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Exemplaire numéroté (n° 215) du tirage à 300 exemplaire, images de Mathieu Venon, 1 vol. in-8 br. sous reliure mobile à vis, collection l'Araucaria Sauvage, Editions Grain de Sable, 1999 Bon exemplaire. Déwé Gorodey (1949-2019) est une femme politique et écrivain kanak de Nouvelle-Calédonie Français
1 vol. in-8 br. sous jaquette illustrée, extraits des Cahiers du Pacifique n°12 et 13, Direction des Centres d'Expérimentations Nucléaires Service Mixte de Contrôle Biologique, 1969, viii-333 pp. Bon état (jaquette lég. frottée, ex-dono et qq. corrections manuscrites au glossaire) pour cette importantes publication, bien complète du glossaire. Français
561948Lyon, E. Vitte, 1891. In-8, demi-chagrin noir de l'époque, dos à nerfs titré, [2]ff.-371 pp., frontispice (portrait de l'évêque Jean-Baptiste Epalle).
in 16°, bross. edit. ill., lievi segni di piega - trad. di Livia Livi
trad. di Giorgio Zucchetti n. 255 in 16°, tela edit. con sovrac. ill.
- Tahiti 25 mars & 5 avril 1903, 11,2x17,6cm, 6 pages sur un double feuillet et 1 feuillet simple. - Double lettre autographe de Victor Segalen adressée à Emile Mignard. Six pages rédigées à l'encre noire sur un double feuillet et un feuillet simple. Pliures transversales inhérentes à l'envoi. Emile Mignard (1878-1966), lui aussi médecin et brestois, fut l'un des plus proches amis de jeunesse de Segalen qu'il rencontra au collège des Jésuites Notre-Dame-de-Bon-Secours, à Brest. L'écrivain entretint avec ce camarade une correspondance foisonnante et très suivie dans laquelle il décrivit avec humour et intimité son quotidien aux quatre coins du globe. C'est au mariage de Mignard, le 15 février 1905, que Segalen fit la connaissance de son épouse, Yvonne Hébert. Emouvante lettre du jeune médecin à son « petit frère » dans laquelle il tente de le faire venir auprès de lui. Segalen se trouve maintenant en Polynésie depuis deux mois. Bien qu'il jouisse des plaisirs tahitiens, son meilleur ami lui manque et il l'enjoint à venir le rejoindre : « Mon cher petit frère pour te montrer que ce n'est pas seulement en noircissant du papier à ton adresse que je pense à toi, je te soumets, entre autres, un projet d'établissement immédiat. [...] Le Gouverneur de Tahiti a demandé en France, par le précédent courrier, des médecins de renfort pour les îles Gambier, l'archipel de la Société et les Pomotous. Ces médecins seraient en même temps administrateurs. [...] Ils seraient pris de préférence parmi les médecins des colonies ou de la marine, mais aussi - avec demande du gouverneur, et ce serait le cas pour toi - parmi le civil. Solde : celle d'un médecin des colonies à 2 galons soit 5000 et quelques je crois, plus le logement. Engagement 4 ou 5 ans. Aux Pomotous, 5 f en plus par jour, mais la localité est invraisemblable ! Voyage d'aller et de retour par l'Amérique. Climat des plus sains. Vie oisive, béate. Je te la déconseille. Néanmoins ne serait-ce que comme pis-aller j'ai voulu t'indiquer ce débouché. Tu serais, sur une lettre du gouverneur à qui j'ai parlé de toi, pris haut la main et logé probablement à Raïatea, avec balades dans tout l'archipel de la Société. Si par hasard le projet t'intéressait, télégraphie-moi un mot à Nouméa (ACCEPTE par exemple) car je pars pour la Nouvelle Calédonie [...] ». A notre connaissance, Mignard n'accepta jamais la proposition de Segalen, malgré leur immense amitié : « Je te répète, écris-moi en total abandon. Tu m'as initié à ta notion spéciale de l'amitié. A toi de t'en servir, maintenant. » Une lettre de Segalen, envoyée depuis Nouméa le 3 mai 1903, nous apprend l'échec du projet : « Je devais t'avertir, mon bien cher Emile, des débouchés possibles. Je l'ai fait ; en te les déconseillant sous la forme de fonctions d'administrateur colonial. Je t'en dissuade d'autant plus maintenant que l'on m'apprend le rappel en France du Gouverneur de Tahiti. Avec lui sombrera sans doute son projet. Tu n'as pas à le regretter. » Belle lettre, témoignage du lien étroit qui unit Segalen à Mignard en dépit des milliers de kilomètres qui les séparèrent. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]
