309 résultats
2 ouvrages reliés en un volume in-4 (259 x 200 mm), plein maroquin rouge de l’époque, dos à 5 nerfs garni de compartiments richement fleuronnés et cloisonnés, palettes en tête et pied, 2 pièces de titre de maroquin émeraude, plats encadrés de triples filets dorés, roulette sur les coupes, dentelle intérieure, doré sur tranches. Rarissime réunion de ces deux textes majeurs du matérialisme français au XVIIIe siècle, publiés par d'Holbach à la suite l’un après l’autre en cette année 1776, dans leur édition in-4° "de luxe". 1- Edition in-4° publiée immédiatement à la suite du premier tirage; un carton présent dans celui-ci est ici intégré dans le texte. "Le premier volume développe, en trois sections, une théorie de la morale (…). Le deuxième volume s’attache à définir la pratique de la morale (…). Le troisième et dernier volume concerne les devoirs de la vie privée (…). D’Holbach récuse l'enseignement de la morale traditionnelle. Essentiellement naturaliste, prônant un lien laïque universel, l'ouvrage prolonge le 'Système de la nature' " ('D'Holbach et ses amis', 1541). (Vercruysse, éd. 2017, 1776, p. 160, A6). 2- Edition in-4° publiée immédiatement à la suite du premier tirage. L'ouvrage fondamental dans la pensée politique de d'Holbach, véritable programme politique et social qu'il destina au nouveau roi, Louis XVI, auquel le livre est dédié. D'Holbach recherche les principes et les modalités d'action d'un gouvernement soucieux de la morale et de l'utilité publique, promue par une "éthocratie", classe sociale dominante, qu'il oppose à la théocratie, l'aristocratie et l'autocratie. "D'Holbach s'est essayé à tracer un programme de réformes immédiates (…). Dans quelle mesure se flattait-il réellement d'influencer Turgot ? Il est difficile de le dire. Mais il est sûr que c'est avec un sens avisé de l'opportunité qu'il choisit cette heure, pour exposer le programme hors duquel il n'y avait plus de salut pour la monarchie" (Naville, 'D'Holbach', p. 399 sq.). (Vercruysse, éd. 2017, 1776, p. 155, A3). WorldCat recense 5 exemplaires de la ‘Morale universelle’ in-4° dans le monde et un unique de ‘l’Ethocratie’ in-4°: celui de la BnF. Quelques piqûres et petites taches éparses. Magnifique exemplaire, édition in-4° "de luxe", tirée à très petit nombre, parfaitement relié en maroquin rouge de l’époque, condition des plus rares.
Ensemble relié en 2 volumes in-12 (140 x 78 mm), plein maroquin vert sapin, dos à 5 nerfs guillochés or, garnis de compartiments entièrement dorés à la fanfare, large roulette d'encadrement sur les plats garnie de fleurons aux coins, roulette sur les coupes, titre doré, dorés sur tranche, gardes de tabis rose (reliure de l'époque). Exceptionnel exemplaire relié en maroquin de l'époque, réunion en deux volumes de l'ensemble de la production contemporaine française de / et autour de Spinoza 1- Première édition française du "Tractatus Theologico-Politicus", augmentée des additions apportées par Spinoza à son texte ("Remarques curieuses") publiées ici pour la première fois. Le traducteur, Gabriel de Saint-Glain, calviniste français réfugié en Hollande, devint un fervent spinoziste après sa rencontre avec un élève du philosophe. Rigoureusement interdite et poursuivie en France, cette édition fut présentée sous pages de titre et adresses différentes afin de détourner la censure. La traduction de Saint-Glain, "avec des éclaircissements et un commentaire inestimable", contribua directement à la diffusion du spinozisme en Europe (cf. Vernière, I, p. 25 sq., qui signale que Saint-Glain effectua sa traduction sur un exemplaire annoté de la main de Spinoza). (Kingma & Offenberg, n° 13, 14 et 15. "Catalogue du tricentenaire, Institut hollandais", p. 59. Van der Linde, n° 10, 11 et 12. Sauvy, 'Livres saisis à Paris', n°204 et 568). 2 et 3- Edition originale de ce recueil collectif consacré à Spinoza et à sa doctrine, édité par Nicolas Lenglet du Fresnoy. Il contient la "Vie de Spinoza" (p. 1 à 150) par Jean Colerus (Johann Koehler), pasteur luthérien à La Haye -- La préface et la "Réfutation" de Spinoza par le comte de Boulainvilliers ainsi que celle de Fénelon (p. 151 à 320) – "Extrait du nouvel athéisme renversé" oeuvre du cartésien François Lamy (p. 321 à 386) sous page de titre particulière à la date de 1696 – "Certamen Philosophicum" (...) d’Isaac Orobion médecin et personnalité de la communauté juive d’Amsterdam (p. 387 à 483), également sous page de titre particulière, à la date de 1703. "Sous prétexte de rendre plus facile la réfutation de Spinoza en mettant ses opinions à la portée de tout le monde, Boulainvilliers a eu réellement pour but de propager le système de ce philosophe (...) en substituant au langage austère du métaphysicien hollandais une forme simple et pleine d’attraits" (Franck, p. 202). Sur l’importance décisive de ce recueil dans la propagation du spinozisme en France, cf. P. Vernière, ‘Spinoza et la pensée française’, p. 373 sq. (Brunet, II, 1209. Fürst, III, p. 54. Cat. Expo. Spinoza, Herzog August Bibliothek, n° 64. Tchemerzine-Scheler, III, 232. Van der Linde, 107 et 108). Ex-libris amorié du Dr Armand Ripault à sa devise "D'espérer servir". Très bel exemplaire, exceptionnelle réunion en reliure de maroquin de l'époque orné à la fanfare.
