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19011163231901 1 vol. « Je t’aime à travers tout »En l’année 1901, de ces deux « grandes horizontales » qu’une génération sépare, l’aînée Valtesse (1848-1910) s’est « rangée des voitures » à 53 ans ; la cadette Liane (1869-1950) est à 32 ans au sommet déjà un peu vacillant de sa gloire… Pour mémoire, Valtesse de la Bigne cherche dès 1890 une « perle » unique assez fine et remarquable pour l’arborer d’abord en « sautoir » comme sa petite protégée et qui prendrait sa suite. Comme toutes les Lorettes, Valtesse (contraction de Votre Altesse) a d’abord battu le pavé parisien sur les boulevards mais elle a su assez tôt se hisser avec maestria dans la haute société et, bonne gestionnaire, a amassé une fortune conséquente qui lui permet de se retirer des affaires dans la force de l’âge. La beauté racée de Liane, son allure svelte, sa mise impeccable et son goût prononcé pour les parures de perles retiennent son attention. Naturellement, elle en fait son amante et mesure au plus près tout le potentiel de cette superbe créature : c’est décidé, Liane lui succédera ! Liaison de courte durée entre les deux courtisanes dont les destins vont se nouer autrement. Il faut dire aussi qu'une tombeuse de femmes, Natalie Barney, est passée par-là…Ces 24 lettres, écrites entre 1901 et 1903, restituent à merveille les liens affectifs unissant les deux femmes qui vivent dans une forme de sororité, Liane signant ses lettres de différents vocables : Ton Lilon, Ta sœur Liane, La mère Lili, Ma Tesse, ma sœur chérie. Novembre 1901 : Liane évoque son roman autobiographique Idylle saphique dans lequel elle est Annhine de Lys (alias Nhine), Natalie est Flossie et Valtesse « Altesse » : « Idylle se vend bien (…) Et ce matin, je t’aime tout particulièrement car je suis en train de relire notre Idylle saphique et je m’attendris sur ce qui fut le NOUS d’il y a trois ans. »L’ambiguïté de la relation se poursuit quand Liane envoie à Valtesse un poème courtois sur le motif de Mélusine, inspiré de Jean Lorrain (18 vers d'une écriture non identifiée) ou bien quand elle invite son initiatrice à choisir sa teinte de cheveux pour son portrait commandé au peintre Antonio de la Gandara.Mais si les chatteries vont bon train dans le début de la correspondance, il y a des zones d’ombre et d’intéressantes remarques sur la condition de demi-mondaine : « La vie est bête et facile et je m’ennuie ». Liane envie son aînée, débarrassée de toutes les vicissitudes de la prostituée de haut vol : « M’éveille dans un brouillard plus triste que celui de mes arbres. Je t’assure mon aimée, il fait gris sale… Tu seras bien l’année prochaine dans ton nid, mon grand aigle doré [allusion à la Villa des aigles que Valtesse se fait construire à Monte-Carlo]. Je t’envie – comme tu as su mener ta vie et quel plus tard délicieux tu te crées (…) Tu ne m’aimes plus, il me semble à moi qu’on m’a arraché une partie de mon être – une aile, ce qui m’empêche de planer un peu avec toi et me rejette sur terre sans visée, sans filet ! – Tu entends ma chérie, tout le reste de ma vie est éphémère, joie passagère – quelques instants, des secondes (…) J’ai si peu de confiance en moi, même en ma santé qui semble très bonne en ce moment. Je sais si bien que du mauvais peut seul m’arriver, alors vois-tu sans même savoir seulement le lendemain un peu assuré ! »La plupart des lettres portent l’en-tête de l’Hôtel Cecil Strand à Londres. Liane préside à nouveau aux destinées de son fils Marc Pourpe, né de son premier mariage et qu’elle a abandonné à la naissance. L’enfant a été élevé en Egypte à Suez par ses beaux-parents. En 1901, elle le récupère et le place dans un collège anglais. Il a quatorze ans, elle le trouve formidable : « Ma chérie, ça y est, un amour d’enfant pâle et doux, si gentil, si petit, distingué, parlant français, arabe, italien, anglais. Qui s’est