- Papeete 10-20 & 23 février 1904, 20,7x27cm, 4 pages sur 2 feuillets. - Double lettre autographe de Victor Segalen adressée à Emile Mignard. Deux pages rédigées à l'encre noire sur deux feuillets. Pliures transversales inhérentes à l'envoi, rousseurs éparses. Emile Mignard (1878-1966), lui aussi médecin et brestois, fut l'un des plus proches amis de jeunesse de Segalen qu'il rencontra au collège des Jésuites Notre-Dame-de-Bon-Secours, à Brest. L'écrivain entretint avec ce camarade une correspondance foisonnante et très suivie dans laquelle il décrivit avec humour et intimité son quotidien aux quatre coins du globe. C'est au mariage de Mignard, le 15 février 1905, que Segalen fit la connaissance de son épouse, Yvonne Hébert. De retour après une tournée médicale aux Gambier et aux Îles Pomotou, Segalen retrouve Papeete où il consacre la majorité de son temps à l'exercice de la chirurgie : « Par la force des circonstances, je me suis trouvé dans l'île le seul médecin ayant quelque entraînement opératoire (mes deux derniers mois à Toulon) si bien que dès le début mes hésitations se sont effacées. Personne ne se souciant d'opérer, je l'ai fait, d'abord à défaut d'autres, maintenant parce que j'y prends goût, et que j'ai bénéficié de quelques cas heureux et chançards. [...] Peu à peu donc je me suis lancé, et maintenant j'ai une petite clinique à moi, ma salle d'opération chez moi ! et - sans orgueil - on m'adresse les cas difficiles (!).» Cette pratique intense de la médecine n'échappe pas à quelques préjugés raciaux symptomatiques de l'époque : « Je dois poser avant tout que l'élément indigène ou même demi-blanc est le terrain rêvé pour les interventions sanglantes, de par sa spéciale aptitude à réparer les plaies opératoires même septiques. » Le docteur Segalen s'étend ensuite longuement et précisément sur les opérations qu'il lui a été donné de réaliser : « J'ai opéré de la sorte, avec l'aide de mes confrères, ou les aidant de près : une hernie étranglée chez un demi-blanc de 50 ans, guérie ; enlevé de nombreuses chaînes ganglionnaires suspectes (guéries), de lipomes, des bourses séreuses professionnelles, un ostéo-sarcome de l'orbite qui récidive naturellement, un lipome de creux poplité guéri, une cataracte (résultat vague), un abcès énorme de la paroi abdominale... » La plus importante description demeure celle d'une intervention urologique : « ...et enfin participé à l'ablation d'une tumeur éléphantiasique du scrotum de 30 kg. L'opération a été faite chez moi, avec mon matériel, par le médecin nouvellement arrivé pour les Gambier. On a refait un habit à la verge et un nouveau scrotum ; quatre heures de travail jusqu'au dernier point de suture, qui est en bonne voie. » Le rythme soutenu des consultations ne fait pourtant pas oublier à notre écrivain ses travaux d'écriture et la création de ses Immémoriaux : « Dans tout cela, forcément mes projets littéraires stoppent un peu. J'ai d'abord essayé de fixer ma matinée à l' « écriture », à l'acte ingrat de fixer l'Imaginaire, de réaliser ; j'abattais mes cinq, six pages ; mais cela devait être précédé d'une maturation nocturne qui se tournait vers des temps opératoires ; je compte sur douze journées aux Îles-sous-le-vent pour avancer. J'ai deux chapitres de terminé. » L'uvre paraîtra finalement en 1907 au Mercure de France sous le pseudonyme de Max-Anély (Max en hommage à Max Prat et Anély, l'un des prénoms de sa femme), Segalen n'étant pas autorisé, en sa qualité de médecin militaire, à signer une uvre fictionnelle de son patronyme. On apprend par cette lettre que l'article sur Gauguin sollicité par Saint-Pol-Roux (lettre du 15 octobre 1903 (« Oh dites-nous quelque chose sur ce malheureux de la Destinée qui fut souvent un grand artiste, et à sa manière un Maître. Comment se fait-il que vous n'ayez pas adressé quelque relation sur cette mort au Mercure de France qui l'eût accueillie avec enthousiasme ? ... ») est enfin parti vers la France dans des condition rocambolesques : «