2 ouvrages reliés en un volume petit in-8 (162 x 92 mm), plein veau marbré de l'époque, dos à nerfs orné de compartiments fleuronnés au fer à la grenade et cloisonnés, filet d'encadrement à froid sur les plats, roulette sur les coupes, doublures et gardes de papier dominoté fleuri, tranches rouges. 1- Edition originale de premier tirage selon Stoddard, très rare. Véritable credo sensualiste et matérialiste, "L’École de la Volupté" est une œuvre à la fois philosophique et libertine, l'une des productions les plus subversives des "Lumières radicales" qui justifie l’appréciation de Sade sur La Mettrie: "Le célèbre La Mettrie avait raison quand il disait qu'il fallait se vautrer dans l'ordure comme des porcs et qu'on devait trouver, comme eux, du plaisir dans les derniers degrés de la corruption" (marquis de Sade, 'Histoire de Juliette', IX, p. 115). L'auteur y développe une éthique du plaisir et du bonheur individuel, un "art de jouir" affranchi de toute morale religieuse ou sociale. Il critique les principaux systèmes "libertins" de son temps et se livre à une étude de la notion de "volupté", ses causes et ses effets, illustrée d’exemples "pratiques", en s’affirmant ennemi de toute affectation en la matière. Il conclut ainsi: "Tous les appétits, toutes les passions, tous les sens, tant internes qu'externes & en un mot tous les mouvemens de notre machine conduisent à la l'amour & de l’amour à la volupté (…). Le plaisir est le plus bel apanage de l'homme. Qui s'y refuse, viole les premières loix de son origine, & l'intention du Créateur". (Stoddard, 'La Mettrie, Bibliographical Inventory', n°22). Seulement 6 exemplaires sont dénombrés par WorldCat dans le monde. Une édition qui semble être une contrefaçon de mauvaise qualité, à la date de 1746, est conservée à la BnF: c'est l'unique exemplaire à cette date recensé dans le monde. - 2- Edition originale de ce programme utopique pour un gouvernement de la prostitution. Sous forme d'un code en 41 articles, le texte organise avec minutie le classement des établissements de prostitution et des courtisanes par classe et par ordre, leur accompagnement social (santé, prise en charge des enfants…), la police, les normes vestimentaires et de comportements, l'environnement culturel (lectures), etc. Le public pourra obtenir des "billets de jouissance" auprès de bureaux spécialisés. Statistiques et budget détaillés en annexe ("Bordereau de dépense et recette", p.76-81). Publié anonymement, l'ouvrage est attribué à Jean-Pierre Moet (1721-1806), ministre d'État et secrétaire du comte de Saint-Florentin. Polyglotte, se revendiquant encyclopédiste, il s'adonna aux sciences occultes, traduisit Swedenborg et composa plusieurs ouvrages véritablement féministes. Il est également à l'origine de sociétés "paramaçonniques", qui furent accusées de débauche, en tête desquelles "l'Ordre de la Félicité" société dans laquelle ce projet s'inscrit (cf. A. Dinaux, 'Les sociétés badines, bachiques', I, p. 304 sq. et J.-L. Quoy-Bodin, "Autour de deux sociétés secrètes libertines sous Louis XV: l'Ordre de la Félicité et l'Ordre Hermaphrodite", 'Revue Historique', juil.-sept. 1986, t. 276, fasc. 1, p. 57-84). Bel exemplaire, frais, très bien relié à l'époque.
In-4 (225 x 160 mm), plein vélin souple ivoire de l’époque, (4) f., [-5], 236 p., (18) p., grande vignette de titre à la marque de l'imprimeur, bandeaux, lettrines, culs-de-lampe, portrait d'Epicure gravé sur cuivre hors texte (entre les p. 8 et 9). Edition originale de ce texte fondateur, bien complète du rare portrait d'Epicure gravé sur cuivre. Rédigée dès 1634, cette réhabilitation d’Epicure et de l'atomisme circula à l’état de manuscrit et ne fut imprimée qu’à l'instigation de François Luillier, contre l’avis même de Gassendi qui lui dédia cependant le livre. "L'écriture de cette apologie conduit Gassendi à se projeter dans le personnage d'Épicure et à s'identifier à lui, et c'est un peu son propre portrait qu'il dessine. La méthode érudite qu'il met en oeuvre offre des vues nouvelles et saisissantes sur les libertins érudits du XVIIe siècle, qui incarnent un moment de la 'crise de conscience européenne'. Elle illustre à merveille les chemins difficiles qu'emprunte la liberté de penser pour se frayer un chemin à l'époque de Gassendi, comme à toute époque" (Sylvie Taussig, Ed. des Belles Lettres, 2005). Par cette oeuvre, Gassendi jette les fondements de la nouvelle science et de ses méthodes empiriques. La descendance en sera immense. (Cioranescu, 32419. Partington, II, p. 458-66. Pintard, ‘Libertinage érudit’, n°760). Auréoles claires plus prononcées sur quelques feuillets. Quelques cahiers uniformément brunis. Bon exemplaire, relié à l'époque.
