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In-8, broché, couverture de papier moucheté moderne, 8 p. (qqs. rouss.) Edition originale de ce rapport historique. Chénier propose à la Convention deux décrets qui seront votés le 16 thermidor suivant (3 août 1795). Il établit un Conservatoire de musique "dans la commune de Paris pour exécuter et enseigner la musique" composé de 115 artistes, détaille son organisation, ses institutions, sa bibliothèque et les conditions de recrutement des professeurs et des élèves. Le conservatoire est investi d’une double mission: participer à la célébration des fêtes nationales et former gratuitement des élèves des deux sexes dans "toutes les parties de l’art musical". Ce rapport est à l’origine de l’institution telle que nous la connaissons : l’Institut réorganisé prit le nom de Conservatoire national de musique, devenu le CNSMDP. (Martin & Walter, I, 7303). Bon exemplaire.
2 tomes reliés en un volume in-8, plein veau de l’époque, dos à nerfs orné d’un fer "soleil" doré entre-nerfs, pièce de titre de maroquin bordeaux, palette guillochée en pied, plats encadrés d’un filet doré, tranches rouges, (22), 281, (3) p., (1) f. blanc et (1) f. de titre gravé, (16), 192, lxxxix, (3) p., 2 titres frontispice gravés, 3 planches hors texte, bandeaux, culs-de-lampe, lettrines. Première édition collective illustrée de trois titres gravés avec arabesques et une figure, dessinés et gravés par Scotin. Poète, librettiste, polémiste et auteur dramatique, reconnu pour ses travaux littéraires, Pierre Charles Roy était loué pour la "grâce du sentiment et la musique de ses vers". Au cours d’une longue et turbulente carrière littéraire qui le mena plusieurs fois à la Bastille et à Saint-Lazare, il s’affronta à Voltaire et composa plusieurs livrets d’opéra célèbres dont "Callirhoë" et le ballet "Les Éléments". (Cohen, 914. 'Dictionnaire des lettres françaises', p.117). Au bas de la p. xxxii des ‘Discours’ figure ce qui semble être la signature autographe de l’auteur. Coiffe supérieure usée, mors fendillés, qqs taches éparses. Très bon état intérieur, exemplaire solide.
In-8, pleine basane marbrée, dos lisse orné de compartiments dorés, filets d'encadrement à froid sur les plats, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges (pet. départ de fente au mors sup.), xxx, (2), 124 p., rouss. et auréoles marginales, une planche, vignettes en bandeau. Edition ornée d'une planche légendée : "Puits d'amour" et de 3 en-têtes non signés, précédée d'un "Essai sur les progrès de la langue française". Les pages 97 à 124 contiennent de la musique gravée de Philidor (pseud. de A.-F. Danican) et de Antoine Albanese. "Véritable chef-d'oeuvre en miniature, perle précieuse montrant que Sauvigny s'était assimilé à un degré remarquable la manière ingénue de nos anciens poëtes et conteurs français" (Pierre Larousse). (Cf. 'Billardon de Sauvigny et l'innocence perdue du premier âge' in : 'Dix-Huitième Siècle', n° 26 (1994), pages 468-469). (Cohen, 148, Gay, II, 486).
Grand in-8, broché, xii, (2), 329 p., exemplaire non coupé. Edition originale et unique illustrée de "80 figures d'idées et exemples géométriques et musicaux". Elève de Massenet et admirateur de Wagner, Émile Chizat (1855-1924) obtint, comme compositeur un grand succès populaire. Il livre ses théories d'une "esthétique musicale nouvelle" fondée sur une cosmogonie singulière qui le rattache aux "fous littéraires". "Son approche consiste à une révision du premier type de musique planétaire qui compare les distances des planètes aux intervalles sur une corde hypothétique. Contrairement aux théoriciens grecs et médiévaux, dont le système musical a été limité à deux ou trois octaves, Chizat trouve faut plus de sept octaves pour transcrire les intervalles des planètes de Mercure à Neptune, y compris les astéroïdes Hungaria, Vesta, Cérès, Psyché, et Ismène, et de découvrir qu'ils se mettaient en place en un accord majeur gigantesque" (cf. J. Godwin, ‘L'ésotérisme musical en France’, 1991, p. 187 sq.). Couverture défraîchie, un mors fendu. Intérieur très frais, Exemplaire non coupé. Rare.