- Manga-Reva & Tahiti 22 février & 1er mars 1903, 11,2x17,7cm, 6 pages 1/2 sur 2 doubles feuillets. - Double lettre autographe de Victor Segalen adressée à Emile Mignard. Six pages et demie rédigées à l'encre noire sur deux doubles feuillets. Pliures transversales inhérentes à l'envoi. Emile Mignard (1878-1966), lui aussi médecin et brestois, fut l'un des plus proches amis de jeunesse de Segalen qu'il rencontra au collège des Jésuites Notre-Dame-de-Bon-Secours, à Brest. L'écrivain entretint avec ce camarade une correspondance foisonnante et très suivie dans laquelle il décrivit avec humour et intimité son quotidien aux quatre coins du globe. C'est au mariage de Mignard, le 15 février 1905, que Segalen fit la connaissance de son épouse, Yvonne Hébert. Belle lettre relatant la découverte de Manga-Reva et les jouissances polynésiennes de Segalen. De retour du sauvetage des Îles Pomotou, dévastées par un cyclone, Segalen découvre de nouvelles terres polynésiennes, notamment l'archipel des Gambier et l'île de Manga-Reva : « Manga-Reva mon bien cher Emile, c'est la terre capitale du groupe des Gambier. Enfin, ça nous change après notre périple funèbre à travers les Pomotou dévastées, de voir des arbres qui sont encore debout, et des cases intactes : puis, pour les natifs des Îles Basses que nous avons à bord, c'est un étonnement que d'apercevoir une montagne, des lignes ondulées d'horizon. En effet : schéma des Pomotou : [un petit dessin de la main de Segalen figurant une plaine et des cocotiers] Manga-Reva au contraire dresse deux pics de 400 m (presque le Menez Hom ! [L'un des points culminants de la Bretagne avec ses 330 mètres d'altitude]) au bas desquels nous avons mouillé hier. » Segalen semble enchanté de la découverte de ce nouveau territoire (« Pas de confrères, en ces terres paradoxales ; les indigènes-clients sont nombreux ; dociles et respectueux. ») et des ressources dont il regorge : « Ce tout petit patelin ne manque pas de charmes. Un climat très tempéré et des fruits en surabondance. Bananes. Mangues. Oranges. Ananas. J'approvisionne le carré de desserts abondants, honoraires de mes consultations. » Mais le jeune européen s'est pris de passion pour une autre richesse polynésienne : « Une nouvelle passion : les Perles. En France, elles semblent mortes, pâles. Ici, on les palpe, on les malaxe, on les caresse avec une certaine volupté. On les connaît comme des personnes, les belles Perles de la colonie. Elles ont leurs étapes, leurs files d'acquéreurs ; leur vie propre, aussi, car certaines meurent, littéralement. J'ai été heureux, pour mes débuts ; j'ai acheté pour 15 piastres chiliennes, soit 30 f, une jolie petite perle de un carat que l'on m'a estimée, au cours de Paris, au bas mot 150 f. C'est au fond une façon de ne pas mal placer son argent. Mais celle-là et ses futures congénères, je m'en séparerai peu probablement. Ce sera très suave, au retour, de faire monter cela finalement chez l'ami Lalique. Ou encore, de confier aux frères Hamms une grande nacre opalescente pour monter sur étain, en coupe à fruits. » Dans la seconde partie de cette lettre, rédigée depuis Tahiti où il est revenu, Segalen décrit ses journées après ce retour au calme : « Me suis définitivement installé à terre. Jusqu'à présent, pas encore l'aveulissement colonial : j'achève, pour le Gouverneur qui le destine à Armée