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In-8, broché sous couture, couverture de papier d'origine, (1) f. de faux-titre, 130 p. titre compris. "Seconde édition corrigée", publiée quelques semaines après l'originale (janvier 1789) de ce "brûlot politique" fondateur dans l'histoire politique de la France qui obtint un immense retentissement et rendit immédiatement son auteur célèbre. "Reprenant sous une forme amplifiée et théorisée les notions, nouvelles au XVIIIe siècle, d’utilité sociale et d’égalité civile, Sieyès identifie le Tiers à la nation, ensemble d’individus libres, également doués de raison et soucieux de la chose publique. Sieyès appelle le Tiers à se constituer en société politique pour composer enfin cette nation, c’est-à-dire une volonté générale, unitaire, imprescriptible, qui délègue des représentants en son nom" (Luce-Marie Albigès). (Bastid, 'Sieyès', p. 317 n° 6. R. Zapperi, éd. Droz, p. 92. Monglond, I, 197. Martin & Walter, IV, 31634. Cf. 'En français dans le texte', p. 191-193). Faux-titre et dernier feuillet un peu froissés et cornés, comportant quelques fissures marginales de papier sans perte. Exemplaire broché sous couture d'origine, entièrement non rogné, tel que paru. Bien complet du faux-titre qui manque souvent.
8 volumes demi-maroquin vert bronze de l'époque à petits coins, dos lisse orné de filets dorés, titre doré, monogramme "V.S.", 4 planches gravées. Tête de collection correspondant à la période durant laquelle Lavoisier collabora à la revue. On y trouve son 'Mémoire sur la combustion du fer' et, avec Berthollet, leur 'Rapport d’un mémoire de M. Chaptal sur quelques propriétés de l’acide muriatique oxygéné' (t. 1), ses 'Observations sur la platine et Eaux anti-incendiaires' (t. V), un extrait des Registres de l’Académie Royale des Sciences (t. VII). On y trouve également des articles d’Haüy, Chaptal, Ingen-Housz, Monge, Senebier, etc. "Since the 'Journal de Physique' was opposed to the new doctrines, Lavoisier participated in founding in 1789, the 'Annales de Chimie' at the suggestion of Adet in which papers on the antiphlogistic chemistry were published" (Partington). Les tomes 1 et 3 sont à l’adresse de l’éditeur Fugs et à la date de 1795. (Duveen, 23. Duveen & Klickstein, p. 12. Martin & Walter, V, 'Journaux', 67a. Partington, II, 495). Bon exemplaire, frais, bien relié à l’époque.
In-8 (195 x 124 mm), demi-basane fauve de l'époque, dos lisse orné de fleurons, filets et roulettes dorés, titre doré, tranches mouchetées, viij, 389 p. (faux-titre et titre inclus). Edition originale posthume de premier tirage, sans mention d’édition, publiée par Pierre Daunou et Sophie de Condorcet. "Jamais ce qu’il est convenu d’appeler les illusions du progrès n’a été exposé avec autant d’éloquence. Condorcet, à la veille de mourir par la faute de cette Révolution qu’il a préparée et servie, persiste et signe. Son testament est aussi celui des Lumières. Cette tentative d’embrasser d’un seul regard l’histoire de l’humanité pour y reconnaître les manifestations de la perfectibilité de l’esprit humain s’achève sur une extraordinaire évocation de l’avenir de l’humanité, où l’enthousiasme du philosophe s’unit à la sobriété du savant" (Alain Pons, GF, 1988). "La forme sous laquelle la pensée occidentale a assimilé l'idée que le XVIIIe siècle se faisait du progrès. Ceux qui vinrent après n'eurent d'autres alternatives que de reconnaître leur allégeance ou d'affirmer leur hostilité" (Frank Manuel, "Prophets of Paris", cité par Baker, 'Condorcet', p. 449). ('En Français dans le texte', 196. Martin & Walter, 8083. PMM, 246). Précédé de: LEQUINIO (Joseph-Marie). Les Préjugés détruits. Paris, Cercle social, 1793. (8), 367 p. Déchirure sans manque au faux-titre et travail de ver pp. 350-367. Exemplaire signé. Quelques rousseurs. Dos légèrement frotté. Un petit défaut de papier sans perte (p. 11). Très bon exemplaire, bien relié à l'époque.