jeté dans mes bras, ému et heureux. Rare ! » Les deux femmes font « famille » et il est plusieurs fois question de réveillonner ensemble. Liane établit même un menu de Noël pour recevoir chez elle en toute simplicité : « Caviar, potage, huîtres frites, une volaille, truffes sous la serviette, foie gras, salade, boudin, un pudding anglais que j’emporte ici pour mon « vieux », des fruits, du cidre pour toi, champagne et eaux d'Evian (…), arbre de Noël, petite surprise pour tout le monde ».Nonobstant ce rapprochement familial, Liane est rivée à ses affaires de cœur et nous suivons au fil de sa plume un véritable feuilleton à rebondissements avec un certain « Mathieu » sur lequel elle a jeté son dévolu et qui semble jouer au chat et à la souris, tant et si bien qu’elle demande à plusieurs reprises à Valtesse d’interférer pour elle au point d’agacer son amie : « Tu n’as jamais eu de Valtesse, méchante, mais tu as une Liane et je t’assure que comme affection et comme cœur, l’une ne le cède en rien à l’autre, je te défends d’en douter. Ne sois pas maussade ma chérie, tout cela ne vient pas de nous, cela ne restera pas entre nous, c’est un point de contact désagréable, le contact disparaît et le point aussi. Voilà, pour être un… passé, ça en est un, je te jure que mon cœur n’en conserve même pas la plus légère empreinte…) C’est une cocotte que cet homme-là. D’ailleurs, j’ai beaucoup d’autres choses à faire… »La seule lettre de Valtesse à Liane qui figure dans cette correspondance est prémonitoire : « Il t'a plu, il te ressemble. Je le sens dans ce que tu me dis Chérie. Que sera ton amour avec lui, joie ou peine ?! Comment cela pourra-t-il être joie puisqu’un jour il en aimera une, autrement – et il te sacrifiera. Fragile !!! Ce serait pis. J’ai si peur de tout pour toi, je prévois, je pense, il ne te faut plus de catastrophes. Mesurer son coeur, l'empêcher de battre, de bondir, de s'oppresser, de s'évanouir – difficile à moins que la souffrance l'ait étreint, jusqu'à le rendre exsangue. Alors ? alors prends le [...] Marche avec précaution Chérie, imagine que tu portes un flacon rempli d'essence précieuse dont chaque goutte qui s'évapore ou qui s'échappe abrège le bonheur que tu peux espérer [...] ».L’inéluctable survient pourtant. Liane est détrônée par une débutante de 23 ans, Jeanne Dortzal, qui deviendra poétesse. La relève est là, déjà : « Elle est jolie. Elle est jeune au bon moment et puis elle est une bonne affaire, espérons que Mathieu en sera une pour elle. N’en parlons plus. » Bonne perdante, Liane n’en est pas moins dévastée et l’insuccès semble contaminer certaines de ses entreprises : « Je n’ai plus de larmes pour un bout de temps… Une belle dépression en moi. Le silence des journaux sur mon roman. Le brouillard ici. Toujours Mathieu… Ah j’aurais bien besoin de toi qui sais si bien me réconforter. Viens ma chérie, viens pour 2 jours… Je suis seule, pas d’amie. Seulement mon amant de temps en temps. Et un amoureux qui me suit partout. »Pour la petite histoire, on trouve mention de ces lettres à la page 288 de Mes cahiers bleus : « Ma filleule Margot, ayant perdu sa mère a trouvé une correspondance adressée à sa grand-mère Valtesse de la Bigne. Il y avait vingt-quatre lettres de moi. Elle les a fait vendre à la salle Drouot ! 60 francs, mes vingt-quatre lettres. Inconvenante perfidie ! J’aurai tout vu sur la terre. »Cette très rare correspondance inédite entre deux prostituées est conservée sous double emboîtage, auquel on joint le catalogue de vente Valtesse de La Bigne. Paris, Dubreuil, Haro & Bloche, 1902, un vol. in-4, demi-chagrin aubergine, plat supérieur de la couverture conservé, IV + 116 pp., 9 planches hors-texte (d'autres semblent manquer), 663 numéros décrits, dont le fameux "lit de parade" en bronze. L’exemplaire est signé par Valtesse et truffé d’une notice biographique manuscrite (4 feuillets in-4, non signés).