et Marine un récit du cyclone et de la tournée de la Durance. » Le 12 avril 1903 paraîtra en effet un long article intitulé « Vers les sinistrés - Cyclone des Îles Tuamotou 7 janvier 1903 » et dont voici un extrait : « Ainsi, l'Europe casanière apprendra que les îles Pomotou existent, puisqu'elles viennent d'être dévastées ; que des gens y habitent, puisque l'on compte, en une seule d'entre elles, près de quatre cents morts ; que la pêche des perles et des nacres y était fructueuse, puisque les pêcheries sont ensablées, ruinées pour longtemps. » Cette rédaction studieuse s'accompagne d'un apprentissage : « Je travaille ferme mo
- Tahiti 20 & 25 juillet 1903, 10x15,5cm, 7 pages sur 2 doubles feuillets. - Double lettre autographe de Victor Segalen adressée à Emile Mignard. Sept pages rédigées à l'encre noire sur deux doubles feuillets. Pliures transversales inhérentes à l'envoi. Emile Mignard (1878-1966), lui aussi médecin et brestois, fut l'un des plus proches amis de jeunesse de Segalen qu'il rencontra au collège des Jésuites Notre-Dame-de-Bon-Secours, à Brest. L'écrivain entretint avec ce camarade une correspondance foisonnante et très suivie dans laquelle il décrivit avec humour et intimité son quotidien aux quatre coins du globe. C'est au mariage de Mignard, le 15 février 1905, que Segalen fit la connaissance de son épouse, Yvonne Hébert. Longue lettre évoquant le 14 juillet à Tahiti et les murs amoureuses des femmes tahitiennes. « Ce n'est pas un 14 Juillet qu'on célèbre aussi ; mais cette mémorable journée dure 8 jours. C'est horriblement Européanisé ; n'importe, c'est un prétexte à s'extérioriser et pendant de longues promenades, de garden-party, à se frôler à des tas de jeunes corps, souples, légèrement ambrés de par leur hérédité semi-canaque... » On décèle ici l'importance des idées de pureté raciale chez Victor Segalen qui prolongera dans les Immémoriaux et dans sa nouvelle intitulée La Marche du feu ses théories concernant le métissage, selon lui dernier fruit de la conquête coloniale. Il ne semble cependant pas appliquer à lui-même les principes ethnographiques qu'il développe et s'étend, comme à son habitude, sur ses aventures sexuelles avec les indigènes : « Car j'ai quitté pour un temps la Vahiné Tahitienne pur-sang, comme beaucoup trop lointaine de notre race. » Depuis son arrivée à Tahiti en janvier 1903, Segalen entretenait en effet une relation avec une jeune tahitienne du nom de Mara. Leur relation est arrivée à son terme : « Ma première épouse [Mara] ayant été expédiée dans son île - et y étant restée - j'ai hospitalisé durant une quinzaine une petite fille perdue, noceuse, éreintée de spasmes, d'alcool et de phtisie prochaine. [...] Puis je l'ai, elle aussi expédiée aux Pomotou où elle avait, comme maîtresse de négociant, une situation beaucoup plus stable à posséder. » Ce passage s'avère également être un document précieux concernant les murs sexuelles des Tahitiennes : « Je n'ai trouvé qu'une seule fois en rentrant chez elle, un canaque couché dans son lit. Je lui en ai fait doucement l'observation : elle m'a répondu que j'avais une demi-heure de retard, qu'elle était persuadée que je l'avais moi aussi trompée, et tenait à me le rendre immédiatement ; et qu'enfin elle ne s'était pas mise nue pour se donner à lui, mais avait gardé sa chemise, ce qui est ici une marque de haute décence. Je n'avais donc absolument rien à dire. » Segalen déplore pourtant le manque de docilité et l'émancipation de la gent féminine locale, rendue possible par la présence des colons : « Elles seraient parfaites, ces filles brunes à longs cheveux lisses, aux longs cils, à la peau veloutée, si, au lieu d'un siège en règle, de pourparlers et d'atermoiements, elles vous suivaient d'un geste, ainsi qu'autrefois elles s'exécutaient. Mais nos prédécesseurs les ont beaucoup trop gâtées. Elles sont de strictes maîtresses, afidèles (alpha privatif), fausses, égoïstes, et, cela va sans dire, fort peu intellectuelles, voire même intelligentes. A quoi bon, dès lors, avoir pour eux [sic] les égards qui seyent [sic] à une amante toute proche de nous, soumise, dévouée, comme on est plus certain de trouver dans les Espèces féminines moins éloignées de la nôtre. » [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]