6 pièces reliées en un volume in-8, plein veau marbré de l'époque, dos lisse fleuronné et cloisonné, 4 pièces de titre de maroquin bordeaux, coupes filetées, tranches rouges. Recueil de 6 vaudevilles et comédies légères, composés par Racot de Grandval, illustrés de planches et bandeaux gravés, accompagnés de partitions, paroles et musiques. Compositeur, claveciniste et auteur dramatique, Nicolas Racot de Grandval (1676-1753) rejoignit Dancourt à la Comédie-Française. Dans le même temps, il accompagnait, au clavecin, la plupart des divertissements et ballets donnés à Versailles. Auteur de nombreuses comédies, il composa également la musique de plusieurs pièces, notamment pour Dancourt et Marc-Antoine Legrand. Rousseurs, mors lég. frottés, sinon bon exemplaire, bien relié à l'époque.
In-8, broché, dos anciennement renforcé, (2) f., xxvj, 396 p., grand tableau dépliant (2 f. d'index et privilège manquent, auréoles claires aux prem. f.), lettre manuscrite de l'époque interfoliée. Edition originale. "Jamard developed a system based on the harmonic series of the hunting-horn (…). The 'Théorie' had some followers' (notably Jamard and Abbé Feytou) and won Rousseau's praise" (Grove Music Online). (Bibliothèque Cortot, p. 97. Fétis, 5812. Gregory, p. 130. G. Kaucher, ‘Les Jombert’, n°441). Intéressant exemplaire comportant un ex-libris "M. Gressent, conseiller au parlement" [de Rouen], quelques annotations et une lettre manuscrite : "Je venais d'être reçu conseiller au parlement lorsque parut ce livre…". Gressent raconte sa rencontre avec Jamard et relate les difficultés que celui-ci rencontra pour retrouver un exemplaire de son propre livre, après qu'il eut été dépossédé de sa bibliothèque lors de la Révolution. 2 derniers feuillets d'index et privilège manquent. Exemplaire entièrement non rogné.
In-8, broché, couverture de papier bleu moderne, (4), 43 p. Seconde édition augmentée, parue un an après l’originale. Compositeur, vielliste virtuose, fils d'un facteur de vielle considéré comme ayant révolutionné la lutherie de l'instrument, Charles Bâton prend la défense de la musique française contre les attaques de J.-J. Rousseau. "Une des meilleures pièces qu’on ait publiées dans la Querelle des Bouffons", selon Fétis ('Dictionnaire des musiciens', II, 79). (Conlon, 'Rousseau', 1076. Gregory, p. 26. Fétis, 3952. RISM, B.VI.1, p. 123. Soleinne, 566). Bon exemplaire, frais, grand de marges.
4 volumes in-8, demi-veau vert sapin, dos lisses ornés de triples filets dorés, titres et tomaisons dorés, tranches citron (rel. vers 1850). Recueil des principaux articles publiés dans la "Gazette Littéraire de l'Europe" ainsi que dans le "Journal des étrangers", par François Arnaud et Jean Baptiste Antoine Suard, fondateurs et rédacteurs historiques de ces périodiques, entre 1764 et 1766, augmenté de plusieurs articles qui ne figuraient pas dans l'édition originale. Ambitionnant d'élaborer un périodique culturel encyclopédique de "référence", les auteurs obtinrent le soutien actif du gouvernement et du ministère des Affaires étrangères et un large rayonnement international. Outre les articles d'Arnaud et de Suard, La "Gazette littéraire" comptait parmi ses rédacteurs Diderot, Voltaire, le baron d'Holbach, Morellet, Saint-Lambert, etc. De nombreux articles concernent la musique et l'opéra, sujet privilégié de François Arnaud, mais aussi beaux-arts, sciences de la vie, littérature et poésie, théâtre, médecine, philosophie, voyages, etc., etc. Chaque volume s'achève par une table. (Hatin, 'Bibliographie de la presse périodique française', p. 48). Quelques auréoles et quelques rousseurs. Bon exemplaire, bien relié.