19011163231901 1 vol. « Je t’aime à travers tout »En l’année 1901, de ces deux « grandes horizontales » qu’une génération sépare, l’aînée Valtesse (1848-1910) s’est « rangée des voitures » à 53 ans ; la cadette Liane (1869-1950) est à 32 ans au sommet déjà un peu vacillant de sa gloire… Pour mémoire, Valtesse de la Bigne cherche dès 1890 une « perle » unique assez fine et remarquable pour l’arborer d’abord en « sautoir » comme sa petite protégée et qui prendrait sa suite. Comme toutes les Lorettes, Valtesse (contraction de Votre Altesse) a d’abord battu le pavé parisien sur les boulevards mais elle a su assez tôt se hisser avec maestria dans la haute société et, bonne gestionnaire, a amassé une fortune conséquente qui lui permet de se retirer des affaires dans la force de l’âge. La beauté racée de Liane, son allure svelte, sa mise impeccable et son goût prononcé pour les parures de perles retiennent son attention. Naturellement, elle en fait son amante et mesure au plus près tout le potentiel de cette superbe créature : c’est décidé, Liane lui succédera ! Liaison de courte durée entre les deux courtisanes dont les destins vont se nouer autrement. Il faut dire aussi qu'une tombeuse de femmes, Natalie Barney, est passée par-là…Ces 24 lettres, écrites entre 1901 et 1903, restituent à merveille les liens affectifs unissant les deux femmes qui vivent dans une forme de sororité, Liane signant ses lettres de différents vocables : Ton Lilon, Ta sœur Liane, La mère Lili, Ma Tesse, ma sœur chérie. Novembre 1901 : Liane évoque son roman autobiographique Idylle saphique dans lequel elle est Annhine de Lys (alias Nhine), Natalie est Flossie et Valtesse « Altesse » : « Idylle se vend bien (…) Et ce matin, je t’aime tout particulièrement car je suis en train de relire notre Idylle saphique et je m’attendris sur ce qui fut le NOUS d’il y a trois ans. »L’ambiguïté de la relation se poursuit quand Liane envoie à Valtesse un poème courtois sur le motif de Mélusine, inspiré de Jean Lorrain (18 vers d'une écriture non identifiée) ou bien quand elle invite son initiatrice à choisir sa teinte de cheveux pour son portrait commandé au peintre Antonio de la Gandara.Mais si les chatteries vont bon train dans le début de la correspondance, il y a des zones d’ombre et d’intéressantes remarques sur la condition de demi-mondaine : « La vie est bête et facile et je m’ennuie ». Liane envie son aînée, débarrassée de toutes les vicissitudes de la prostituée de haut vol : « M’éveille dans un brouillard plus triste que celui de mes arbres. Je t’assure mon aimée, il fait gris sale… Tu seras bien l’année prochaine dans ton nid, mon grand aigle doré [allusion à la Villa des aigles que Valtesse se fait construire à Monte-Carlo]. Je t’envie – comme tu as su mener ta vie et quel plus tard délicieux tu te crées (…) Tu ne m’aimes plus, il me semble à moi qu’on m’a arraché une partie de mon être – une aile, ce qui m’empêche de planer un peu avec toi et me rejette sur terre sans visée, sans filet ! – Tu entends ma chérie, tout le reste de ma vie est éphémère, joie passagère – quelques instants, des secondes (…) J’ai si peu de confiance en moi, même en ma santé qui semble très bonne en ce moment. Je sais si bien que du mauvais peut seul m’arriver, alors vois-tu sans même savoir seulement le lendemain un peu assuré ! »La plupart des lettres portent l’en-tête de l’Hôtel Cecil Strand à Londres. Liane préside à nouveau aux destinées de son fils Marc Pourpe, né de son premier mariage et qu’elle a abandonné à la naissance. L’enfant a été élevé en Egypte à Suez par ses beaux-parents. En 1901, elle le récupère et le place dans un collège anglais. Il a quatorze ans, elle le trouve formidable : « Ma chérie, ça y est, un amour d’enfant pâle et doux, si gentil, si petit, distingué, parlant français, arabe, italien, anglais. Qui s’est jeté dans mes bras, ému et