- Tahiti 7 & 9 novembre 1903, 12x19,8cm, 6 pages sur 3 feuillets. - Double lettre autographe signée de Victor Segalen adressée à Emile Mignard. Six pages rédigées à l'encre noire sur trois feuillets lignés. Pliures transversales inhérentes à l'envoi, déchirure angulaire au premier feuillet (sans perte de texte), quelques restaurations à l'aide de bandes de papier. Emile Mignard (1878-1966), lui aussi médecin et brestois, fut l'un des plus proches amis de jeunesse de Segalen qu'il rencontra au collège des Jésuites Notre-Dame-de-Bon-Secours, à Brest. L'écrivain entretint avec ce camarade une correspondance foisonnante et très suivie dans laquelle il décrivit avec humour et intimité son quotidien aux quatre coins du globe. C'est au mariage de Mignard, le 15 février 1905, que Segalen fit la connaissance de son épouse, Yvonne Hébert. Belle lettre sur l'amour, conjugué au passé, présent et futur. Segalen annonce à son ami le mariage d'une connaissance passée : « Une se marie qui nous eût été chère, mon cher petit. Car c'est d'elle que tu voulais me parler n'est-ce pas : Alice épouse ou épousera un juge de Châteaulin. Pendant ma fièvre, à San Francisco, m'avait obsédé l'idée qu'elle serait peut-être un jour ma femme ; alors qu'au départ nous étions certes sans une arrière-pensée. » Malgré sa vie sentimentale actuellement instable, il déclare solennellement : « J'ai confiance, forcément, pour nous, en l'avenir. Elle viendra, cette Désirée que nous attendons tous les deux. Alors nous serons plus forts, plus dignes d'Elle. Chaque « mieux » constaté en moi-même je le leur reporte en offrande. » Cette « Désirée », Victor la trouvera en la personne d'Yvonne Hébert, justement rencontrée par le biais d'Emile Mignard et qu'il épousera le 2 juin 1905. Quelques semaines après leur rencontre, il lui offrira un exemplaire de sa thèse enrichi d'un très bel envoi autographe qui n'est pas sans faire écho à notre lettre : « Pour ma fiancée aimée, mon Yvonne. Pour celle que j'ai toujours cherchée. En merci d'Elle même & en certitude d'affection infinie. 5 avril 1905 ». Mais revenons à Tahiti, où le docteur Segalen, après avoir vécu plusieurs relations quasiment maritale a pris des résolutions : « Complètement affranchi des Tahitiennes, j'ai trouvé bien plus intelligent, au lieu de m'asservir au sexe faible, de m'en servir sans plus de sentimentalité. Je dois avouer que Tahiti ne m'offre à vrai dire aucun type de femme vraiment et totalement désirable. » Il s'indigne même du comportement des nouveaux arrivants européens : « C'est ainsi d'ailleurs que le comprend mon médecin de division, le Dr Michel du Protet, le croiseur qui nous gère. Sitôt débarqué, il m'a demandé « des femmes ». J'ai pu noter, de sang froid et repu moi-même, les ruts terribles et comiques d'un état-major qui vient de faire 15 jours de mer. Papeete n'ayant pas de ces Maisons Hospitalières que..., ils ont failli violer quantité d' « honnêtes femmes ». Ainsi de même étions-nous, sans nous en rendre compte, à notre arrivée à Nouméa. » Les divagations amoureuses laissent cependant place au travail : « Je travaille. J'ai partagé ma maison en : deux pièces où j'habite et deux autres où j'opère avec Dufour, mon camarade de la Zélée. Ca devient une petite clinique. [...] Nous avons ce mois-ci enlevé : deux lipomes de la nuque, un sarcome de l'orbite, et opéré une appendicite enkystée. » Le docteur poursuit