In-12 (169 x 97 mm), maroquin rouge vermillon, dos à 5 nerfs guillochés or, orné de compartiments garnis aux petits fers et cloisonnés de doubles filets dorés, triple filet d'encadrement sur les plats, daté en pied, tranches dorées sur témoins, charnières intérieures du même maroquin, large dentelle intérieure dorée (rel. moderne dans le goût de l'époque), (2), 136 p., (12) p. de table, planche frontispice gravée. Edition originale de premier tirage selon Tchemerzine-Scheler et Niklaus, de troisième tirage selon Adams. Planche gravée en frontispice: "La vérité arrache le masque à la superstition". "Le premier pas philosophique de Diderot, qui lui ouvrit brillamment la carrière de celui qui allait devenir un des plus grands philosophes du siècle des Lumières". Dans ce volume qui fit scandale, Diderot s’attache, par aphorismes, à explorer les voies d’une morale fondée sur la raison, la réhabilitation des passions et la libre pensée, affranchie du joug de la religion. "Ce livre mérite d'être considéré, vu les polémiques et les échos qu'il suscita, comme l'un des plus importants du XVIIIe siècle" (Wilson, ‘Diderot’, p. 47). L'ouvrage fut immédiatement condamné par un arrêt du Parlement de Paris. L’arrêt reprochait notamment de présenter "aux esprits inquiets & téméraires le venin des opinions les plus criminelles & les plus absurdes dont la dépravation de la raison humaine soit capable ; & par une incertitude affectée, place toutes les Religions presque au même rang, pour finir par n’en reconnaître aucune". (Adams, PD3. Selon R. Niklaus, 'Pensées philosophiques', Droz, 1950, P1, p. 50: "premier tirage rare". Tchemerzine-Scheler, II, 919). Petite signature ex-libris ancienne sur le titre "Perard". Très bel exemplaire, de marges exceptionnellement grandes, non rogné, dans une éclatante et fine reliure de maroquin rouge de maître.
In-4 (250 x 187), plein veau marbré de l'époque, dos à 5 nerfs guillochés or, orné de compartiments richement fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, roulettes dorées sur les coupes, tranches rouges, (4), xxij, 643 p. et (1) p. d'approbation et privilège. Edition originale, exemplaire exceptionnel comportant la rarissime page de titre de premier tirage (Smith, 1.A) et, pour le corps du texte, des éléments des deux premiers tirages (E.1A et E.1B) et du second (E.2). Helvétius élabore un système matérialiste et sensualiste fondé sur un athéisme absolu et une morale utilitariste, qui défend l’égalité naturelle des hommes envisagés comme produits de leur environnement et de leur éducation. Cette oeuvre, centrale dans l’histoire de la philosophie des Lumières, obtint un considérable succès, en partie dû au scandale qu’elle provoqua, l'un des plus retentissant de la librairie au XVIIIe siècle. Le privilège accordé fut révoqué peu après la mise en vente, et l’ouvrage condamné par le Parlement le 6 février 1759 comme « athée, matérialiste, sacrilège, immoral et subversif ». "No book during the eighteenth century, except perhaps Rousseau’s 'Emile', evoked such an outcry from religious and civil authorities or such universal public interest" (David Smith). (Cf. David Smith, 'Bibliography if the writings of Helvétius', p. 105-133) Contient, reliées à l’époque en fin de volume, 4 pages de la "Feuille hebdomadaire" de 20 sept. 1758, qui rendent compte des troubles provoqués par le livre à sa sortie et qui reproduisent le texte de la rétractation d’Helvétius. Quelques discrètes traces de restauration à la reliure. Rares rousseurs éparses. Bel exemplaire, frais, grand de marges, bien relié à l’époque.
Petit in-8 (148 x 96 mm), plein-veau marbré de l'époque, dos lisse orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, tranches jaspées, (2) f. (faux titre et titre), 92 p., (2) f. blancs, 2 vignettes gravées, bandeaux, titre noir et rouge. Première édition et première traduction française, par l'abbé Louis-Valentin de Vougny, du dialogue publié à Londres en 1584, dont une seconde page de titre donne l'intitulé complet: 'Spaccio della bestia trionfante: la déroute ou l'expulsion de la Beste triomphante'. "Véritable subversion des fondements de la théologie chrétienne, sous la forme d'une fable mythologique, Giordano Bruno y développe les conséquences morales de sa conception d'un univers infini, dépourvu de centre et composé d'une infinité de mondes, et s'en prend aux dogmes de l'Éden ou du péché originel, réhabilitant ainsi la nature un siècle avant Spinoza" (Bertrand Levergeois). "Le 17 février 1600, l'Inquisition catholique menait Giordano Bruno au supplice. Lorsqu'une main lui tendit la croix, au milieu des flammes, il détourna la tête vers le firmament infini. Avant Galilée et Descartes, il tire le plus radicalement les conséquences cosmologiques et philosophiques des découvertes coperniciennes. Il dynamite ainsi tout le dispositif physique, métaphysique et politique de l'ordre scolastique et conçoit un univers inédit, illimité, plein d'une puissance dynamique, opératrice et protéenne" (cf. Ph. Forget [dir.], 'Giordano Bruno et la puissance de l'Infini', éd. Vrin, 2003). "One of Bruno's main works and that of his works which proved to be most influential throughout the 18th and 19th c., profoundly affecting both science, philosophy and religion" (B. Copenhaver & Ch. Schmitt, 'Renaissance Philosophy', p.301-302). (Brunet I, 1298. Caillet, 11295. Peignot, 'Livres condamnés au feu', I, 48, II, 213. Salvestrini, 'Bibliografia di G. Bruno', 112). Bel exemplaire, imprimé sur papier fort, très frais, grand de marges, très bien relié à l'époque.