2 volumes in-8, plein veau porphyre de l'époque, dos lisses ornés de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièces de titre et de tomaison de maroquin bordeaux et havane, (4), 252 p., (3) p. de table et errata et (4), 231 p., (8) de table, errata et privilège, 17 p. de catalogue éditeur, vignettes de titre gravées. Edition originale de cet important ouvrage sur l'esthétique consacré, pour la moitié, à la musique, mais aussi : "parole", danse, peinture, sculpture, architecture, achevant de donner une perspective encyclopédique du sujet. Estève adopte un point de vue strictement sensualiste: les mouvements matériels des sensations sont les principes primitifs des sentiments qui se communiquent à l'âme. Dès lors, le seul guide en matière d'appréciation artistique ne peut être fondé que sur les "principes les plus vrais de la sensibilité". Contre Rameau, il remet en cause l'application du principe de l'imitation en musique et développe une explication physique originale du phénomène des consonances. L'ouvrage est cité comme une source notable de la doctrine de Rousseau en matière de théorie musicale. "Cet essai occupe une place charnière dans l'évolution de la notion d'imitation des passions et marque le passage à de nouvelles conceptions et à de nouveaux discours sur les arts" (cf. B. Cannone, 'Philosophies de la Musique', Klincksieck, 1990, passim). François Estève (1720-1790) était médecin et membre de l'Académie des sciences de Montpellier. (Corot, p. 72. Fétis, III, 160. B.A. Elkner, 'Pensée esthétique en France au XVIIIe', Slatkine, 1971, p. 65-67). Accrocs aux coiffes avec manques. Bon exemplaire. Intérieur très frais.
3 volumes in-8, plein veau raciné de l'époque, dos lisses ornés de compartiments garnis d'un jeu de filets perlés, filets gras et petit fleuron central répété, pièces de titre et de tomaison de veau noir et havane, roulette dorée sur les coupes, (4), lxxxvi, 308 p.; (4), 440 p. et (4), 328 p. Edition originale et unique. "Bonne source d’informations sur les spectacles parisiens et les querelles littéraires de l’époque. À travers la correspondance de Favart avec Voltaire, et avec l’abbé de Voisenon, il est possible de comprendre leurs positions respectives au sujet de nombreux problèmes liés à l’écriture dramaturgique (…). Egalement important concernant ses relations internationales (Goldoni, Garrick, Monnet), ses spectacles et, en général, l’art théâtral au XVIIIe siècle" (Flora Mele, 'L’Atelier dramatique de Ch.-S. Favart', thèse, Paris Sorbonne, 2008). Auteur dramatique et librettiste à succès Ch.-S. Favart (1710-1792) obtint la direction du théâtre de la Monnaie à Bruxelles (1746-1748) puis de l'Opéra-Comique. Ses oeuvres connurent une énorme popularité à travers toute l'Europe. Quelques brunissures. Bon exemplaire, très bien relié à l'époque.
In-8, broché sous couture, couverture d'attente, 72 p., faux-titre et titre compris., exemplaire non rogné. Nouvelle édition de cet ouvrage, développement d'un projet que l'auteur avait soumis au Comité d'instruction publique, alors qu'il était employé de la Commission exécutive. Théorisant autour de l'universalité de la musique et de son utilisation pour atteindre les objectifs révolutionnaires de "régénération publique", l'auteur soumet un vaste projet visant à propager la musique et son enseignement, sous forme d'un maillage d'hommes et d'institutions répartis à travers tout le territoire national. "No author of the revolutionary decade understood this logic better than Jean-Baptiste Leclerc. He shared the view that music possessed the power to make all minds one in the nation - it produced 'simultaneous and unanimous affections among the masses – he wrotes'" (cf. longue analyse in James H. Johnson, 'Listening in Paris. A Cultural History', U. of California Press, 1995, p. 136 et passim). Né à Angers, Jean-Baptiste Leclerc (1756-1826) fut élu député à l’Assemblée constituante, puis à la Convention. Emprisonné sous la Terreur, il siégea au Conseil des Cinq-Cents. Il a joué un rôle décisif dans la création du Conservatoire National de musique en 1798 et fut l'un des principaux théoriciens des hymnes révolutionnaires. (Monglond, IV, 719. RISM, B. VI1, p. 490). WorldCat ne recense que 2 exemplaires de cette édition dans le monde (BnF et Nederland Muziek Instituut). Très bon exemplaire, très frais, entièrement non rogné, tel que paru.