également, dans son temps libre, la rédaction de ses futurs Immémoriaux : « Tous les soirs j'ai un gros moment d'hésitation : entre une promenade en cotre, autour des îlots de la rade, par des clairs de lune blancs, avec de jolies petites filles caressantes ; et le retour solitaire à mon « dormir », et les 3 ou 4 h passées en face de grandes feuilles de papier blanc, où doivent se formuler les aventures de mon Promeneur-de-Nuit en quête d'une Bible maorie... » L'ouvrage paraîtra finalement en 1907 au Mercure de France sous le pseudonyme de Max-Anély (Max en hommage à Max Prat et Anély, l
- Papeete 7 & 15 décembre 1903, 11,3x15,4cm et 11,3x17,7cm, 9 pages et quelques lignes sur 2 feuillets doubles et un feuillet simple. - Double lettre autographe signée de Victor Segalen adressée à Emile Mignard. Neuf pages et quelques lignes rédigées à l'encre noire sur deux feuillets doubles et un feuillet simple. Pliures transversales inhérentes à l'envoi. Emile Mignard (1878-1966), lui aussi médecin et brestois, fut l'un des plus proches amis de jeunesse de Segalen qu'il rencontra au collège des Jésuites Notre-Dame-de-Bon-Secours, à Brest. L'écrivain entretint avec ce camarade une correspondance foisonnante et très suivie dans laquelle il décrivit avec humour et intimité son quotidien aux quatre coins du globe. C'est au mariage de Mignard, le 15 février 1905, que Segalen fit la connaissance de son épouse, Yvonne Hébert. Longue lettre évoquant l'avancement des Immémoriaux et une gravure de Paul Gauguin. Segalen poursuit la rédaction de sa grande fiction, Les Immémoriaux, qui paraîtra en 1907 au Mercure de France sous le pseudonyme de Max-Anély (Max en hommage à Max Prat et Anély, l'un des prénoms de sa femme), Segalen n'étant pas autorisé, en sa qualité de médecin militaire, à signer une uvre fictionnelle de son patronyme. « Je me suis décidément attelé à la partie active de mon travail. Là encore, si les sources abondent, il me manque l'auditeur sympathique et avisé auquel je soumettrais, page par page, ma copie. Si je le mène à bonne fin je n'aurai qu'à me louer de ma campagne, ayant résisté à l'enlisement intellectuel prédit. [...] Enfin réussirai-je à terminer quelque chose, à tirer de moi autre chose qu'un désir fou d'uvrer, je commence à croire que oui. Je pars pour une tournée de trois semaines, calme, en des pays déjà connus, avec une formidable bibliothèque Polynésienne ; j'en reviendrai peut-être avec ¼ matériellement achevé. J'ai moins qu'autrefois l'obsession du verbe et j'écris avec plus de calme. » Mais il n'y a pas que l'écriture des Immémoriaux qui accapare Segalen. Entre temps, en octobre 1903, il a fait l'acquisition d'uvres et d'objets ayant appartenu au peintre Paul Gauguin qui venait de disparaître aux Marquises. Dans une lettre du 2 octobre 1903, il écrivait à Emile Mignard : « Je viens de gagner 450f dont 250 pour un accouchement assez ennuyeux. Sur ces 450 j'en ai consacré 200f à l'achat de toiles, bois sculptés, croquis, album, du peintre Paul Gauguin, l'un des meilleurs Impressionnistes, qui, réfugié aux Marquises, vient d'y mourir. J'ai acquis à bas prix, à la vente publique, d'admirables choses : deux portraits de lui, une grande toile où défilent des Tahitiens, des bois sculptés dont je ferai tirer des épreuves, des croquis, des notes... Je m'étais fait son champion, ici, car très ingrat, très isolé, haineux même, il était généralement détesté dans la colonie. » La vente aux enchères des biens et des uvres de Gauguin, demeurés dans sa Maison du Jouir après sa mort, eut lieu à l'automne 1903. L'un des rares acquéreurs présents lors de cette liquidation fut Victor Segalen qui permit ainsi le sauvetage de plusieurs pièces capitales du peintre qui risquaient d'être détruites dans l'indifférence générale. Segalen, qui avait espéré arriver à temps pour rencontrer