In-12 (154 x 87 mm), plein veau havane de l'époque, dos à 5 nerfs fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, plats encadrés de triples filets dorés, tranches dorées, x, 400 p., (12) p. d'errata et de table, 5 figures sur 4 planches gravées hors texte dont une dépliante, exemplaire imprimé sur papier fort. Edition originale de quatrième émission qui fournit le "stade ultime du texte". Elle est augmentée, sans interruption à partir de la p. 242, des ajouts donnés par Diderot et son éditeur aux cahiers de premier tirage. Elle possède une page de titre recomposée pour l’occasion, 400 pages suivies d'une page d'errata et de 11 pages de table. 5 figures disposées sur 4 planches. 2 figures sont regroupées sur une même planche dépliante (vers de "Lucrèce / Virgile" ensemble avec "Trois mesures de musique"). Les feuillets A2, D4, et L5 sont cartonnés. Le livre a été publié, au moins en partie, par Jean-Baptiste Bauche fils, sans nom d’éditeur mais avec la permission tacite du nouveau et libéral directeur de la librairie, Malesherbes bien que l'auteur soit sous le coup d’une lettre de cachet, emprisonné à Vincennes. Diderot y expose ses conceptions novatrices sur la formation du langage et annonce plusieurs de ses théories esthétiques notamment "le modèle idéal", "le sublime" ou "le spectateur de sang-froid", théories qu’il reprendra par la suite dans ses "Salons" ou dans le 'Paradoxe sur le comédien'. (Adams, LH4. Tchemerzine-Scheler, II, 929 notes de L. Scheler). Très bel exemplaire, très frais, grand de marges, imprimé sur papier fort, très bien relié à l'époque.
2 volumes in-12 (167 x 97 mm), plein veau blond marbré de l'époque, dos à nerfs ornés de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièces de titre et de tomaison de maroquin bordeaux, armes frappées au centre des plats, filet doré sur les coupes, tranches rouges, xxiv, 265 p. et (4), 292 p. Une des deux éditions à la date de l'originale. "L'exposé systématique de la doctrine sensualiste de Condillac. Il prépare pour les écrivains de l'époque des Lumières, un cadre philosophique dans lequel pourront être incluses les solutions les plus radicalement opposées au spiritualisme traditionnel ; il fournit aux scientifiques une méthode, aux idéologues une doctrine qui restera à la base de la philosophie française, jusqu'à la contre-révolution et au triomphe de Kant" (J.-P. Faye). Selon Rousseau, dans les 'Confessions', c'est Diderot qui engagea le libraire Durand à prendre le manuscrit. (J. Sgard, 'Corpus Condillac', 02, p. 175). Bel exemplaire aux armes d'Alexandre de La Rochefoucauld (1690-1762), homme de culture, officier puis Grand-Maître de la Garde-Robe du Roi, il fut disgracié en 1744 et s'exila sur ses terres de La Roche-Guyon. Il avait réuni une belle et très importante bibliothèque (Olivier, 710).
In-12 (157 x 100 mm), demi-cuir de Russie vert bronze, dos lisse orné d'un jeu de doubles filets dorés, titre doré, (rel. ca 1840), (2) f., (8), 188 p. Edition originale posthume de cette utopie attribuée à Fontenelle, composée par celui-ci autour de 1682 selon une date mentionnée page 152. Selon H.-G. Funke (Voltaire Foundation, 1998): "première utopie athée et communiste dans la littérature française, ce récit de voyage utopique lie le néo-scepticisme et le libertinage érudit du XVIIe siècle au matérialisme et au néo-spinozisme du siècle des Lumières". On y retrouve réunis les grands thèmes des utopies démocratiques de son temps: absence de propriété privée, travail modéré, régime alimentaire frugal et sain, urbanisation géométrique, magasins publics, pacifisme, mépris des biens matériels, polygamie mesurée, etc. Plus radical le traitement de la question religieuse: les Ajaoiens constituent une société d'athées vertueux et strictement matérialistes dans laquelle l'Etat et l'homme ne doivent plus rien à Dieu. Dieu comme l'âme ont été inventés "par d'habiles politiques" afin de maintenir les hommes "dans une crainte perpétuelle d'un prétendu avenir". "Ces peuples ne reconnaissent aucun fondateur ni de leur république, ni de leur religion. Aussi n’y a-t-il parmi eux ni secte ni parti, soit dans les religions, soit sur les affaires de l’État. Ils n’ont ni livre sacré, ni loi écrite" (p. 37). (Cf. R. Trousson, 'Voyages aux pays de nulle part', p. 111 et s. J.-M. Racault, 'L'utopie narrative', p. 386 et s. et A. Niderst, 'Fontenelle', p. 47 et s.). (R. Descharmes, 'Cat. des ouvrages de Fontenelle', B.N., n° 173. Hartig et Soboul, 'Utopies', 60. Tchemerzine-Scheler, III, 340). Très bon exemplaire, intérieur très frais.
In-8 (164 x 105 mm), plein veau acajou moucheté de l'époque (164 x 105 mm), dos à 5 nerfs richement orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, filet à froid en encadrement des plats, filet doré sur les coupes, tranches rouges, xxx, 297 p., (1) bl., (9) p. de table et errata, (1) p. bl., (1) f. bl., 2 planches gravées hors texte, bandeaux gravés. Edition originale du premier essai philosophique du jeune Diderot, illustrée de 2 planches gravées hors texte, 1 fleuron et 2 vignettes de Durand gravés par Fessard. "Cet exercice auquel se livra Diderot sur un original anglais fut davantage une paraphrase qu'une traduction. C'est un travail fort important pour saisir l'évolution de sa pensée. Il s'agissait de 'An Inquiry concerning Virtue and Merit de Lord Shaftesbury' (...). Il y avait quelque danger à présenter au public français, un ouvrage qui affirmait aussi franchement l'existence d'une morale naturelle, indépendant des sanctions d'une religion ou d'une Eglise données" (Wilson, ‘Diderot’, p. 44). Sur cet ouvrage capital "pour saisir l'évolution de la pensée de Diderot", cf. A. Wilson, p. 43 sq. et Venturi, 'La jeunesse de Diderot', passim. (Adams, PY1. Cohen, 306. Tchemerzine-Scheler, II, 916). Quelques petites rousseurs. Petit ex-libris effacé au titre. Bel exemplaire, très frais, grand de marges (164 x 105 mm), dans sa première reliure de veau moucheté.