Paris, Plon frères, imprimeurs éditeurs 1850 - 1854. 32 volumes grands in-8 reliés demi-basane violette, dos à nerfs, titre et tomaison doré. Ensemble parfaitement complet en 32 volumes, comrenant bien le volume d'introductione ainsi que les deux volumes de table. Avec des notes explicatives. Texte sur 2 colonnes, illustrations. Quelques dos légèrement frottés, un manque en dos des tomes 4 et 18, charnière faible au tome 21, néanmoins très bon ensemble à l'intérieur très frais.
In-8 (185 x 124 mm), demi-chagrin rouge, dos orné de filets estampés à froid surlignés de filets dorés, titre doré (rel. vers 1850), 194 p. faux-titre, titre, sommaire et errata compris, portrait gravé en frontispice. Edition originale, comportant la mention factice de "seconde édition" au titre, exemplaire bien complet de son feuillet d'errata. Portrait frontispice gravé de J.-B. Carrier. "Dans cet ouvrage publié à l'occasion du procès de J.-B. Carrier, l'auteur des noyades et massacres de Nantes, Gracchus Babeuf, père du communisme, soulève la question de la nature de la répression perpétrée par la Convention en Vendée. Ce livre doublement révolutionnaire, par son contenu et par son titre, se présente comme un réquisitoire très documenté et d'une incroyable modernité contre la politique dictatoriale menée par les Conventionnels et Robespierre" (Ed. du Cerf). Babeuf démontre que la guerre de Vendée est une guerre d'extermination, de destruction des personnes et des biens et dénonce un plan secret ourdi par Robespierre visant à réguler le rapport entre le nombre d'hommes et les ressources disponibles: le territoire français ne pouvant nourrir l'ensemble de sa population, il faudrait, par le biais de la Vendée, se débarrasser de la part excédentaire de cette population "surnuméraire". L'auteur forge le terme de "populicide" et dessine les contours de ce que le XXe siècle qualifiera de "génocide". (Monglond, III, 327. Martin & Walter, 949. Dommanget, 'Babeuf', n°17). Erreur de pagination sans manque, p. 152 à 155. Des feuillets bruns. Bon exemplaire, bien relié, non rogné.
Recueil de 14 pièces reliées en un volume in-8 (193 x 123 mm), cartonnage de papier marbré de réemploi à la Bradel (reliure signée Goy et Vilaine). La source principale pour l'histoire de la "fuite de Varennes", les 20 et 21 juin 1791. Cet exemplaire contient le recueil complet des procès-verbaux et annexes publiés par l'Assemblée nationale durant l'épisode même. Ils rendent compte en détail des événements et des réactions des autorités politiques, militaires et administratives, jour par jour, sinon heure par heure. Louis XVI, Marie Antoine et la famille royale quittèrent clandestinement les Tuileries dans la nuit du 20 juin 1791 pour tenter de rejoindre la place forte royaliste de Montmédy, à partir de laquelle le roi espérait lancer une contre-révolution. Mais l'opération tourna court et la berline royale fut interceptée en chemin, dès le lendemain, à Varennes-en-Argonne, L'épisode marque un tournant décisif dans le cours de la Révolution française, en précipitant l’abolition de la monarchie et l'établissement d'un régime républicain en France. Éminemment romanesque, il a inspiré nombre de romans et de films. Quelques auréoles, quelques rousseurs et petites taches éparses, 4 feuillets brunis. Très bon exemplaire, très bien relié.
