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187987597Charpentier | Paris 1879 | 14 x 23 cm | relié
1898AMO-4388Paris, Bibliothèque-Charpentier, Eugène Fasquelle éditeur, 1898 1 volume in-18 (19 x 14 cm) de (4)-608 pages. Reliure strictement de l'époque plein maroquin rouge vermillon, dos à nerfs janséniste, auteur et titre doré, millésime doré en queue "Paris 1898", double-filet doré sur les coupes, doublure de maroquin en encadrement sertie de huit filets dorés concentriques, centre de la doublure et gardes de moire vermillon, tranches dorées sur témoins (reliure signée DAVID). Reliure très fraîche. A noter deux légères éraflures sombres au bas du premier plat. Légères ombres au maroquin. Intérieur très frais. Sans le premier plat de couverture imprimée. Edition originale. Un des 300 exemplaires sur papier de Hollande. Il a été tiré en outre 30 exemplaires sur papier du Japon (et 1 exemplaire sur papier rouge). Les Trois Villes est un cycle romanesque écrit par Émile Zola entre 1893 et 1898. Il suit directement le cycle précédent du romancier : Les Rougon-Macquart. Son héros, l'abbé Pierre Froment, sert de fil rouge aux trois romans, Lourdes, Rome et Paris, dans lesquels Zola s'interroge sur la place de la religion dans la société moderne, mais aussi sur la confrontation entre une bourgeoisie rayonnante face à un monde ouvrier misérable. Un voyage dans les Pyrénées conduit Zola à Lourdes en 1891, où il observe effaré « un monde de croyants hallucinés ». Il annonce son projet sur la ville miraculeuse en juillet 1892, dans le périodique Gil Blas, « sans intention malveillante ». Sous la conduite du baron Malet et sous celle de M. de Lacvivier, le 25 août 1892, Zola visita la Grotte, le magasin des cierges, le bureau des envois de l’eau de Lourdes, puis le rosaire, la Crypte et la Basilique. Ces deux notables inspirèrent le personnage du baron Suire dans Lourdes et sont directement nommés dans Mes voyages ; Lourdes, Rome. Puis repart pour le centre de pèlerinage, voyage à l'issue duquel il décide de scinder l'œuvre à venir en deux romans, avec Rome. À l'automne, il rajoute Paris, « la part du socialisme qui ouvre vers le XXe siècle » aux deux premiers, concevant finalement un nouveau cycle portant sur la place du religieux dans la société française de la fin du XIXe siècle. Il écrit : « Ma trilogie, qui contiendra le bilan religieux, philosophique et social du siècle, sera moins pessimiste que le reste de mon œuvre, et animée d'un souffle d'idéal et d'espoir ». Lourdes paraît le 25 juillet 1894, après avoir été publié en feuilleton dans Gil Blas. L'intrigue expose cinq journées d'un pèlerinage mettant en scène l'abbé Pierre Froment, personnage fil rouge du cycle. Le roman peint tout à la fois la souffrance des pèlerins dans leur foi et « le besoin de surnaturel persistant chez l'homme malgré les conquêtes de la science ». Il dénonce aussi les escroqueries à la guérison, les rivalités entre les différents courants du clergé, les Pères de la grotte assimilés à de nouveaux marchands du temple. Les réactions à la publication de Lourdes sont immédiates, la polémique lancée par Mgr Ricard est reprise et alimentée par la droite catholique. Elle aboutit à la mise à l'Index du roman et de toute l'œuvre d'Émile Zola. Cependant, le livre remporte un succès énorme, vendu à cent vingt mille exemplaires en un mois, troisième roman de Zola le plus vendu au 1er mars 18985. Le second volume des Trois Villes, Rome, place l'action dans la ville sainte, où Pierre Froment est venu défendre son livre, La Rome nouvelle contre une éventuelle mise à l'Index. Il s'y mêle une histoire d'amour sous une forme mélodramatique, puisque les deux amants Dario et Benedetta meurent victimes du poison des Borgias, des tableaux sans concessions du Pape et de son clergé, mais aussi de belles descriptions d'une Rome tridimensionnelle (antique, religieuse et moderne en pleine construction). C'est l'occasion pour Zola de dresser le bilan d'un « néochristianisme » qui tente d'assimiler la modernité d'une conscience universelle en évolution, au carrefour des XIXe et XXe siècles. Comme toujours, le romancier s'est très sérieusement documenté, voyageant pendant six semaines à Rome et en Italie fin 1894. Mais malgré sa demande, il ne fut pas reçu par le Pape Léon XIII. Rome est publié simultanément en feuilleton dans Le Journal à Paris et dans La Tribuna à Rome à partir de