2 ouvrages reliés en un volume in-12 (153 x 96 mm), plein veau marbré de l'époque, dos lisse entièrement orné d'un décor doré à la grotesque, pièce de titre de maroquin bordeaux, tranches rouges. 1- Première édition de la traduction française fournie par le baron d'Holbach, de cette oeuvre qui exerça une influence décisive sur sa propre doctrine comme sur la philosophie politique des Lumières. "Diderot nous a laissé un témoignage de l'enthousiasme que suscita chez lui ce traité [in 'Lettre à Sophie Volland']. Bien des éléments de cette doctrine passeront dans le 'Système de la Nature', avant tout le sensualisme conséquent, le mécanisme et le relativisme des critères moraux et sociaux" (cf. Naville, 'Holbach', p. 218-224). Par ailleurs, dans le domaine moral comme politique, tout sépare Hobbes de d’Holbach, lequel se prononce en faveur de la perfectibilité humaine, contre l’état de nature hobbesien et contre le principe du pouvoir absolu. L’adresse de Londres est fictive. L’ouvrage a été imprimé à Amsterdam chez Marc-Michel Rey. (Conlon, 'Siècle des Lumières', 72:860. Garcia, 'Hobbes: Bibliographie Intle', p. 8. Vercruysse, 'Holbach', éd. 2017, 1772/D2. Tchemerzine-Scheler, III, 729). 2- Edition originale et unique de cet essai, développement de l'article "Usure" que l'auteur avait rédigé pour l'Encyclopédie. Faiguet de Villeneuve livre ici une vigoureuse défense du prêt à intérêt et réfute les critiques traditionnelles de l'Église et de la loi en la matière, tant par des arguments religieux, qu'économique et sociaux. Il démontre que le prêt favoriserait le commerce et l'industrie et permettrait aux hommes entreprenants de développer leurs compétences en créant une dynamique favorable entre détenteurs des capitaux et entrepreneurs. Au cours de sa démonstration, l'auteur propose une réforme de la poste afin que la forme et le poids réglementent le prix du port. Joachim Faiguet de Villeneuve (1703-1780), économiste et philanthrope a été un collaborateur régulier de L'Encyclopédie. Il obtint la charge de trésorier de France au Bureau des Finances de Châlons-sur-Marne; il est considéré comme l'un des créateurs en France de la science de l’Économie politique. (Conlon, 'Siècle des Lumières', 70:874. Goldsmiths'-Kress, n°10683.3. Higgs, n°5043. INED, n°1773).Goldsmiths'-Kress, n°10683.3. Higgs, n°5043. INED, n°1773). Mors légèrement frottés. Très bon exemplaire, très frais, bien relié à l'époque.
In 4° (19,5x15 cm); V,(4), 167, (9) pp. e una c. di tav. con ritratto calcografico di Epicuro al verso della c. segn. *8. Legatura coeva in piena pergamena con titolo chiosato da mano coeva al dorso. Qualche traccia lieve di sporco ai piatti. Haga Comitum è la latinizzazione di Den Haag nei Paesi Bassi. Frontespizio stampato in rosso e nero contenente testo tratto dal cap. xiii del Liber de vita beata di Seneca. Dedica di Pierre Gassendi a François Luillier. Antica firma di appartenenza privata seicentesca in parte abrasa al margine basso del frontespizio e due forellini di tarlo al margine basso bianco del volume a cominciare dalla pagina 1 che nelle ultime carte divengono due piccoli tunnel, in ogni caso mai fastidiosi ed insignificanti e a parte questo, nel complesso, esemplare in buone condizioni di conservazione. Seconda rara edizione, ancor più rara della prima del 1647, dalla quale differisce per le numerose parti aggiunte e le notevoli correzioni, di quest’opera del grande astronomo, astrologo, matematico, teologo e filosofo francese, l'abate Pierre Gassend, detto Gassendi (Champtercier, 22 gennaio 1592 – Parigi, 24 ottobre 1655). Amico di Galileo, con il quale intrattenne una fitta corrispondenza, Gassendi studiò il movimento delle comete, la topografia e le eclissi lunari, oltre all’evoluzione delle macchie solari. Lo scienziato francese fu il primo a dare una descrizione scientifica del fenomeno luminoso dell’atmosfera da lui chiamato “aurora boreale”, partendo dall'osservazione, il 12 settembre, ad Aix-en-Provence, di un'eccezionale aurora polare. Applicò il metodo scientifico anche alla filosofia, recuperando il metodo baconiano, mettendo in dubbio tutte le “auctoritates” antiche a partire da Aristotele ed arrivando a rivalutare l’epicureismo che seppur attaccato dalla Chiesa, Gassendi sente molto vicino alla sua concezione di cristianesimo. Per il suo sensismo empiristico di ispirazione epicurea espresso nella sua opera “Syntagma” è considerato un precursore di John Locke. Gassendi arrivò ad ipotizzare la possibilità che corpuscoli infinitesimi, gli atomi, possano essere alla base della realtà tutta e sempre come operatori della creazione agli ordini di Dio. Le sue teorie atomiche furono riprese poi da Boyle nella sua chimica e da Newton nell’elaborazione della sua filosofia meccanica. La sua “Vita di Epcuro” è considerata una delle più importanti fonti di studio di Epicuro, che riletto da Gassendi, sulla base delle concezioni filosofiche del suo tempo ne ricostruisce non solo la vita ma anche il pensiero e le intuizioni. J.H. Randall nel suo “The Career of Philosophy”, Vol. I, pp. 521-23 scrive: “Before Galileo and Descartes had succeeded in combining mathematics with mechanics, the chief refuge of hard-headed opponents of scholastic verbalism and Renaissance Platonism was the tradition of Greek atomism...Its chief representative during the period of Cartesian domination was Gassendi, who stands both as the climax of Epicurean atomism of the Renaissance in its accommodation to a mathematical science of nature, and as the first of the explorers of the implications of that science for the traditional empirical philosophy of knowledge. Gassendi is thus with Hobbes one of the fathers of 'scientific' empiricism...Gassendi indeed fancied himself the creator of the great rival scientific system to that of Descartes, the system founded on sound experience. History has reserved that distinction for Hobbes; yet it probable that Gassendi contributed far more to the actual advance of scientific ideas than his more consistent and gifted British fellow-worker.”. Seconda assai rara edizione, notevolmente corretta ed aumentata rispetto alla prima. Rif. Bibl.: gl. Goldsmith G 186, DSB V, 289 und Ziegenfuß/Jung I, 377 (EA 1647).