In-8 (171 x 100), plein veau havane marbré de l'époque, dos lisse orné d'un décor de compartiments garnis de palettes, petits fers et fer à l'urne répété au centre, pièce de titre de maroquin bordeaux, tranches mouchetées jaunes, (4), iv, 415 p. Edition originale du deuxième ouvrage d'Etienne de Senancour, paru comme le premier anonymement, sous le pseudonyme du "Rêveur des Alpes". Du fait de sa rareté, cet ouvrage avait échappé aux principaux spécialistes et bibliographes de Senancour (Brunet, Vicaire, Carteret, Escoffier, Clouzot et Merlant, auteur de la bibliographie de référence), jusqu'à sa redécouverte par André Monglond en 1931, alors qu'il préparait sa 'France révolutionnaire et impériale' en consultant l'unique exemplaire de la bibliothèque de Genève. Oeuvre d'un jeune homme de 23 ans, en proie à une crise existentielle, matérielle et morale profonde, l'ouvrage est marqué d'un profond pessimisme, au point qu'on a parlé à son propos de "nihilisme radical" (Marcel Raymond). Senancour, grand lecteur de Rousseau, mais sans dieu ni foi dans la perfectibilité humaine, dénonce les liens entre propriété et oppression, s’oppose à l’optimisme des Lumières et combat la croyance au progrès, en proclamant "le néant de l’ordre social". L’histoire, les sciences et les dogmes religieux sont renvoyés au rang "d'absurdités humaines", formule qui fournit le sous-titre de cet ouvrage. La critique moderne relève - en particulier dans le troisième chapitre: "Surface de la Terre modifiée par l'homme" - des thèses prophétiques sur l’écologie, la destruction par l'homme de son milieu, jusqu'à l'annonce du dérèglement climatique; l'auteur appelle à une "rétrogradation" comme seule issue. Selon Monglond (in "Journal intime d'Oberman", 1947, p. 102), cette édition a été imprimée à Neuchâtel chez Louis Fauche Borel et non à Paris, comme mentionné sur le titre. (Monglond, II, col. 952). Coins légèrement émoussés. Bel exemplaire, très frais, bien conservé.
In-8 (205 x 127 mm), demi-veau havane de l'époque, dos lisse orné de larges résilles dorées et de caissons garnis d'un fer spécial au centre, filets et roulettes dorées, pièce de titre de maroquin bordeaux, vi, (2) p. d'errata, 693 p. Edition originale du premier livre de Chateaubriand, d'une grande rareté. Maurice Chalvet, dans son étude de 1963, avait recensé 25 exemplaires dont 7 de la première émission à laquelle cet exemplaire appartient. Composé à Londres en 1793, et achevé dans le Suffolk, 'l'Essai sur la révolution' a été imprimé en 1796 et publié l'année suivante. L'ouvrage, reçu dans l'indifférence, se solda par un échec commercial. "En dédiant son livre à tous les partis, Chateaubriand pouvait être assuré de déplaire à tous, chacun prenant pour une injure ou une trahison ce qui pouvait être favorable aux autres" (Ghislain de Diesbach, 'Chateaubriand', p. 111). Dans cet ouvrage composé sous l'influence des philosophes du XVIIIe siècle, Chateaubriand reprend les arguments de la pensée rationaliste contre la foi chrétienne, mais rejette l'idée de progrès et construit son modèle politique en postulant que l'histoire se répète. Le passé offre ainsi un réservoir de modèles qui peuvent permettre de rendre le présent intelligible. S'il rejette l'Ancien Régime qui s'est suicidé, il dénonce les horreurs de la Révolution dans sa phase radicale et les effets pervers, selon lui, des Lumières. "C'est en vain que nous prétendons être politiquement libres", "nous voyons à quel point l'esprit systématique peut nuire aux hommes" (p. 574). "L'Essai, écrira-t-il dans les 'Mémoires d'outre-tombe' offre le compendium de mon existence, comme poète, moraliste, publiciste et politique". ('Des livres rares depuis l'invention de l'imprimerie', BnF, 1998, n° 200) Selon Maurice Chalvet, qui cite ce volume ("Les exemplaires connus de l'édition princeps de l'Essai sur les Révolutions", in 'Le Livre et l'Estampe', n° 36/1963, p. 10-11, exemplaire n°6): "il présente la particularité d’offrir des notes marginales contemporaines émanant d’un républicain déiste (...). Nous n’avons pu en identifier l’auteur". Manque un tableau (p. 338-339) sur deux. Celui page 512-513 est bien présent. Quelques taches, piqûres et auréoles. Quelques accrocs de papier sans atteinte. Le dernier feuillet est renforcé par un onglet au fond. Petite galerie de ver au fond des p. 681-684. Les notes et commentaires contemporains dans les marges sont préservés par des replis de feuillets. Bon exemplaire, bien relié à l'époque.