décembre 1895 jusqu'à mai 1896. Le volume est en librairie le 8 mai 1896. Les réactions sont partagées, avec une nouvelle polémique logiquement issue des milieux de la droite cléricale et conservatrice. Sa presse ne trouve aucun intérêt dans le roman, et dresse la liste des invraisemblances qui gâteraient l'ouvrage. Zola est même accusé de plagiat à l'occasion d'une campagne visant à lui barrer une fois de plus l'entrée de l'Académie française, et il se doit de répondre par un article très documenté en exposant toutes ses sources. Mais déjà, le romancier pense à clore sa trilogie. L'idée de Paris est venue à Zola en septembre 1892. Le contexte anarchiste des années 1892-1894 avec leurs attentats, mais aussi la révélation du Scandale de Panama, qui met en cause une part du monde politique républicain et la sphère financière, inspirent l'écrivain. Pierre Froment est donc toujours le personnage principal. Ayant perdu toute foi, il décide de se consacrer à la charité envers les plus pauvres, sans succès. Il s'oppose à son frère chimiste et anarchiste, concepteur d'un nouvel explosif surpuissant, qui veut changer le monde par l'usage de la terreur et de la violence. Le héros comprend alors la nécessité d'un renouvellement organisationnel de la société pour combattre la misère. Zola brosse aussi le tableau du Paris de l'argent, de la politique et du plaisir, en opposition à l'extrême pauvreté qui pousse à l'anarchie. Rédigé de janvier à août 1897, le roman est d'abord publié dans Le Journal d'octobre 1897 au 9 février 1898. La parution de l'ouvrage tombe en pleine affaire Dreyfus, au moment où Zola publie J'Accuse...!. Le romancier décide de décaler la parution de Paris au 1er mars 1898, à la demande de son éditeur, Charpentier. Comme il était possible de s'y attendre, la réaction de la presse de droite conservatrice est d'autant plus hostile que des personnalités d'extrême droite, comme Édouard Drumont se sont reconnus au fil des chapitres. La critique véhémente du livre se conjugue au lynchage médiatique consécutif à la condamnation de Zola. À gauche, Jaurès affirme que « Paris est une protestation hardie contre toutes les puissances de mensonge et de servitude ». Léon Blum quant à lui, écrit : « Jamais M. Zola n'a développé avec plus de lucidité et de force sa vision optimiste de l'humanité en marche ». Cette trilogie aujourd'hui éclipsée et délaissée au profit des Rougon-Macquart constitue selon Zola lui-même, un "bilan religieux, philosophique et social du siècle, [qui] sera moins pessimiste que le reste de mon œuvre, et animée d'un souffle d'idéal et d'espoir." Superbe exemplaire en maroquin de l'époque, condition rare et toujours désirable pour les éditions originales de Zola.
4785ZOLA DANS LES TRACAS DE LA PUBLICATION EN FEUILLETON DE SON ROMAN LE RVE DANS DIVERSES REVUESIl annonce que la revue La Vie populaire sera la premire publier Le Rve mais il consent ...trs volontiers vous autoriser le publier ensuite pour mille francs. Mais jignore si la Vie populaire consentira ce que la Lecture en commence la publication avant quelle-mme lait termine. Voyez donc Catulle Mends ce sujet. Pourquoi nattendriez-vous pas un mois de plus ? Je mengagerais formellement vous rserver la reproduction en second rang. Rien ne serait plus ais, si la date du 10 dcembre ne vous est pas impose par quelque raison grave. Enfin, voyez arranger cette affaire, je serai trs heureux quelle se fasse... Le roman dmile Zola intitul Le Rve, seizime volume du cycle Les Rougon-Macquart, a t publi en 1888. Zola y aborde le thme de la religion, mais de faon beaucoup moins violente et polmique quil ne lavait fait dans La Conqute de Plassans ou La Faute de l'abb Mouret. Cette fois il sintresse la foi populaire et au renouveau du mysticisme dans la socit franaise de la seconde moiti du XIXe sicle.
1890116387Paris Charpentier 1890 1 vol. relié in-12, demi-maroquin marron à coins bordé d'un filet doré, dos à nerfs soulignés de pointillés dorés, double filet doré en encadrement des caissons décorés d'entrelacs, guirlandes et fleurons dorés, tête dorée, couvertures et dos conservés, non rogné (Yseux), 415 + 8 pp. (extrait du catalogue de l'éditeur). Edition originale. Un des 250 exemplaires numérotés sur Hollande (n°211), seul tirage en grand papier avec 30 Japon. En belle condition dans une parfaite reliure signée, avec deux ex-libris gravés (Richard Anacréon et J.C.F. Jacobi).