In-8, plein veau porphyre de l'époque, dos à 5 nerfs fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, triple encadrement de filets dorés fleuronnés aux coins sur les plats, coupes filetées, tranches marbrées, roulette intérieure, (6), 224 p. Edition originale (une contrefaçon parut simultanément). "Auteur et comédien, Dancourt excellait dans les rôles d'Arlequin. Le meilleur de ses ouvrages (…), apologie de la comédie et des comédiens, en réponse au discours de Rousseau contre les spectacles. Le titre 'd'Arlequin de Berlin' est pris pour parodier celui de 'citoyen de Genève'. Ce livre est le plus estimé sans contredit de ceux qui parurent en réplique à la lettre de Rousseau" (Michaud, 'Biographie universelle', X, 89). "Réplique mordante à Rousseau ('Lettre à D'Alembert') depuis le point de vue d'un comédien, d'un homme qui a une connaissance approfondie du répertoire, l'expérience de la scène et celle des réactions du public. Il prend le temps de citer point par point Rousseau mais aussi de nombreux textes de théâtre à l'appui de sa démonstration" (Nathalie Ferrand, "Le dernier état de la 'Lettre à D'Alembert sur les spectacles'", Genesis, 34, 2012, p. 135 sq.). (Conlon, 'Ouvrages français relatifs à Rousseau', n°120). Bel exemplaire, très bien relié à l'époque.
Grand in-4 (312 x 225 mm), demi-chagrin brun de l'époque à grands coins, dos à 5 nerfs, titre doré, couverture conservée (reliure de l'éditeur), xvi, 346, (2) p. Edition originale. "Ouvrage Illustré de 14 lithographies originales de Fantin-Latour, 15 portraits de Wagner, 4 eaux-fortes et 120 gravures : scènes d'opéras, caricatures, vues de théâtres, autographes, etc", ensemble sous serpentes. Historien du théâtre lyrique et un critique musical, Adolphe Jullien (1845-1932) fut l'un des premiers et des plus enthousiastes défenseurs de la musique de Richard Wagner. "La vie qu’il a publiée de Wagner n’est pas seulement un monument d’informations précises et érudites, mais une revue complète et, dans la plupart des cas, juste de toutes ses oeuvres, tandis que la collection de caricatures et les autres illustrations rendent le livre extrêmement amusant". (Silège, 'Bibliographie wagnérienne française', p. 24). Dos légèrement frotté. Bon exemplaire, non rogné, bien conservé, les couvertures originales ont été préservées.
2 tomes reliés en un volume in-8, plein veau moucheté de l'époque, dos lisse orné de cloisons fleuronnées, pièce de titre de maroquin rouge, coupes et coiffes filetées, tranches rouges, xxxij, 206 p., frontispice et une planche de musique et (4), 227 p, 3 planches gravées hors-texte. Nouvelle édition, considérablement augmentée, de cette importante relation de voyage consacrée à la Corse, à l'Italie et à la Tunisie, composée en français. La première édition (1774) est une brochure de 142 pages. L'auteur, le comte Maximilian Joseph von Lamberg (1729-1792) avait été chambellan de Frédéric le Grand. Homme des Lumières, doté d'une culture encyclopédique, philosophique comme scientifique il était en relation avec les grands esprits européens de son temps, David Hume, d'Alembert, Voltaire, Haller, Casanova, Algarotti… En 1769, il quitta son poste pour effectuer un vaste périple de trois ans en Corse, en Italie et à Tunis, qu'il relate dans cet ouvrage. Une importante partie du premier volume est consacré à la Corse: "Récit de voyage peu de temps après l'annexion de l'île. Il raconte son voyage en bateau de Livourne à Bastia puis son séjour chez le comte de Marbeuf. Il fait un rappel de l'annexion et s'attarde sur le personnage de Pascal Paoli et son frère Clément. Il établit un tableau de la Corse et de ses habitants en 1774, évoque les richesses de l'île et les traits de caractère de sa population : la sobriété, le goût de la vengeance, les superstitions..." (Universita di Corsica, CNRS en ligne). Le second volume contient des mémoires sur des sujets scientifiques et économiques, mais aussi d'ésotérisme, ainsi qu'une correspondance. (Starace, 'Bibliografia della Corsica', 4328). Traces de restaurations à la reliure. Petit accroc de papier à la dernière page. Très bon exemplaire, très frais, relié à époque, grand de marges.