heureux. Rare ! » Les deux femmes font « famille » et il est plusieurs fois question de réveillonner ensemble. Liane établit même un menu de Noël pour recevoir chez elle en toute simplicité : « Caviar, potage, huîtres frites, une volaille, truffes sous la serviette, foie gras, salade, boudin, un pudding anglais que j’emporte ici pour mon « vieux », des fruits, du cidre pour toi, champagne et eaux d'Evian (…), arbre de Noël, petite surprise pour tout le monde ».Nonobstant ce rapprochement familial, Liane est rivée à ses affaires de cœur et nous suivons au fil de sa plume un véritable feuilleton à rebondissements avec un certain « Mathieu » sur lequel elle a jeté son dévolu et qui semble jouer au chat et à la souris, tant et si bien qu’elle demande à plusieurs reprises à Valtesse d’interférer pour elle au point d’agacer son amie : « Tu n’as jamais eu de Valtesse, méchante, mais tu as une Liane et je t’assure que comme affection et comme cœur, l’une ne le cède en rien à l’autre, je te défends d’en douter. Ne sois pas maussade ma chérie, tout cela ne vient pas de nous, cela ne restera pas entre nous, c’est un point de contact désagréable, le contact disparaît et le point aussi. Voilà, pour être un… passé, ça en est un, je te jure que mon cœur n’en conserve même pas la plus légère empreinte…) C’est une cocotte que cet homme-là. D’ailleurs, j’ai beaucoup d’autres choses à faire… »La seule lettre de Valtesse à Liane qui figure dans cette correspondance est prémonitoire : « Il t'a plu, il te ressemble. Je le sens dans ce que tu me dis Chérie. Que sera ton amour avec lui, joie ou peine ?! Comment cela pourra-t-il être joie puisqu’un jour il en aimera une, autrement – et il te sacrifiera. Fragile !!! Ce serait pis. J’ai si peur de tout pour toi, je prévois, je pense, il ne te faut plus de catastrophes. Mesurer son coeur, l'empêcher de battre, de bondir, de s'oppresser, de s'évanouir – difficile à moins que la souffrance l'ait étreint, jusqu'à le rendre exsangue. Alors ? alors prends le [...] Marche avec précaution Chérie, imagine que tu portes un flacon rempli d'essence précieuse dont chaque goutte qui s'évapore ou qui s'échappe abrège le bonheur que tu peux espérer [...] ».L’inéluctable survient pourtant. Liane est détrônée par une débutante de 23 ans, Jeanne Dortzal, qui deviendra poétesse. La relève est là, déjà : « Elle est jolie. Elle est jeune au bon moment et puis elle est une bonne affaire, espérons que Mathieu en sera une pour elle. N’en parlons plus. » Bonne perdante, Liane n’en est pas moins dévastée et l’insuccès semble contaminer certaines de ses entreprises : « Je n’ai plus de larmes pour un bout de temps… Une belle dépression en moi. Le silence des journaux sur mon roman. Le brouillard ici. Toujours Mathieu… Ah j’aurais bien besoin de toi qui sais si bien me réconforter. Viens ma chérie, viens pour 2 jours… Je suis seule, pas d’amie. Seulement mon amant de temps en temps. Et un amoureux qui me suit partout. »Pour la petite histoire, on trouve mention de ces lettres à la page 288 de Mes cahiers bleus : « Ma filleule Margot, ayant perdu sa mère a trouvé une correspondance adressée à sa grand-mère Valtesse de la Bigne. Il y avait vingt-quatre lettres de moi. Elle les a fait vendre à la salle Drouot ! 60 francs, mes vingt-quatre lettres. Inconvenante perfidie ! J’aurai tout vu sur la terre. »Cette très rare correspondance inédite entre deux prostituées est conservée sous double emboîtage, auquel on joint le catalogue de vente Valtesse de La Bigne. Paris, Dubreuil, Haro & Bloche, 1902, un vol. in-4, demi-chagrin aubergine, plat supérieur de la couverture conservé, IV + 116 pp., 9 planches hors-texte (d'autres semblent manquer), 663 numéros décrits, dont le fameux "lit de parade" en bronze. L’exemplaire est signé par Valtesse et truffé d’une notice biographique manuscrite (4 feuillets in-4, non signés).