1890116387Paris Charpentier 1890 1 vol. relié in-12, demi-maroquin marron à coins bordé d'un filet doré, dos à nerfs soulignés de pointillés dorés, double filet doré en encadrement des caissons décorés d'entrelacs, guirlandes et fleurons dorés, tête dorée, couvertures et dos conservés, non rogné (Yseux), 415 + 8 pp. (extrait du catalogue de l'éditeur). Edition originale. Un des 250 exemplaires numérotés sur Hollande (n°211), seul tirage en grand papier avec 30 Japon. En belle condition dans une parfaite reliure signée, avec deux ex-libris gravés (Richard Anacréon et J.C.F. Jacobi).
1618931618 L.A.S. adressée au directeur du Journal des Débats, Georges Patinot. Paris, 16 novembre 1889. 2 pages in-8, avec enveloppe.
1883727Paris, Charpentier, 1883 ; in-12 de [2] ff., 340 pp., [1] f., maroquin rouge janséniste, dos à nerfs, double filet doré sur les coupes, dentelle intérieure, tranches dorées (Marius Michel).
187184964Reliure demi-maroquin brun à coins. Dos à nerfs. Titre et date dorés. Couverture et dos conservés (grande fraîcheur). Rarissimes larmes et rousseurs en marge. Dos très légèrement éclairci. Fine reliure signée Vermorel.
85059L.A.S., 3 p. in-8. Un réhaut de crayon rouge.
188084510Reliure postérieure bradel demi-maroquin vert. Dos lisse avec date au talon. Reliure signée BOICHOT. Sans les couvertures. Non rogné.
189284801Charpentier | Paris 1892 | 12.50 x 19 cm | relié
82384L.A.S., 1 p. in-8.
1877118788Paris Charpentier 1877 1 vol. Relié in-12, demi-maroquin tabac à coins, dos à nerfs, tête dorée, couvertures et dos conservées (Vermorel), III + 569 pp. Édition originale peu commune et, selon Clouzot, "très recherchée, même sur papier ordinaire". Bel exemplaire dans une fine reliure signée quasi contemporaine.
1877118788Paris Charpentier 1877 1 vol. Relié in-12, demi-maroquin tabac à coins, dos à nerfs, tête dorée, couvertures et dos conservées (Vermorel), III + 569 pp. Édition originale peu commune et, selon Clouzot, "très recherchée, même sur papier ordinaire". Bel exemplaire dans une fine reliure signée quasi contemporaine.
1888116384Paris Charpentier 1888 1 vol. relié in-12, bradel demi-maroquin marron à coins, tête dorée, couvertures et dos conservés, non rogné (Durvand), 310 + 10 pp. (extrait du catalogue de l'éditeur). Edition originale. Un des 250 exemplaires sur Hollande, sans justification. Petites rousseurs sur les pages de garde, sinon belle condition en reliure signée de l'époque.
1888116384Paris Charpentier 1888 1 vol. relié in-12, bradel demi-maroquin marron à coins, tête dorée, couvertures et dos conservés, non rogné (Durvand), 310 + 10 pp. (extrait du catalogue de l'éditeur). Edition originale. Un des 250 exemplaires sur Hollande, sans justification. Petites rousseurs sur les pages de garde, sinon belle condition en reliure signée de l'époque.
110810Paris, Charpentier et Fasquelle, Les Trois Villes, 1894-1895-1898, 3 volumes in-12 de 185x125 mm environ, 608, 598 et 751 pages, demi chagrin rouge, dos à nerfs portant titres dorés, gardes marbrées, tranche de tête dorée, couvertures conservées. Papier jauni, quelques pages avec bordures fendillées, un feuillet détaché p.179-180 du volume Paris, petit manque de papier p. 245-246 du volume Rome, petits frottements sur le cuir, sinon bon état. Edition originale sur papier ordinaire, avec un envoi de l'auteur à Marcel Bedene sur la page de faux-titre de chaque volume.
188740751Reliure demi-maroquin bleu nuit à coins. Dos lisse orné de filets dorés et date au talon. Tête dorée. Filets dorés sur les plats. Couverture et dos conservés. Non rogné. Reliure signée ALLO. Intérieur très frais.