Gauguin, ravive sa mémoire en tentant - malgré sa faible solde - d'acquérir un maximum d'uvres de son défunt mentor. Il évoque d'ailleurs ici une gravure du peintre : « T'expédie, en à propos de la mort de Gauguin, simplement, une gravure sur bois de lui, en double exemplaire, dont un pour l'ami Max [Prat] [...] C'est une idole monstrueuse et repue, dans un ciel tourmenté d'une coupée de grande vallée tahitienne. Le mot « Maruru » (prononcer : Maourourou) signifie : merci je suis content. » Segalen possédait en effet plusieurs épreuves de cette gravure représentant la divinité Hina ; un fragment de l'une d'entre elles était collé sur la page de garde de son Journal de voyage et on retrouvera la même silhouette de l'idole sur la couvertur
- Îles Pomotou 2 & 21 janvier 1904, 11,5x15,4cm, 4 pages sur un double feuillet. - Double lettre autographe signée de Victor Segalen adressée à Emile Mignard. Quatre pages rédigées à l'encre noire sur un double feuillet. Pliures transversales inhérentes à l'envoi, une infime déchirure sans manque de texte à la pliure du premier feuillet. Emile Mignard (1878-1966), lui aussi médecin et brestois, fut l'un des plus proches amis de jeunesse de Segalen qu'il rencontra au collège des Jésuites Notre-Dame-de-Bon-Secours, à Brest. L'écrivain entretint avec ce camarade une correspondance foisonnante et très suivie dans laquelle il décrivit avec humour et intimité son quotidien aux quatre coins du globe. C'est au mariage de Mignard, le 15 février 1905, que Segalen fit la connaissance de son épouse, Yvonne Hébert. Lettre écrite en mer alors que le docteur Segalen s'apprête à effectuer une nouvelle tournée médicale aux Îles Pomotou et revient de l'archipel des Gambier : « Nous venons, mon bien cher Emile, de passer cinq jours aux Gambier ; climat plus tempéré, par la latitude plus basse et les alizés immuables. Je suis, en ces tournées, le gros indépendant du bord, choyé des terriens qui ont besoin de moi car pas de médecin, et libre du bateau, mes vingt minutes de visite passées. Tous les matins un cheval m'attend à terre ; un étrange et solide cheval cagneux, museau court, petit et rond, d'une allure inconnue à Tahiti, et qui m'emmène avec un courage et une sûreté incroyables à travers la montagne. Étonné, je demande ses ascendants : c'est une bête de l'île de Pâques, venue jadis du Chili, un vrai « mustang »de prairies. » Segalen évoque dans cette lettre l'évangélisation des Gambier au milieu du XIXème siècle : « Manga Reva, aux Gambier, ce fut la honte de la mission catholique. Et le despotisme inquisitorial des premiers missionnaires, les P. Laval et Caret, des Picputiens (sic), y a laissé de profondes empreintes. Actuellement encore l'élément religieux y est louche. » Les Picpuciens furent envoyés par le Vatican afin de défaire les Polynésiens de l'influence des pasteurs protestants. A Mangareva, ils établirent une théocratie despotique dont les derniers feux flambent encore lors de la visite de Segalen : « Et j'ai dû, prévenu par le résident, procéder à l'enlèvement sur la Durance, sous couvert médical, d'une religieuse brimée, affamée, éreintée par sa supérieure. » Hormis ses tournées médicales, le docteur Segalen continue de se consacrer à la composition de ses Immémoriaux : « J'en ai fini avec ma période d'incubation Polynésienne. Parfois je m'exerce à penser en Tahitien. Puis je vérifie le degré de probabilisme sur les indigènes. Je vais avoir deux mois de tranquillité et vais donner un sérieux coup de collier. À mon départ pour Nouméa j'aurai terminé le 1/3 de mon livre, la partie fêteuse, guerrière, vrai-Maorie de l'ancien Tahiti. Je t'en enverrai, comme primeur, quelques chapitres. » Segalen est également sur le point d'expédier l'article sollicité par Saint-Pol-Roux dans sa lettre du 15 octobre 1903 (« Oh dites-nous quelque chose sur ce malheureux