192922341929 "Editions d'Art de l'Intermédiaire du Bibliophile", Parris, 1929. Volume in-folio, demi-maroquin à coins, couverture conservée ornée d'une eau-forte réhaussée. 15 eaux-fortes, réhaussées en couleurs, une suite de gravures avec remarques, un dessin original au faux titre. Commentaires de Raymond Hesse
1769002911ALondres, chez Jean Nourse, A La Haie, chez Gosse, 1769
17023Paris, Éditions empreinte, 1969. In-4, 36 pp., en feuilles, couverture originale illustrée, chemise et étui de l'éditeur de toile rose (très légère insolation de l'étui et de la chemise
1882AMO-4428Edition illustrée par André Gill, Bertall, G. Bellenger, Bigot, Clairin, etc. Paris, C. Marpon et E. Flammarion, 1882 1 fort volume in-4 (30,5 x 23,5 cm) de (4)-456 pages. Illustrations hors-texte et bandeaux. Reliure ancienne pleine toile de lin crème, étiquette de titre en cuir rouge au dos, tête poncée sinon non rogné, à toutes marges. Reliure modeste, intérieur modeste. A noter un bandeau anciennement barbouillé à l'aquarelle (rose/rouge) et une figure hors-texte aquarellée/gouachée anciennement (plutôt réussi). Rousseurs éparses inégales selon les feuillets. Le feuillet de faux-titre a le recto bruni avec quelques traces de grattage et une petite perforation, le feuillet de titre a sa marge extérieure brunie avec de petites déchirures (loin du texte). Les couvertures imprimées illustrées n'ont pas été conservées. Première édition illustrée. Un des 100 exemplaires numérotés sur papier de Hollande (numéroté à la plume). Edition populaire parue en 57 livraisons et ornée de 66 compositions gravées sur bois, dont 14 en tête de chapitre et 52 à pleine page, d’après les compostions d’André Gill, Bertall, Georges Bellenger, Bigot, Georges Clairin, J. Audy et G. Nielsen. Nana, neuvième roman des Rougon-Macquart, a été publié sous forme de feuilleton dans Le Voltaire du 16 octobre 1879 au 5 février 1880, puis en volume chez Georges Charpentier, le 14 février 1880. Née en 1852 dans la misère du monde ouvrier, Anna Coupeau, dite Nana, est la fille de Gervaise Macquart et de Coupeau dont l’histoire est narrée dans L'Assommoir. Le début du roman la montre dans la gêne, manquant d’argent pour élever son fils Louis qu’elle a eu à l’âge de seize ans d'un père inconnu ; elle se prostitue, faisant des passes pour arrondir ses fins de mois. Ceci ne l’empêche pas d’habiter un riche appartement où l’un de ses amants, un riche marchand de Moscou, l’a installée. Son ascension commence avec un rôle de Vénus qu’elle interprète dans un théâtre parisien : elle ne sait ni parler ni chanter, mais l'habit impudique qui cache si peu de son corps de déesse affole tous les hommes. Elle se met un moment en ménage avec un homme qu’elle aime, le comédien Fontan. Mais celui-ci est violent et finit par la battre, la tromper et la mettre à la porte. Elle se met alors à côtoyer la prostituée Satin, avec qui elle entretiendra une liaison (Satin s'installera chez Nana, dans l'hôtel que lui a acheté le comte Muffat). Après avoir épuisé toutes ses économies, elle acceptera la manne financière proposée par Muffat qui désire par-dessus tout en faire sa maîtresse exclusive. Celui-ci met sa fortune à ses pieds, lui sacrifie son honneur et demande en retour la fidélité. Mais cette liaison le mènera au bouleversement total de son être, de ses convictions dévotes, de son comportement probe et de ses principes intègres. Il s’abaissera à une humiliation inhumaine et une complaisance révoltante, contraint d’accepter les moindres caprices de Nana qui lui fait subir les pires infamies, jusqu’à lui faire accepter la foule d’amants qu’elle fréquente, y compris Satin (même si Nana se borne à dire que « cela ne compte pas »), alors que cela représente l'humiliation suprême pour Muffat. Nana atteint le sommet de sa gloire lors d’un grand prix hippique auquel assistent Napoléon III et le tout-Paris. Une jument, nommée Nana en son honneur par son amant