85057L.A.S., 2 p. in-8.
85035L.A.S., 2 p. in-8 sur papier de deuil. Une déchirure de 1cm en marge gauche.
1888AMO-3650Paris, G. Charpentier et Cie, 1888 1 volume in-18 (18,7 x 12,5 cm) de 310 pages. Reliure demi-maroquin rouge à larges coins, tête dorée, non rogné (tranches ébarbées), dos à nerfs, auteur, titre et millésime dorés (reliure de l'époque signée POUGETOUX). Légers frottements sur les mors, sans conséquence. Exemplaire très bien établi à l'époque en reliure signée (les couvertures jaunes n'ont pas été conservées). Intérieur parfait. Edition originale. Un des 250 exemplaires sur papier de Hollande. Il a été tiré en outre 25 exemplaires sur papier du Japon. Le Rêve est le seizième volume de la série Les Rougon-Macquart. Zola y aborde le thème de la religion, mais de façon beaucoup moins violente et polémique qu’il ne l’avait fait dans La Conquête de Plassans ou La Faute de l'abbé Mouret. Cette fois-ci, il s’intéresse à la foi populaire et au renouveau du mysticisme dans la société française de la seconde moitié du XIXe siècle. L’histoire se passe dans le Val-d'Oise, dans une ville appelée Beaumont-sur-Oise (Zola s’est largement inspiré de Cambrai pour décrire cette ville). La description de Beaumont-sur-Oise est précise, avec la ville haute ancienne et la ville basse plus moderne. La ville est accessible par la gare du Nord. L’héroïne est Angélique Rougon, fille de Sidonie Rougon et d’un père inconnu (elle est née quinze mois après le décès du mari de sa mère). Dès sa naissance, elle a été placée par la sage-femme à l’Assistance publique, puis confiée à une nourrice dans la Nièvre, à une fleuriste, et enfin aux Rabier, une famille de tanneurs qui la maltraitent. Une nuit de Noël, elle décide de fuir les Rabier et est recueillie par un couple de brodeurs, les Hubert, qui l’ont découverte transie, adossée à un pilier de la cathédrale de Beaumont. Cette famille très pieuse (ils confectionnent des broderies pour les vêtements et ornements ecclésiastiques) vit dans une toute petite maison adossée à la cathédrale. Angélique, qui est devenue la pupille des Hubert, montre beaucoup d’application et de goût pour la broderie. En même temps elle lit, et découvre la Légende dorée, un ouvrage qui va changer sa vie d’adolescente. Elle s’identifie aux martyres, rêve d’avoir le même destin glorieux qu’elles, guettant par la fenêtre l’apparition qui va changer sa vie. Cette apparition se présente finalement sous la forme d’un charmant jeune homme, Félicien, peintre verrier qu’elle identifie à saint Georges descendu de son vitrail. L’amour naît en eux, mais leurs familles s’opposent à leur mariage : d’un côté, Hubertine Hubert, sa mère adoptive, qui s’est mariée malgré l’interdiction de sa mère et estime en avoir été punie par le fait qu’elle ne peut avoir d’enfant, ne veut pas d’un mariage dicté par la passion ; même chose pour le père de Félicien, Monseigneur d’Hautecœur, entré dans les ordres à la suite du décès de sa femme et devenu évêque. Finalement, voyant qu’Angélique se consume peu à peu devant cette interdiction, les deux familles consentent au mariage. Mais Angélique meurt à la sortie de l’église, après avoir donné à Félicien son premier et dernier baiser. Bel exemplaire en condition d'époque sur beau papier de Hollande.
188876888Reliure demi-maroquin vert à coins. Dos à nerfs. Tête dorée. Couverture et dos conservés. Non rogné. Reliure signée YSEUX.
85061L.A.S., 1 p. 1/2 in-8, enveloppe.