In-16 (105 x 72 mm), plein veau porphyre de l'époque, dos lisse richement orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, coiffes filetées, triples filets d'encadrement sur les plats, pièce de titre de maroquin bordeaux, coupes filetées, filet ondulé intérieur, tranches dorées, (4), viij, 85, (11) p., planche frontispice gravée. Première et unique édition sous ce titre, possédant faux-titre et titre: "Etrennes des esprits forts", un second titre: "Pensées philosophiques" à la même adresse, ainsi que la planche frontispice gravée en taille-douce de l'édition originale de 1746: "La vérité arrache le masque à la superstition" dans une version inversée en miroir. L'auteur des textes placés en introduction et en postface ("A Messieurs les esprits forts. Épître philosophique" et "Épître philosophique à un philosophe") n'a jamais été identifié. Ces textes n'ont été reproduits que dans l'édition des "Oeuvres philosophiques" de 1772. Cette édition serait imprimée en France selon David Adams et Jeroom Vercruysse qui se réfèrent à un arrêt de la cour du Parlement du 23 janvier 1759 condamnant l'ouvrage, et non en Hollande comme il avait été supposé jusqu'alors. "Ce livre mérite d'être considéré, vu les polémiques et les échos qu'il suscita, comme l'un des plus importants du XVIIIe siècle" (Wilson, 'Diderot', p. 47). (Adams, 'Diderot', II, PD10. Niklaus, 'Pensées philosophiques', Droz, 1965, Et, p. 53. Tchemerzine-Scheler, II, p. 920. Vercruysse, 'Recherches bibliographiques sur les "Pensées Philosophiques" de Diderot', "18e siècle", 1972/4, p. 374-378). Le Catalogue Collectif en France ne recense que trois exemplaires de cette édition: BM Rouen, Versailles et Biblio. Mazarine. Elle manque à la BnF. Bel exemplaire, grand de marges, très frais, très bien relié à l'époque.
In-12 (159 x 92 mm), cartonnage à la Bradel de papier dominoté XVIIIe s., pièce de titre de maroquin bordeaux fileté or, tranches rouges (rel. moderne signée de Goy & Vilaine), (2), 136 p., (12) p. de table, planche frontispice gravée. Edition originale de premier tirage selon Tchemerzine-Scheler et Niklaus, de troisième tirage selon Adams qui émet l'hypothèse que le texte en aurait été entièrement recomposé. Planche gravée en frontispice: "La vérité arrache le masque à la superstition". (Roland Mortier, in 'Recherches sur Diderot et sur l'Encyclopédie', n°25, 1998). Dans ce volume scandaleux, Diderot s’attache, par aphorismes, à explorer les voies d’une morale fondée sur la raison, la réhabilitation des passions et la libre pensée, affranchie du joug de la religion. "La pensée qu'il n’y a point de Dieu n'a jamais effrayé personne; mais bien celle qu’il y en a un, tel que celui qu’on me peint" (Aphorisme n°IX, p. 13). "Ce livre mérite d'être considéré, vu les polémiques et les échos qu'il suscita, comme l'un des plus importants du XVIIIe siècle" (Wilson, ‘Diderot’, p. 47). (Adams, PD3. R. Niklaus, 'Pensées philosophiques', Droz, 1950, P1, p. 50: "premier tirage rare". Tchemerzine-Scheler, II, 919). Bel exemplaire, frais, très grand de marges, dans une fine et très décorative reliure de papier dominoté du XVIIIe siècle.
In-12 (154 x 92 mm), plein maroquin rouge de l’époque, dos à 5 nerfs guillochés or orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, plats encadrés de triples filets dorés, roulette sur les coupes, dentelle intérieure, doré sur tranches, (8), 124 p. Edition originale de cet ouvrage, dédié "A la Nation Angloise", attribué à Elie Luzac, parfois à La Mettrie. Philosophe et philosophe, éditeur, imprimeur et libraire néerlandais d’origine française issu du refuge huguenot, Elie Luzac (1721-1796) publia ‘l'Homme Machine’ de La Mettrie, ce qui lui valut de nombreux déboires. Devenu avocat, partisan des "Lumières modérées", il défendit en philosophe et en juriste la liberté de conscience, la liberté de publier et la tolérance civile et religieuse. Cet ouvrage "où paraissait à plein les qualités de juriste de l’auteur marque une date dans l’histoire de liberté de presse" (Cf. J. Marx, "Un grand imprimeur au XVIIIe s.: Elie Luzac Fils", RBPH, 1968, 46-3, p. 779-786). "Elie Luzac, voulant justifier la publication de ‘L'Homme machine’ de La Mettrie fit paraître anonymement [cet] essai. Dans ce travail clair et bien argumenté (...), il développait le contenu de l'"Avertissement" qu'il avait composé pour introduire le livre de La Mettrie" (Aram Vartanian, "La Mettrie's 'L'Homme machine'"’, Princeton 1960, p. 97-98). Roger Stoddard, incorpore cet ouvrage dans sa bibliographie des oeuvres de La Mettrie ('La Mettrie, A bibliographical Inventory’, n°39). Sur cet ouvrage, cf. L. Jooken et al., "Elie Luzac et ‘L’homme plus que machine’ (1748): la parole dialogique d’un imprimeur des lumières" (in ‘Cad. Trad’, vol. 38 n°1, Florianópolis, Jan./Avril, 2018, p. 197-225). Très bel exemplaire, très frais, très bien relié en maroquin rouge à l’époque.