le comte Xavier de Vandeuvres, remporte la course. Tout l’hippodrome scande alors « Na-na », dans un délire tournant à la frénésie. Puis le déclin s'amorce. Le comte de Vandeuvres, accusé de tricherie devant la victoire suspecte car trop improbable de sa pouliche, se suicide en mettant le feu à ses écuries. Philipe Hugon est emprisonné après que ses vols dans la caisse de sa caserne ont été découverts. Son frère Georges tente de se suicider chez Nana, après avoir compris qu'elle couchait aussi avec Philippe depuis plusieurs mois. Le comte Muffat se retrouve ruiné et endetté. Accablée de dettes contractées malgré la ruine de ses amants, comprenant qu'elle ne peut pas continuer une telle fuite en avant, elle quitte Paris après avoir vendu aux enchères tous ses biens. Plus personne ne sait rien d’elle pendant plusieurs mois, jusqu’au moment où elle regagne la capitale pour aller au chevet de son fils atteint de la petite vérole. Son fils la contamine et elle tombe à son tour très malade. La nouvelle de son retour se propage comme une traînée de poudre et ses anciens courtisans accourent dans son antichambre. Et c'est son ancienne rivale, Rose Mignon, qui finalement l'assiste dans son trépas, à ses propres risques et périls. Elle qui quelques mois avant affolait encore tous les hommes de Paris meurt défigurée par la maladie, au moment où s'achève brutalement le Second Empire avec la déclaration de guerre à la Prusse. La publication de Nana fit scandale. L'édition populaire illustrée qui paraît deux ans après la première édition en librairie permet une diffusion massive de ce texte qui devint rapidement l'un des textes phares du chef de file de l'école naturaliste. Référence : Reverzy, Éléonore. « Littérature publique. L'exemple de Nana », Revue d'histoire littéraire de la France, vol. vol. 109, no. 3, 2009, pp. 587-603. Notre exemplaire mérite une nouvelle reliure. Exemplaire modeste d'un tirage rare.
1947bf4869Editions de la Couronne Feuilles sous chemise et emboitage 1947 UN DES 25 EXEMPLAIRES SUR JAPON AVEC DEUX SUITES EN COULEURS (16 + 16). L'Echarpe de suie. Editions de la Couronne. 1947. In-4 (25,5 x 33 cm) en feuilles sous couverture rempliée, chemise et étui cartonnés, 66 pages, ouvrage illustré par Charles Picart Le Doux, tirage limité à 176 exemplaires numérotés. Le nôtre (mal numéroté) est l'un des 25 exemplaires sur Japon O-Tsu-Ki auxquels il a été ajouté une esquisse originale de Picart Le Doux, 16 hors texte sur Japon et une suite en couleurs sur Japon. Il a été achevé d'imprimer le 1er décembre 1947 sur les presses de l'Impimerie des Beaux-Arts pour la typographie et des ateliers d'impressions d'art Jean Brunissen pour les hors-texte. La mise en couleurs a été effectuée à la main au pochoir aquarellé par Dreux-Barry sous la direction de l'artiste ; très bel état. Livraison a domicile (La Poste) ou en Mondial Relay sur simple demande.
19881Paris, Dervaux, 1879. In-12, 229-35 pp. 1 pl., demi-basane brune, dos à nerfs orné de filets dorés, tête dorée, couverture conservé (dos un peu insolé, 1er plat de couverture et 1er f. réparés à l'adhésif, petites rousseurs);
834123Editions D Art De L Intermédiaire Du Bibliophile Paris 1927 In-Folio ( 395 X 300 mm ) en feuilles, sous couverture rempliée illustrée sur le 1er plat d'une vignette gravée à l'eau-forte, chemise à dos de basane framboise et étui. PREMIER TIRAGE des 12 superbes eaux-fortes en couleurs gravées sur cuivre, hors-texte de Léon COURBOULEIX, présentées par un texte liminaire de CLEMENT-JANIN. EDITION ORIGINALE imprimée à seulement 100 exemplaires, celui-ci 1 des 85 exemplaires numérotés sur Vélin d'estampes de Rives blanc à la cuve avec l'état définitif des couleurs. ( Carteret : IV, 107 : « Suite estimée ». Mahé : I, 529. Monod : 2876. ). Etui légèrement frotté, livre en parfait état. TRES BEL EXEMPLAIRE, reflétant l'ambiance des quartiers réservés et maisons-closes d'un certain Marseille des années 20.