1901AMO-3863Paris, Bibliothèque-Charpentier, Eugène Fasquelle, 1901 2 volume in-8 (23,5 x 18 cm), brochés, de (4)-329-(1) et (4)-338-(1) pages. Couvertures rempliées en papier décoré orange. Exemplaires non coupés, à toutes marges. Couvertures partiellement et légèrement éclaircies, deux minuscules taches noires sur le premier plat du second volume, volumes parfaitement conservés par ailleurs. Édition originale. Tirage de luxe à 30 exemplaires sur papier du Japon (n°13). Il a été tiré en outre 200 exemplaires sur papier de Hollande et quelques exemplaires sur papier rouge (selon Clouzot, p. 281). Travail est le dernier roman publié du vivant de l'auteur. Il s'agit d'un roman d'un nouveau genre pour Zola, puisque c'est une œuvre d'anticipation construite sur la volonté générale de progrès social et sur les évolutions industrielles de la fin du XIXe siècle. L'enquête préparatoire est encore plus détaillée que pour Germinal. Alors que les idéaux socialisants appellent à une lutte des classes sanglante, Zola aspire à une entraide. Il écrit : « je veux montrer toute cette vieille charpente sociale craquant sous la poussée démocratique, la question de la réorganisation du travail se posant comme la question-mère de la société future pour une juste distribution des richesses. » L'Exposition universelle de 1900, qui a passionné Zola, est incontestablement en filigrane du roman. Les progrès techniques ont une place centrale dans le récit, avec la Fée électricité, de nature à résoudre tous les maux de l'humanité ou la sidérurgie moderne, qu'il va observer près de Saint-Étienne aux Aciéries et Forges d'Unieux. Il prône aussi des idéaux comme « l'abolition du salariat » en exaltant le travail « nécessaire et noble ». La rédaction du roman débute en mars 1900 et s'achève en février 1901. Il est publié en feuilleton dans L'Aurore à partir de décembre 1900 et en volume chez Fasquelle en mai 1901. L'œuvre est reçue avec bienveillance à gauche, avec des critiques enthousiastes, de Jaurès notamment. Les associations coopératives, disciples de Fourier, voient en Zola un allié de poids et lui organisent un banquet le 9 juin 1901. Zola meurt asphyxié dans son appartement le 29 septembre 1902. Il laisse le troisième volet des Quatre évangiles intitulé Vérité terminé mais non corrigé. Il sera publié de manière posthume dans la presse entre septembre 1902 et février 1903, et publié en volumes chez Charpentier en mars 1903. Dans Vérité Zola transpose l'affaire Dreyfus dans le domaine de l'instruction publique, principalement illustrée par le combat des laïcs et des cléricaux. Enfin, le quatrième et dernier volet des Quatre évangiles, intitulé Justice, n'a subsisté qu'à l'état de projet. Il n'a jamais été écrit par Zola qui n'en n'a pas eu le temps. Selon les quelques notes laissées par Zola et retrouvées, ce livre devait prôner la création d'une République universelle. Le cycle des Quatre évangiles, aujourd'hui méconnu des lecteurs de Zola, se voulait profondément utopique et réformateur. L'immense cycle des Rougon-Macquart paru entre 1870 et 1893, somme naturaliste était le constat quand les Quatre évangiles s'annonçaient comme les solutions. A propos de ce cycle des Quatre évangiles, Zola écrivait : « C'est la conclusion naturelle de toute mon œuvre, après la longue constatation de la réalité, une prolongation dans demain, et d'une façon logique, mon amour de la force et de la santé, de fécondité et du travail, mon besoin latent de justice, éclatant enfin. Tout cela basé sur la science, le rêve que la science autorise. Je suis content surtout de pouvoir changer ma manière, de pouvoir me livrer à tout mon lyrisme et à toute mon imagination. » "[...] La science, la vérité seule émancipera l’homme toujours davantage, le fera le maître de sa destinée, lui donnera la souveraineté du monde, en réduisant les forces naturelles au rôle de dociles servantes […]" (extrait). Très bon exemplaire, à l'état proche du neuf, du rare tirage sur papier du Japon.
