux est de façonner le mal à notre usage, et même à notre commodité.»Pour l’écrivaine rivée par l’arthrite à son divan-radeau, tout devient spectacle et suscite un égal désir de dire et de décrire: la visite d’un jeune journaliste, celle d’une voyante ou d’un couple de braconniers, à moins que ce ne soit une photographie ou une lettre prise dans l’album de sa vie. Un rien devient le support d’une rêverie, incite «à une promenade, à une contemplation sans buts ni desseins, à une sorte de virtuosité du souvenir», un art dans lequel elle excelle.Ainsi revivent sous sa plume les visages qui accompagnèrent sa carrière de journaliste, longuement évoquée: Wertheimer, Maizeroy, Téry, Sauerwein, Lauzanne, Fénéon, Tardieu, Bunau-Varilla, Liouville, Duvernois… Le monde d’hier… Avec eux ou après eux, les visages des chers disparus. Sa famille: le Capitaine, Sido, son frère Léo, mort en 1941…, ses amies: les poétesses Hélène Picard et Lucie Delarue-Mardrus, mortes en 1945…, ses animaux: la Chatte Dernière, irremplaçable compagne décédée en 1939… Un monde disparu…Écrit sur fond de guerre et de douleur, l’ouvrage se colore des derniers feux d’un magnifique crépuscule. Car, c’est bien son propre déclin que l’auteur envisage, «l’heure de comparaître», «le bout de la route»… Pas de mélancolie, pourtant. Ce qui se lit dans L’Étoile Vesper, c’est le désir de vivre encore: «À soixante-treize ans moins un quart, on a toujours des projets. Je n’en manque pas» et, surtout, l’évident plaisir de dire et de décrire qui lui a tenu lieu de règle et de devoir tout au long de sa vie. Enfin débarrassée des contraintes de l’article ou du souci de compter et de plaire, elle peut se livrer sans crainte à une écriture en liberté et mêler anecdotes, commentaires et portraits, sans le recours à une quelconque hiérarchie. Une écriture, en quelque sorte, au plus près de la vie ressentie. Une véritable leçon de la part d’une écrivaine qui, arrivée au faîte de sa gloire, alors qu'elle affronte avec un égal stoïcisme l’âge et la vieillesse, semble encore prête à renaître: «Désapprendre d’écrire, cela ne doit pas demander beaucoup de temps. Je vais toujours essayer…» Très rare en tirage de tête.Bibliographie: Yves Courrière, Pierre Lazareff, Gallimard, «Biographies», 1995. (Notice de Frédéric Maget pour le catalogue de la collection Colette des Clarac)
1930115929Paris J. Ferenczi et fils 1930 1 vol. relié in-12, plein maroquin à gros grain cyan, dos à nerfs, fine bordure intérieure de même maroquin, doublures de maroquin beige avec filet doré en encadrement, gardes de soie moirée cyan, filet doré sur les coupes, coiffes guillochées, tranches dorées sur témoins, couvertures et dos conservés, étui bordé (Semet & Plumelle), 180 pp. Deuxième édition (l'originale avait paru chez Kra l'année précédente), en partie originale avec deux chapitres inédits que Colette consacre à son père et à ses frères. Un des 43 exemplaires de tête numérotés sur Japon impérial super-nacré (n° 27). Dos très légèrement insolé, sinon superbe reliure janséniste de Semet & Plumelle qui magnifie le bleu cyan de la couverture d'éditeur. L'un des chefs-d'oeuvre de Colette.
1930115929Paris J. Ferenczi et fils 1930 1 vol. relié in-12, plein maroquin à gros grain cyan, dos à nerfs, fine bordure intérieure de même maroquin, doublures de maroquin beige avec filet doré en encadrement, gardes de soie moirée cyan, filet doré sur les coupes, coiffes guillochées, tranches dorées sur témoins, couvertures et dos conservés, étui bordé (Semet & Plumelle), 180 pp. Deuxième édition (l'originale avait paru chez Kra l'année précédente), en partie originale avec deux chapitres inédits que Colette consacre à son père et à ses frères. Un des 43 exemplaires de tête numérotés sur Japon impérial super-nacré (n° 27). Dos très légèrement insolé, sinon superbe reliure janséniste de Semet & Plumelle qui magnifie le bleu cyan de la couverture d'éditeur. L'un des chefs-d'oeuvre de Colette.
22647Montpellier, Fata Morgana, 2009, 18 x 25 cm, en feuilles, sous couvertures rempliéés, sous étui de l’éditeur, 24 p. 1/20 exemplaires de tête sur Arches. Cinq gravures sur chine contrecollé sur Arches tirées par Catherine McCready à La Sarraz. Une suite de teintes différentes des cinq gravures sur japon. Toutes les gravures sont monogrammées par le peintre. Étui réalisé par Delphine Marseille.
22795[Lyon, les XXX], 1932. In-folio, 263 pp., broché, couverture originale imprimée, étui et chemise de l'éditeur de toile écrue (étui et chemise défraîchis).