177015924A Londres, chez Jean Nourse, A La Haye, chez Gosse junior et Pinet, 1770. 2 parties en 1 vol. in-8 de (8)-215 pp., veau marbré, dos lisse orné, pièce de titre en maroquin rouge, tranches rouges (reliure de l'époque).
177040525A Londres, chez Jean Nourse, A La Haye, chez Gosse junior et Pinet, 1770. In-8 de 368 pp., veau marbré, dos orné à nerfs, pièce de titre en maroquin rouge, tranches rouges (reliure de l'époque).
13717L’Année Galante ou les intrigues secrètes du Marquis de Lxxx.( Marquis de Léotière). In 12 reliure ancienne, plein cuir fauve raciné, pièce de titre cuir rouge, fer doré en long. Faux-titre, titre, 152 pages, tranches rouges. A Londres. E trouve à Paris Rue Hôtel Serpente 1785. Petits raccommodages, sinon bon exemplaire. Edition originale. Fort rare.
51934Bruxelles.1851.8 vols.in-8 en demi-chagrin.Paul Lacroix utilise le pseudonyme de Pierre Dufour pour ce texte. (Gay TII,571.)Bel ensemble, très léger manque de cuir en queue du Tome 2.
197432102Paris / Bièvres, Pierre de Tartas, 1974. Un vol. au format in-folio (378 x 278 mm) non paginé, en feuilles, sous couverture lithographiée à rabats rempliés et coffret en plexiglass titrée or sur une des tranches.
1370541Paris: Ed. d'Art A. Gamard, s.d. (c. 1930) in-4 (26 x 33,5), [4 p.] Préface de Francis Carco + 16 pl. coul. ill. au pochoir, avec serpentes numérotées et titrées. Couverture lie de vin, titre à l'encre d'or formant une boucle. Liste des planches: Au café, L'ingénue du Boulevard des Capucines, Rue Royale, Paris Versailles, L'inconsolable des Champs-Elysées, Au restaurant, Aux Halles, A la piscine, Les boulevards, Les deux soeurs, Les deux, Au dancing, Au bal musette, La profiteuse, Un charmand bourreau, Ces demoiselles. Manque à Pia.
185125319Paris Séré Martinon 1851 In-8 ( 6 Tomes En Trois Volumes ) , 469 + 480 + 426 + 391 +400 + 404 pp et 19/20 gravures hors-texte. Il manque une planche.Cet ouvrage selon Quérard serait du Bibliophile Jacob qui n'aurait jamais voulu en endosser la paternité. Beaucoup de passages ressembleraient à des extraits des "curiosités" de ....
1904101042Paris Librairie Universelle 1904 1 vol. relié in-12, demi-chagrin rouge à coins, dos à quatre nerfs, tête dorée, couvertures et dos illustrés conservés, non rogné, 331 pp. Édition originale illustrée par Georges Bottini de 15 compositions hors-texte en couleurs et de nombreux dessins en noir, dans un style proche de Toulouse-Lautrec qui restitue l'atmosphère des lieux de plaisir du Paris fin de siècle. Excellent exemplaire enrichi d'un envoi de Jean Lorrain à Pierre Louÿs daté "Paris le 6 juillet 1904" et visiblement rédigé de la main des son secrétaire.
1904101042Paris Librairie Universelle 1904 1 vol. relié in-12, demi-chagrin rouge à coins, dos à quatre nerfs, tête dorée, couvertures et dos illustrés conservés, non rogné, 331 pp. Édition originale illustrée par Georges Bottini de 15 compositions hors-texte en couleurs et de nombreux dessins en noir, dans un style proche de Toulouse-Lautrec qui restitue l'atmosphère des lieux de plaisir du Paris fin de siècle. Excellent exemplaire enrichi d'un envoi de Jean Lorrain à Pierre Louÿs daté "Paris le 6 juillet 1904" et visiblement rédigé de la main des son secrétaire.