1882AMO-4428Edition illustrée par André Gill, Bertall, G. Bellenger, Bigot, Clairin, etc. Paris, C. Marpon et E. Flammarion, 1882 1 fort volume in-4 (30,5 x 23,5 cm) de (4)-456 pages. Illustrations hors-texte et bandeaux. Reliure ancienne pleine toile de lin crème, étiquette de titre en cuir rouge au dos, tête poncée sinon non rogné, à toutes marges. Reliure modeste, intérieur modeste. A noter un bandeau anciennement barbouillé à l'aquarelle (rose/rouge) et une figure hors-texte aquarellée/gouachée anciennement (plutôt réussi). Rousseurs éparses inégales selon les feuillets. Le feuillet de faux-titre a le recto bruni avec quelques traces de grattage et une petite perforation, le feuillet de titre a sa marge extérieure brunie avec de petites déchirures (loin du texte). Les couvertures imprimées illustrées n'ont pas été conservées. Première édition illustrée. Un des 100 exemplaires numérotés sur papier de Hollande (numéroté à la plume). Edition populaire parue en 57 livraisons et ornée de 66 compositions gravées sur bois, dont 14 en tête de chapitre et 52 à pleine page, d’après les compostions d’André Gill, Bertall, Georges Bellenger, Bigot, Georges Clairin, J. Audy et G. Nielsen. Nana, neuvième roman des Rougon-Macquart, a été publié sous forme de feuilleton dans Le Voltaire du 16 octobre 1879 au 5 février 1880, puis en volume chez Georges Charpentier, le 14 février 1880. Née en 1852 dans la misère du monde ouvrier, Anna Coupeau, dite Nana, est la fille de Gervaise Macquart et de Coupeau dont l’histoire est narrée dans L'Assommoir. Le début du roman la montre dans la gêne, manquant d’argent pour élever son fils Louis qu’elle a eu à l’âge de seize ans d'un père inconnu ; elle se prostitue, faisant des passes pour arrondir ses fins de mois. Ceci ne l’empêche pas d’habiter un riche appartement où l’un de ses amants, un riche marchand de Moscou, l’a installée. Son ascension commence avec un rôle de Vénus qu’elle interprète dans un théâtre parisien : elle ne sait ni parler ni chanter, mais l'habit impudique qui cache si peu de son corps de déesse affole tous les hommes. Elle se met un moment en ménage avec un homme qu’elle aime, le comédien Fontan. Mais celui-ci est violent et finit par la battre, la tromper et la mettre à la porte. Elle se met alors à côtoyer la prostituée Satin, avec qui elle entretiendra une liaison (Satin s'installera chez Nana, dans l'hôtel que lui a acheté le comte Muffat). Après avoir épuisé toutes ses économies, elle acceptera la manne financière proposée par Muffat qui désire par-dessus tout en faire sa maîtresse exclusive. Celui-ci met sa fortune à ses pieds, lui sacrifie son honneur et demande en retour la fidélité. Mais cette liaison le mènera au bouleversement total de son être, de ses convictions dévotes, de son comportement probe et de ses principes intègres. Il s’abaissera à une humiliation inhumaine et une complaisance révoltante, contraint d’accepter les moindres caprices de Nana qui lui fait subir les pires infamies, jusqu’à lui faire accepter la foule d’amants qu’elle fréquente, y compris Satin (même si Nana se borne à dire que « cela ne compte pas »), alors que cela représente l'humiliation suprême pour Muffat. Nana atteint le sommet de sa gloire lors d’un grand prix hippique auquel assistent Napoléon III et le tout-Paris. Une jument, nommée Nana en son honneur par son amant le comte Xavier de Vandeuvres, remporte la course. Tout l’hippodrome scande alors « Na-na », dans un délire tournant à la frénésie. Puis le déclin s'amorce. Le comte de Vandeuvres, accusé de tricherie devant la victoire suspecte car trop improbable de sa pouliche, se suicide en mettant le feu à ses écuries. Philipe Hugon est emprisonné après que ses vols dans la caisse de sa caserne ont été découverts. Son frère Georges tente de se suicider chez Nana, après avoir compris qu'elle couchait aussi avec Philippe depuis plusieurs mois. Le comte Muffat se retrouve ruiné et endetté. Accablée de dettes contractées malgré la ruine de ses amants, comprenant qu'elle ne peut pas continuer une telle fuite en avant, elle quitte Paris après avoir vendu aux enchères tous ses biens. Plus personne ne sait rien d’elle pendant plusieurs mois, jusqu’au moment où elle regagne la capitale pour aller au chevet de son fils atteint de la petite vérole. Son fils la contamine et elle tombe à son tour très malade. La nouvelle de son retour se propage comme une traînée de poudre et ses anciens courtisans accourent dans son antichambre. Et c'est son ancienne rivale, Rose Mignon, qui finalement l'assiste dans son trépas, à ses propres risques et périls. Elle qui quelques mois avant affolait encore tous les hommes de Paris meurt défigurée par la maladie, au moment où s'achève brutalement le Second Empire avec la déclaration de guerre à la Prusse. La publication de Nana fit scandale. L'édition populaire illustrée qui paraît deux ans après la première édition en librairie permet une diffusion massive de ce texte qui devint rapidement l'un des textes phares du chef de file de l'école naturaliste. Référence : Reverzy, Éléonore. « Littérature publique. L'exemple de Nana », Revue d'histoire littéraire de la France, vol. vol. 109, no. 3, 2009, pp. 587-603. Notre exemplaire mérite une nouvelle reliure. Exemplaire modeste d'un tirage rare.