In-folio (326 x 256 mm), plein vélin teinté vert de l'époque, dos lisse, pièce de titre de maroquin bordeaux, (1) f. de titre, (1) f. de 'catalogue de musique Deslauriers', 211 p. entièrement gravées. Edition originale partagée avec le "Bureau du Journal de Musique" de cet opéra en quatre actes que Gluck composa sur un livret de Nicolas-François Guillard, représenté pour la première fois à l'Académie Royale de Musique le 18 mai 1779. Les répétitions de l'opéra de Gluck furent suivies avec passion. Le jour de la première, le 18 mai 1779, Marie-Antoinette vint en personne à l'Opéra où elle fut reçue selon le cérémonial ancien, précédée jusqu'à sa loge par les directeurs de l'Opéra porteurs de flambeaux. Le livret de Guillard est inspiré de "L’Iphigénie en Tauride" de Claude Guimond de La Touche, librement repris d'Euripide. (Fétis, 2682. Hopkinson, ‘Bibliography of the Works of Gluck’, 46A(a). RISM A/I/3 G2816). Exemplaire de "prix de chant", offert en 1812, comportant cette mention sur la pièce de titre de maroquin. Exemplaire bien relié en vélin teinté vert de l'époque, légèrement débroché, quelques rousseurs.
In-folio (323 x 250 mm), plein vélin teinté vert de l'époque, dos lisse, (1) f. de titre, (1) f. "catalogue de musique Deslauriers", 279 p., entièrement gravé. Edition originale partagée avec le "Bureau du Journal de Musique" de cet opéra que Gluck considérait lui-même comme son chef-d'œuvre et qu'il composa sur un livret de Philippe Quinault, d'après "Gerusalemme liberata" du Tasse, livret déjà mis en musique par Lully en 1685. Représenté pour la première fois le 23 septembre 1777 à l'Académie Royale de Musique, il s'agit du quatrième opéra de la "période parisienne" de Gluck. C'est à l'occasion de la représentation de cet opéra que la querelle entre gluckistes et piccinnistes éclata. (Fétis, 2683. Hopkinson, ‘Bibliography of the Works of Gluck’, 45A. RISM A/I/3 G2679). Provenance : Jean-Frédéric-Auguste Lemiere de Corvey (1771-1832), avec petite signature à la plume "J.F.A. Le Miere, rue Grammont n°13". Compositeur et professeur de musique, également officier dans les campagnes napoléoniennes et spécialiste de tactique militaire, il est l'auteur de nombreux opéras comiques (cf. Grove online, art. "Lemiere" et Fétis, 'Biographie des musiciens', V, 265). Grande étiquette de veau brun de l’époque sur le plat supérieur: "Romagnat". Petite étiquette ancienne imprimée de librairie "Leduc... magasin de musique ancienne & moderne...". Accrocs de vélin au dos avec manques. Bon exemplaire, frais, entièrement gravé sur cuivre, imprimé sur papier fort.
3 volumes in-8 (199 x 120 mm), plein veau raciné de l'époque, dos lisses ornés d'un riche décor Directoire de compartiments alternativement garnis d'une résille et d'un grand fer à l'urne, guirlandes et filets dorés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge et bronze, tranches citron, (4), viij, 441 p. ; (4), xxij, 419 p. et (4), iv, 516 p. Edition originale des tomes II et III et édition augmentée du tome I d’abord seul paru en 1789. L’ouvrage est imprimé par ordre du gouvernement et soutenu par une pétition des compositeurs de l’Institut national de musique (Méhul, Chérubini, Gossec, Devienne, etc…). Créé en 1793, il deviendra le Conservatoire National Supérieur. Alors au fait de sa gloire comme compositeur, Grétry prend modèle sur les Confessions de Rousseau pour livrer une autobiographie, une oeuvre de moraliste en même temps qu’un essai de musicologie et une analyse de ses propres compositions. Le second volume contient ainsi une "analyse des passions et des caractères" dans leur application à la musique. Le troisième est consacré aux "institutions politiques, considérées dans leurs rapports avec l’art musical", à la composition et à l’esthétique musicale ainsi qu’à une étude sur les liens entre "idées abstraites" et "art musical". L’ouvrage s’achève sur des considérations sur l’avenir de la musique en Europe et sur un récapitulatif exhaustif, par l’auteur, de ses propres oeuvres sous forme de tableau détaillé (titres, auteurs des paroles, lieux des représentations et la place de leur analyse dans le livre). Nombreux exemples de musique notée dans le texte. (Brunet, VIII, 10185. Fetis, 4867. Gregory, p. 113). Petits accrocs aux coiffes et coins. Très bon exemplaire, très frais, bien relié à l’époque.