de la Destinée qui fut souvent un grand artiste, et à sa manière un Maître. Comment se fait-il que vous n'ayez pas adressé quelque relation sur cette mort au Mercure de France qui l'eût accueillie avec enthousiasme ? ... ») : « D'ici demain, pas un instant ; suis obligé de mener de front : un articulet à expédier au Mercure sur Gauguin, mon courrier et un accouchement interminable qui me vole mes nuits. » Un article apologétique intitulé « Gauguin dans son dernier décor » paraîtra effectivement en juin 1904 dans le Mercure de France. Segalen y décrit les derniers jours du peintre dans sa Maison du Jouir. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]
194717EjNamur Lavigerie 1947 In12 208 pages - broché - cartes et illustrations - couverture defraichie sans gravité - bon etat general
194717EjNamur Lavigerie 1947 In12 208 pages - broché - cartes et illustrations - couverture defraichie sans gravité - bon etat general
2003x-1403963304Palgrave Macmillan 2003. Paperback. New. illustrated edition. 256 pages. 8.25x5.75x0.75 inches. Palgrave Macmillan paperback
561792Talence, Centre d'études de géographie tropicale/CNRS,1982 Fort in-4 br., couv. ill., 488 pp, 43 tableaux en n. et bl in-texte, 30 planches de photos en n. et bl. in-texte, 7 cartes dépliantes en coul. hors-texte, 102 figures en n. et bl..
(Roma, Barbera, 1876), stralcio con copertina posticcia muta, pp. 64/77 - !! ATTENZIONE !!: Con il termine estratto (o stralcio) intendiamo riferirci ad un fascicolo contenente un articolo di rivista, sia che esso sia stato stampato a parte utilizzando la stessa composizione sia che provenga direttamente da una rivista. Le pagine sono indicate come "da/a", ad esempio: 229/231 significa che il testo è composto da tre pagine. Quando la rivista di provenienza non viene indicata é perchè ci è sconosciuta. - !! ATTENTION !!: : NOT A BOOK : “estratto” or “stralcio” means simply a few pages, original nonetheless, printed in a magazine. Pages are indicated as in "from” “to", for example: 229/231 means the text comprises three pages (229, 230 and 231). If the magazine that contained the pages is not mentioned, it is because it is unknown to us.
0365555533.Gpaperback. Good. Access codes and supplements are not guaranteed with used items. May be an ex-library book. paperback
1986137738Couverture souple. Broché. 158 pages. Reprographié.
179013409Imprimerie Royale Paris 1790 1 vol. In-4 de XVI (introduction) IV (table) 309 pp., veau marbré de l'époque, dos à nerfs richement orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges.
562293P., Bibliothèque nationale, 1982. In-8, broché, couv. ill., 130 pp., 15 ill. photogr. en noir (Comité des Travaux historiques et scientifiques, Mémoires de la section de géographie, 12).
18048P., Librairie des Arts Décoratifs, A. Calavas éditeur, [ 1931], portfolio, dos toilé noir, chemise à lacets.
1370779Paris: Librairie des Arts Décoratifs, A. Calavas éditeur, [1931] in folio (330 x 255), (12) pages (faux-titre, titre, introduction et table des planches), 48 planches (dont 6 en couleurs), sous chemise d'édition, papier brique, vignette avec le titre imprimé en noir sur le premier plat, dos refait, planches en très bon état, bon exemplaire.
7432 2 volumes en feuillets, porte-folios à lacets d'édition, dos en toile beige (lég. frottés, coiffes amorties, qqs rousseurs claires). Petites étiquettes d'inventaire aux derniers plats et au 1er du vol. II. 33 x 26 cm, [10]p.-42pl. + [12]p.-42pl. Paris, Librairie des Arts Décoratifs, s.d. Edition originale
7432 2 volumes en feuillets, porte-folios à lacets d'édition, dos en toile beige (lég. frottés, coiffes amorties, qqs rousseurs claires). Petites étiquettes d'inventaire aux derniers plats et au 1er du vol. II. 33 x 26 cm, [10]p.-42pl. + [12]p.-42pl. Paris, Librairie des Arts Décoratifs, s.d. Edition originale