2 volumes in-12 (158 x 98 mm), plein maroquin rouge de l'époque, dos lisses ornés de compartiments cloisonnés et fleuronnés, filets et palettes dorés, triples filets en encadrement sur les plats, filet sur les coupes, dentelle intérieure, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge et vert bronze, tranches dorées, xii, 168 [i.e. 268] p. et viii, 211 p. Première édition collective de 'Discourse on Free Thinking' d'Antony Collins dans la traduction de Henri Scheurleer, revue par Jean Rousset de Missy, accompagné de son "Examen" par Jean-Pierre de Crousaz (1715), analyse critique et commentaires, donnés séparément et qui occupe l'intégralité du tome II. La 'Lettre d'un médecin arabe', également due à A. Collins, dispose d'une page de titre propre (I, p. 241-168 [i.e 268]). L'adresse de Londres est fictive, l'ouvrage a sans doute été imprimé aux Pays-Bas, vraisemblablement par Marc Michel Rey à Amsterdam. Élève, correspondant et ami de Locke, Anthony Collins est l'une des figures centrales de la Libre-pensée britannique. Dans ce célèbre 'Discours', il approfondit la thèse de Locke sur l'homme produit du milieu et se livre à une apologie de la liberté de penser. La brève et fulgurante 'Lettre d'un médecin arabe' défend et approfondit son système: la doctrine qui attire la persécution n'est pas le mahométanisme, mais tout fanatisme. La postérité de Collins sera considérable parmi les Encyclopédistes français. "L'ouvrage parut dès l'origine comme le manifeste redoutable de tout un parti. La libre-pensée agressive, avec lui, était née" (G. Ascoli, 'La Grande-Bretagne devant l'opinion française', II, p. 86). Le livre fut mis à l'index dès 1715 et attira à son auteur de nombreuses attaques qui l'obligèrent à se réfugier en Hollande. (France littéraire, II, 253. Peignot, 'Livres interdits', II, 214). Très bel exemplaire, imprimé sur vergé de Hollande, parfaitement relié à l'époque en 2 volumes de maroquin rouge, condition rare pour ce type d'ouvrage.
In-8 (192 x 121 mm), plein veau havane marbré, dos lisse orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, filet sur les coupes, tranches rouges (reliure de l'époque), xxxii, 326 p. Une des deux éditions publiées l'année de l'originale, celle-ci de format in-8° comporte l' "Epitre à Uranie" de Voltaire aux pages iii à viii. "Examen critique et érudit en dix-huit chapitres de quatre évangiles canoniques. Les récits évangéliques ne sont qu’un tissu de fables, erreurs et contradictions. Soulignant le caractère néfaste de la religion chrétienne, Holbach invite ses lecteurs à mener une vie conforme à la nature" ('D’Holbach et ses amis', 1505). L’ouvrage fut mis à l’index le 16 février 1778 et les exemplaires saisis furent détruits. (Peignot, 'Livres condamnés', II, 220. Tchemerzine-Scheler, III, 737. Vercruysse, éd. 2017, 1770-A4). Très bel exemplaire, très frais, très bien relié à l'époque.
In 8, pp. 54 + (2). Br. Rarissima plachetta in seconda edizione (la prima era comparsa nel 1781). L'autore spiega perche' il popolo sia rimasto comunque soggetto all'oppressione. La schiavitu' non e' scomparsa ma si presenta sotto diverse forme, c'e' stata una mera sostituzione tra gli antichi druidi e i moderni preti, per i quali si sono conservati gli stessi privilegi. Viene quindi auspicato un governo che porti all'emancipazione e all'eguaglianza di diritti. Questo Generale e letterato viene considerato un esemplare dell'ateismo sviluppatosi sulla scorta delle idee di Helvetius e D'Holbach. Moviemntata la sua vita, prima ufficiale sotto Luigi XVI, riorganizzatore delle artiglierie del Regno delle Due Sicilie, poi Generale sotto Napoleone. Esiliato dalla Francia nel 1815 e rientrato nel 1819. Plaquette considerata rarissima, un tempo considerata opera dell'Abate Rive. Bibl. Leber, Catalogue..., 3680.
In-12 (132 x 74 mm), plein maroquin rouge cerise de l'époque, dos lisse orné de compartiments garnis de petits fers en médaillon, roulette, palettes et filet pointillé dorés, roulette d'encadrement sur les plats, roulette sur les coupes, dentelle intérieure, doré sur tranches, (6), 208 p. Édition originale posthume, jolie impression, sur beau papier, donnée par François-Ambroise Didot. "D'après l'avertissement du libraire, cet écrit composé en 1765 a été imprimé sur le manuscrit transmis par la famille à l'imprimeur. Il est à remarquer que celui-ci, G. de Bure, est également celui qui a dressé et publié en 1789 le catalogue de la bibliothèque d'Holbach (…). Au reste la paternité d'Holbach annoncée par le titre et l'avertissement a été confirmée par la 'Correspondance littéraire' de novembre 1790. Barbier a ajouté dans son Dictionnaire que Naigeon avait revu le texte. Après analyse, R. Besthorn estime que [cette] révision fut exclusivement stylistique" (Vercruysse). A. Kors ('D'Holbach's coterie') insiste sur la rareté de ce volume. (Tchemerzine-Scheler, III, 732. Vercruysse, 1790 A2). Bel exemplaire, très frais, grand de marges, très bien relié en maroquin de l'époque, rare dans cette condition.