13 livraisons de 4 p. chacune, réunies en un volume in-4, plein cartonnage de l’époque, 52 p. (pagination continue), texte sur 2 colonnes, 13 caricatures lithographiées à pleine page. Journal créé au moment de l'organisation de la Garde Civique dans la ville de Louvain, avec l'ambition d'agir sur les premières élections. "Nous recherchons, quels sont, dans notre cité, les hommes les plus dignes de marcher à la tête de notre garde bourgeoise…". Compte-rendu des événements, commentaires, les élections et les résultats avec la composition exhaustive de la Garde Civique, dispositions législatives, courrier des lecteurs et annonces… Une caricature accompagne chaque livraison. "Publication très curieuse et très recherchée" (cf. Alfred Berrewaerts, 'Recherches sur la presse périodique louvaniste', L. Braeckmans, 1904, p. 44-45). Contient, relié en tête, la partition avec paroles et musique sous couverture illustrée d’une "Marche dédiée à la Garde-Civique Belge" par Emile Colbeau et Auguste Tennstedt, entièrement lithographiée par P. Barella à Louvain, 1848. Cartonnage légèrement frotté avec quelques accrocs. Bon exemplaire.
2 opéras reliés en un volume in-folio, plein vélin vert de l'époque, dos lisse, pièce de titre de veau bordeaux, armes dorées en pied, triples filets dorés d'encadrement sur les plats, tranches rouges, entièrement gravés sur cuivre par Hue. Recueil de deux opéras représentés en 1764, reliés ensemble à l’époque, paroles et musique. 1- Edition originale. Selon Grimm et Sedaine lui-même, il fallut plusieurs représentations avant que l’œuvre ne rencontre le succès public, succès qui ne se démentit pas, jusqu'à devenir une "référence" pour les opéras-comiques qui suivirent. "Two young peasants crossed in love. Rather than representing a backward step after the powerful and tormented language of 'Le roi et le fermier', 'Rose et Colas' was an attempt to convey the quintessence of traditional opera comique - and perhaps to outdo Favart on his own ground" (cf. Noiray, in Grove Online). (RISM, AI, P 1894). 2- Edition originale. "Après 'Le Sorcier' (1764) Philidor devint le premier compositeur à être appelé sur la scène de la Comédie-Italienne (…) et sa carrière atteint son apogée" (cf. Julian Rushton, in Grove Online). (RISM, AI, M 3272. Fétis, 2701 à l’adresse Des Lauriers). Quelques petits accrocs à la reliure, qqs rousseurs. Bon exemplaire bien relié en vélin vert à l’époque.
2 ouvrages reliés en un volume in-8, demi-basane vert bronze, dos lisse orné de filets et palettes dorés (rel. ca 1850). 1- Edition augmentée de l'important "Discours préliminaire", bien complète des 10 planches hors-texte de musique. Sur cet ouvrage et la rupture introduite par le 'Discours préliminaire' cf. F. Escal, 'D'Alembert et la théorie harmonique de Rameau', revue Dix-huitième siècle, n°16 - "D’Alembert", p. 151 sq. (Gregory, p. 11. Cette édition manque à Cortot et à Fétis). 2- Deuxième édition, à la date de l'originale, avec les fautes corrigées. "Le traité de l’abbé Roussier décrit la formation des accords, donc de l’harmonie, qu’il convient de maîtriser parfaitement pour jouer une partie de basse continue" (Expo. virtuelle, Bibliothèque de Toulouse). "As a proponent of Rameau's theorie, his goal was to reduce fundamental bass rules to a rigorous system that avoided speculative propositions. This 'Traité des accords' is a compendium of chords and laws: thoroughbass chords are methodically described, related to three basic fundamental chords, and then labelled by a letter-plus-number notational system that indicates a chord's root and hierarchy in the scale. Roussier diverged from Rameau on the issue of double emploi" (Grove Music Online). (Cortot, p. 173. Gregory, p. 238. Cette édition manque à Fétis).