199119148Paris, Éditions Hazan, 1991, e.o. (pas de gd papier) - Broché, couv. à rabat sur papier recyclé, 17 cm x 24 cm, 64 pages, 38 photographie noir & blanc pleine page dont certaines en double page –Photos de Sergio Larrain, texte de Pablo Neruda, conception de l’ouvrage Agnès Sire avec la participation de Xavier Barral – Etat neuf
191313593Paris, Editions Georges Crès et Cie, sans date (1913). In-8 broché de 106 pages au format 15,5 x 4 x 21 cm. Belle couverture, rempliée, illustrée. Dos carré. Plats et intérieur frais. Texte et 12 magnifiques eaux-fortes originales par Henri Boutet ( couverture, vignette de la page de titre et 10 hors-texte ). Tirage unique à 500 exemplaires. Le numéro 1, sur japon est un exemplaire unique avec toutes les suites, le manuscrit, les dessins originaux, les croquis, une suite des états des gravures, le tout monté sous cache et réuni en album. Le nôtre est un des 15 exemplaires du tirage de tête, sur Japon des Manufactures impériale, après l'exemplaire unique et avant 449 exemplaires sur vélin. Il porte le n° II, numéroté et paraphé à la main par l'auteur et contient un sublime croquis original, au crayon, en couleurs, signé, sur le faux titre, une double suite sur Japon, et une suite sur Chine. Petites rousseurs sur quelques planches de la suite. Rarissime édition originale en superbe état de fraicheur.
186115969Bruxelles, Librairie Universelle de J. Rozez, 1861. 8 volumes in-8, demi-maroquin bleu à coins, dos à nerfs ornés de filets et urnes dorées, têtes dorées. Ex-libris Solomon R. Guggenheim. Reliure signée Kaufmann.
175044501S.l.n.d. (Paris, Jean-Baptiste-Paul Valleyre, 1750). In-12 de 60 pp. paginées 349-408, 2 figures gravées, maroquin rouge, dos lisse orné, pièce de titre en maroquin vert, triple filet doré encadrant les plats avec fleurons dans les angles, tranches dorées (reliure de l'époque).
1761003049À Londres, Chez Jean Nourse, l'An de la Vérité, 1761
192629758Paris, Editions de la Nouvelle revue française / Gallimard, 1926. Un vol. au format in-4 tellière (218 x 173 mm) de 252 pp. Reliure légèrement postérieure de demi-chagrin maroquiné et glacé carmin à coins, filets dorés portés sur les plats, dos à nerfs orné de filets maigres en noir, titre doré, date dorée en queue, tête dorée, couverture et dos conservés. (H. Duhayon).
1929GITk288Paris Le Livre du Bibliophile Georges Briffaut 1929. In-4 3 feuillets blancs, 2 feuillets non chiffrés, II-VI 1 feuillet non chiffré (fin de la préface) 1-201pp 1 feuillet blanc, 1 feuillet achevé d'imprimer. Plein maroquin ébène, dos lisse avec le titre en long (lettres bâton dorées se chevauchant), tête dorée, non rogné, large bordure intérieure de maroquin ébène à quadruple filet doré, contreplats et gardes de papier brique, doublé de papier fort mordoré; reliure de l'époque (Y.M.O) sous étui recouvert de papier mordoré, bordé de maroquin ébène. Orné de 20 pointes sèches de Paul-Louis Guilbert: grande vignette sur le titre, frontispice, 3 têtes de chapitre, 1 dans le texte, 14 pratiquement à pleine page. A ces illustrations s'ajoutent 2 CROQUIS ORIGINAUX (au lieu d'un) contrecollés sur un feuillet blanc.EDITION DE LUXE appréciée des Amateurs, tirée à 425 exemplaires, celui-ci 1 des 30 sur Japon Impérial portant le numéro 36 avec 2 états des illustrations dont un avec remarque et 1 croquis original (notre exemplaire en possède 2). Carteret IV page 190. Talvart et Place VII page 220. BEL EXEMPLAIRE TRES FRAIS dans une reliure sobre de bonne facture, qui se marie bien à la noirceur du texte de Edmond de Goncourt, tout comme les illustrations de Paul-Louis Guilbert. Enrichi d'un croquis supplémentaire.