In-12, broché, couverture d'attente grise, 150 p. (titre inclus), (1) f. blanc, 6 figures gravées hors texte, entièrement non rogné. Rare édition à la date de l'originale, illustrée de 6 figures. Elle a été rajoutée par L. Scheler, dans ses addenda à Tchemerzine (I, 925), pour signaler que cette édition est "fort rare". Selon A. Gerits ('A short Contribution', p. 293), cette édition aurait été imprimée à Amsterdam chez Marc-Michel Rey. Ce texte qui devait provoquer l'arrestation et l'incarcération de Diderot au Donjon de Vincennes, marque une étape décisive dans la pensée du philosophe, la rupture avec le néo-spinozisme de ses débuts et son évolution vers des positions matérialistes et athées. (Adams, LG4. Niklaus, L3. Tchemerzine-Scheler, I, 925 note rajoutée). Papier bruni et roussi par endroit. Bon exemplaire entièrement non rogné.
In-12 (157 x 97 mm), plein veau marbré de l'époque, dos à 5 nerfs orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, tranches rouges, (2) f. (titre et "Aux jeunes gens"), 99 p. et (5) p. de table. Edition probablement hollandaise, selon Adams. Le texte est conforme à celui de la première édition de 1754, avec les modifications et les augmentations. "Les fautes sont ici corrigées, d'où suppression de l'errata" (Tchemerzine-Scheler, II, 938). (Adams, PE4. Tchemerzine-Scheler, II, 938). Petit cachet clair ex-libris au titre :" Bibliothèque positiviste". Rousseurs éparses. Bon exemplaire, bien relié à l'époque.
2 tomes reliés en un volume petit in-12 (126 x 77 mm), pleine percaline vert bronze gaufrée à la Bradel, titre doré, tranches marbrées (rel. Goy & Vilaine), (4), 160 p. et (4), 158 p., 2 planches gravées en frontispice. Edition parue après un an après l'originale, illustrée de deux frontispices: le premier représente l'héroïne à genoux un sein nu, malmenée par trois religieuses, la seconde l'évasion de Suzanne Simonin qui vient d'escalader le mur du couvent. WorldCat ne recense qu'un unique exemplaire de cette édition (Univ. of Pennsylvania); Adams un second à la BM de Senlis. Elle manque à la BnF. (Adams, II, RC12). Quelques petites rousseurs éparses. Petite signature ex-libris ancienne au titre: "Prosper Barré". Très bon exemplaire, bien relié.
2 tomes et 3 parties en 3 volumes in-folio, plein veau granité de l'époque, dos à nerfs ornés de caissons fleuronnés, tranches mouchetées , (24), 1015, (52) p. et (8), 1166, (72) p., dont 3 pages de titre, grande vignette de titre, portrait gravé par Nanteuil en frontispice, planche allégorique hors texte au tome I, titres noir et rouge. Troisième édition en partie originale, comportant une dédicace au roi, augmentée de 'La Physique du Prince' -- 'Discours sur la bataille de Lutzen et sur la trêve des Pays-Bas' -- un ouvrage composé vers 1636 qui paraît pour la première fois: 'En quoi la piété des Français diffère des Espagnols dans une profession de même religion' -- Ainsi que, dans le deuxième volume, les cinquante "Petits traités en forme de lettres" et "la Prose chagrine". (James, 'Libertins Erudits', n°238. Tisserand, Bibliographie in : 'La Mothe Le Vayer', p. 236. Pintard, n° 861). Reliure usée et épidermée, auréoles dans la marge inférieure des 2 premiers volumes, fente et manque de cuir au mors supérieur du tome I, défauts aux coiffes.
In-12 (166 x 91 mm), plein veau moucheté fauve de l'époque, dos lisse orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de maroquin bronze, filet sur les coupes, (4), 175 p., planche frontispice gravée. Edition originale et unique illustrée d'un saisissant frontispice gravé sur cuivre par Bovinet d'après Binet, inspiré par les illustrations des romans gothiques alors en vogue: dans une caverne, un philosophe fend d'un poignard la soutane d'un abbé et, à sa surprise, découvre les seins d'une femme. "L'héroïne, Agathe, par amour pour son confesseur, se fait admettre sous un habit masculin au séminaire. Le confesseur qui est lui-même devenu prêtre par désespoir amoureux ne peut répondre à cette passion. Agathe part perdre la raison et la vie en Amérique" (cf. Michel Delon, "Combats philosophiques…", 'Raison présente', "Lumières", 1983, p.67-76). "Maréchal venait d'écrire 'Pour et contre La Bible' [brûlot athéiste] et pensa qu'il fallait rendre sa critique plus populaire. Constatant l'énorme succès de 'Thérèse philosophe', il résolut d'écrire un roman par lettres où une jeune fille tombée amoureuse d'un prêtre est chassée du séminaire lorsque la liaison est révélée et est recueilli par un philanthrope adversaire des religions et adepte de la Nature, porte-parole de Maréchal lui-même (...). Un livre à la fois parfaitement libertin et d'esprit révolutionnaire. La redécouverte actuelle de la littérature libertine et des Lumières ne peut ignorer ce chef-d'oeuvre du genre" (Ed. Coda, 2009). (Dommanget, 'S. Maréchal...', bibliographie, p. 464-465: "œuvre de combat"). Dos un peu passé, mors sup. frotté, accroc en marge p.185 sans perte. Tache aux 3 prem. feuillets. Bon exemplaire, grand de marges, relié à l'époque.