2 ouvrages reliés en un volume in-8, plein veau de l'époque, dos à 5 nerfs fleuronné et cloisonné, tranches rouges. 1- Edition originale. La réponse de Rousseau à l'article "Genève" qui venait de paraître dans l'Encyclopédie, dans lequel D'Alembert suggérait des réformes pour la ville de Genève: projet pour une "cité philosophe" de liberté politique et culturelle, notamment par la levée de l'interdiction d'un théâtre permanent. Rousseau résume dans sa critique tout ce qu'il dénonçait déjà comme une illusion: "le théâtre comme école de l'hypocrisie, le bel esprit, la civilité telle qu'on la conçoit à Paris sont inconciliables avec les mœurs de véritables citoyens. Ses thèses sur les spectacles ne sont qu'un aspect de sa réflexion sur la modernité: à quelles conditions la république est-elle possible ? Comment lier adéquatement morale, esthétique et politique" (B. Bachefen, ENS éditions). (Gagnebin, V, 1812. Tchemerzine-Scheler, V, 535). 2- Edition originale et unique de cet ouvrage composé par Paul-Antoine Nolivos de Saint-Cyr, qui rencontra Rousseau à Venise. Membre de la "coterie holbachique", l'auteur était un proche de madame d'Holbach. Devenu "Laval", comédien aux portes de Genève, il mène ici une polémique ardente pour "venger" d'Alembert et Voltaire de la 'Lettre sur les spectacles' de Rousseau. "Apologie de la comédie et des comédiens en réponse à Rousseau. C'est sans contredit le meilleur de tous les ouvrages qui parurent en réplique à cette lettre" (Quérard, 'Supercheries littéraires', 1847, II, n°3889). (Conlon, 'Ouvrages relatifs à J.-J. Rousseau', n°87. Soleinne, 'Bibliothèque dramatique', V, I, n°674). Quelques épidermures. Coiffes restaurées. Mors frottés et fendillés. Intérieur frais.
In-12 (152 x 86 mm), plein veau glacé de l'époque, dos à 5 nerfs orné de caissons fleuronnés et cloisonnés garnis d'une pièce d'armes à l'écureuil répétée entre nerfs, pièce de titre de maroquin bordeaux, tranches rouges, (24), 493, (4) p. de privilège et errata, (1) f. blanc, planche frontispice gravée et 4 planches de musique dépliantes gravées. Edition originale ornée d'un frontispice gravé de Clouzier (Richard Cœur de Lion en prison) et de quatre planches de musique notée. Au recto de la 21e page non chiffrée: "Les Airs (…) ne sont point d'un maître de musique, ils sont de Monsieur Chéron de Rochesources, qui joint à l'heureux naturel qu'il a pour la poésie, le talent de composer une musique gracieuse digne des meilleurs maîtres de ce bel art". Le privilège à la fin donne le nom de l'auteur du texte : "Demoiselle l'Héritier". Les contes sont supposés avoir été écrits par Richard de Lion depuis sa prison pour se désennuyer. "Nourrie de littérature, Marie-Jeanne L’Héritier de Villandon (1664-1734) se distingue par une œuvre, véritable produit des salons qu’elle fréquente assidûment en compagnie de Charles Perrault, son oncle, Mme d’Aulnoy, Melle de Scudéry (…). Elle joue un rôle précurseur dans la mode du conte merveilleux (…). Son conte le plus connu "La Tour ténébreuse et les jours lumineux" contient également le conte de Ricdin-Ricdon. On doit [à cette autrice] d’avoir lancé le genre dans les salons des précieuses, d'en avoir défendu la modernité et d’avoir encouragé Charles Perrault dans la voie du conte de fées" (Expo. BnF en ligne, "Les contes de fées"). Quelques petites rousseurs éparses. Rature à l'encre à la première garde blanche. Provenance: la famille du surintendant Nicolas Fouquet avec ses pièces d'armes à l'écureuil dorées entre-nerfs. Ce fer héraldique a pu être utilisé après sa mort par ses descendants (cf. OHR, 1938-6) et marquis de Quineye Saint Maurice avec ex-libris manuscrit (XVIIIe).