1903AMO-2397Paris, Albin Michel, 1903 1 volume in-18 (19,5 x 13 cm) de LXV-(1)-383 pages. Nombreuses illustrations en noir au trait dans le texte par Wely. Portrait photographique de Claudine (actrice Polaire) en écolière en frontispice. Reliure de l'époque demi-maroquin à coins havane, dos lisse orné doré, filets dorés sur les plats, tête dorée, non rogné (relié sur brochure). Couverture illustrée en couleurs par Wely (les deux plats et le dos conservés). Exccellent état. Très beau papier de Hollande. ÉDITION ORIGINALE. UN DES RARES EXEMPLAIRES SUR HOLLANDE, CELUI-CI PARAPHÉ PAR WILLY ET NUMÉROTÉ "N° HUIT [signé] WILLY" Les exemplaires sur grands papiers ne sont pas annoncés sur les exemplaires ordinaires. Il doit y avoir une dizaine d'exemplaires seulement sur ce papier. Le volume contient au début la plaidoirie de Maître J. Paul-Boncour pour la maîtresse du Prince Jean. L'ouvrage fut condamné. Cette première édition est la seule complète, les suivantes ayant été expurgées des passages les plus scabreux. "Willy est plus sourd encore que sa vertu n'est muette !... Du moins, cette Maîtresse du Prince Jean, a un mérite : elle ne prendra pas son lecteur en traître. Elle arrive à lui munie d'un casier judiciaire propre à le mettre en garde : dès avant son apparition, elle fut poursuivie, jugée et condamnée ; aussi, ceux qui voudront aller plus loin que la couverture du livre et en sortiront le rouge au front sauront à qui s'en prendre ; ils auront été prévenus. Je sais bien que l'éditeur, malin, a placé en tète du livre la délicieuse plaidoirie où M. Paul-Boncourt entreprit de démontrer à la justice de son pays que la Maîtresse du prince Jean n'était, mon Dieu, pas si immorale qu'on le voulait prétendre ; je sais bien qu'il l'a fait avec un luxe étonnant de verbe, d'esprit et d'aimable sophisme, et qu'il a réussi à être persuasif puisque je m'y suis laissé prendre et que j'ai lu le livre. Cette lecture m'a édifié — si j'ose dire — et je puis affirmer, en connaissance de cause que ce roman, même « épousseté », est terriblement scabreux. Je le sais d'autant mieux que j'ai lu jusqu'à la dernière page — il me faut faire mon mea culpa — car trop souvent le rire et le sourire désarmèrent ma colère ; et ainsi j'ai connu complètement les aventures de ce prince fantôme et de cette trop réelle et plantureuse Gaétane, et j'ai fréquenté le poète carottier Lauban, et Smiley, le littérateur, et aussi l'immuable Maugis, Journaliste notoire, qui ressemble à Willy comme un frère et qui en est très fier, le monstre ! J'ai vu, J'ai lu tout cela, et malgré moi j'y ai pris plaisir. Du moins, pour m'en punir et pour me réhabiliter à mes yeux. Je devais mettre en garde mes contemporains contre la séduction de la Maîtresse du prince Jean, leur affirmer que c'est un livre à ne pas lire et, puisque j'ai été victime de ma curiosité, empêcher les autres de céder à la leur, car s'ils ouvrent le livre, ils sont perdus, ils feront comme moi, ils iront jusqu'au bout." in Le Figaro du 31 juillet 1903, article signé Frédéric Charpin. TRÈS BEL EXEMPLAIRE DU TIRAGE A QUELQUES EXEMPLAIRES SUR HOLLANDE PARAPHÉ PAR L'AUTEUR RELIÉ A L’ÉPOQUE PAR CHARLES MEUNIER.
19484401Lausanne, H.-L. Mermod, collection Le Bouquet, 1948. In-12 de 122-[10] pages, couverture rempliée illustrée. Chemise dos de box gris, étui.
193574179s. l. [Paris] s. d. [circa 1935] | 17.70 x 22.50 cm | 2 pages sur un feuillet
193574177s. l. [Paris] s. d. [circa 1935] | 17.70 x 22.50 cm | 2 pages sur un feuillet
190429856Exemplaires sur vergé teinté, avec lettre autographe Paris, Mercure de France, (29 février) 1904. 1 vol. (110 x 135 mm) de 119 p., 2 et [1] f. Maroquin bleu canard, dos à nerfs, titre doré, filet doré sur les coupes, tête dorée, contreplats à encadrement, couvertures et dos conservés, étui bordé (reliure signée de L. Malcorps). Édition originale. Exemplaire sur vergé teinté, non justifié. Il est enrichi d’une lettre autographe signée au journaliste Georges Maurevert (pseudonyme de Georges Leménager), ami de Léon Bloy et Jean Lorrain. Colette, malade d’une « sale bronchite », est « depuis quelques jours seulement en état de suivre quotidiennement les répétitions de ma tournée qui part mardi (nous passerons à Nice vers le 15 je crois). J’arrive au point essentiel de ma lettre : votre article ne m’est pas parvenu et il faut que vous l’envoyez tout de suite… ».
191929638Exemplaire Descamps-Scrive, relié par Marius Michel. Paris, Fayard, 1919. 1 vol. (115 x 185 mm) de 25 p. et [1] f. Maroquin bleu, dos à nerfs, titre doré, tranches dorées sur témoins, doublures de maroquin havane à encadrement, gardes de soie à motifs, doubles gardes de papier marbré, couverture et dos conservés, étui bordé (reliure signée de Marius Michel). Édition originale. Un des 75 exemplaires sur pur fil (n° 72).
14203Paris, Librairie des lettres, 1913. Grand in-8, 308 pp., broché, couverture rempliée, en partie non coupé. Couverture légèrement tachée, petit manque de papier en pied du dos.