In-12 (197 x 132 mm), demi-percaline vert olive de l'époque à la Bradel, titre de maroquin bordeaux en long, couverture imprimée conservée, (2), 73 p. Première édition et unique française de librairie de 'Deutsche Kunst und deutsche Politik', dans la traduction de l'homme de lettres bruxellois Jules-Louis Guilliaume (1825-1900), précoce et fervent défenseur de la musique Wagner et du wagnérisme théorique. La publication, commencée par articles dans la "Süddeutsche Presse" en octobre 1867, fut interrompue quelques mois plus tard par ordre du gouvernement bavarois, avant d'être imprimée sous forme de livre. Quant à cette traduction française, elle parut initialement sous forme d'articles dans le "Guide musical" de Bruxelles (1867-1868). Wagner y développe son idéal d'un renouveau nationaliste de la culture allemande adossé à un plaidoyer opportuniste en faveur de son nouveau mécène Louis II. C'est également dans cette série d'essais que Wagner formalise, pour la première fois, sa théorie de l'opposition entre "culture" allemande et "civilisation" française. En se démarquant de ses influences "romanesques", l'art allemand incarné par son "drame musical" porteur de la vigueur d'esprit et la force d'âme requises, fera prévaloir une culture "plus élevée" contre laquelle la civilisation française n'aura plus de pouvoir. L'objectif premier de l'essai, infléchir la politique culturelle de Louis II, ne sera pas atteint. (Henri Silège, 'Bibliographie wagnérienne française', p. 16). Petite réparation en pied de la couverture sans perte. Rousseurs éparses. Bon exemplaire, non rogné, couvertures conservées.
2 volumes in-8, plein veau moucheté de l’époque, dos à 5 nerfs ornés de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièces de titre et de tomaison de maroquin bordeaux, plats encadrés de triples filets dorés, roulette dorée sur les coupes, tranches rouges, (2) f., (54), 424, (4) p. et (2) f., (8), 428 p., 2 titres-frontispice gravés sur cuivre. Première édition collective publiée six ans après la mort de l’auteur par Paul Tallemant, ornée de deux titres-frontispice gravés sur cuivre par Le Doyen. Le premier volume renferme les Sonnets, dont les 'Métamorphoses' d’Ovide en Rondeaux, et les Madrigaux. Le second tome 'Les vers des balets dansez par Sa Majesté' [sic] ainsi que 'Discours sommaire de monsieur L. T. [i.e. Paul Tallemant] touchant la vie de Monsieur de Benserade'. Le privilège présente cette particularité qu’on y trouve, sur 4 pages, un éloge enflammé de Louis XIV envers le poète, témoin de la brillante jeunesse et des premières amours du Roi Soleil. Protégé de Richelieu, du duc de Brezé, puis de Mazarin, Benserade fut pensionné par la reine, fréquenta l’hôtel de Rambouillet et déclencha la querelle des Jobelins et des Uranistes, à l’origine de la querelle des Anciens et des Modernes. Membre de l’Académie française, Isaac de Benserade est l’un des représentants les plus emblématiques de la préciosité au XVIIe s. (Tchemerzine-Scheler, I, 622-623). Petit défaut à un mors. Très bon exemplaire, dans sa première reliure.
7 volumes in-12 (166 x 98 mm), plein veau porphyre de l'époque, dos à 5 nerfs guillochés or, ornés de compartiments fleuronnés et cloisonnés, plats encadrés de triples filets dorés, filet sur les coupes, pièces de titre et de tomaison de maroquin bordeaux, tranches rouges. Edition originale de ce dictionnaire alphabétique du théâtre qui couvre les XVIe (dès 1552), XVIIe et XVIIIe siècles. Le volume VII est entièrement consacré à des corrections et additions. Réalisé en grande partie par le dramaturge et historien du théâtre François Parfaict sur la base de sources imprimées, mais aussi d’archives et de manuscrits jusqu’alors inexploités, le dictionnaire a été édité et continué après la mort de l’auteur, en 1753, par son frère Claude, aidé de Quentin Godin d’Abguerbe qui assura l’édition du texte. Articles détaillés sur pièces, auteurs, théâtres, troupes, acteurs, compositeurs de musique, danseurs, décorateurs, etc. Pour l’anecdote, Voltaire a fourni au dictionnaire l’article qui le concerne. Une des sources fondamentales pour l’histoire du spectacle vivant en France sous l’ancien régime. (Soleinne, 'Bibliothèque dramatique', V, I, n° 286). Quelques minimes défauts à quelques mors. Bel exemplaire, très frais, très bien relié à l’époque.