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2169Pithiviers, manuscrit original, 16 novembre 1837 - 16 janvier 1846. Grand In-4, 23 x 36 cm. Reliure de l’époque en demi-vélin vert, dos lisse muet, plats de papier marbré vert, étiquette de Langevin, libraire-relieur à Pithiviers, sur le premier contre-plat. [1] f.(titre), [1] f., [1] f. bl., [35] f., [1] p. bl., [1] p., [14] f., [120] f.bl., [1] f. bl. Inédit et très précieux document qui permet de relativiser considérablement l’assertion de J. Feneant, auteur d’une étude sur la franc-maçonnerie ligérienne*, selon laquelle l’atelier de Pithiviers « ne fit guère parler de lui ». Dans un contexte qui vit la création de 7 loges dans le Loiret entre 1833 et 1848, ce registre témoigne en effet de la vitalité de la « R.L. Saint-Jean, sous le titre distinctif des Admirateurs du Grand Architecte de l’Univers », au rite français, de l’obédience du Grand Orient de France, durant près d’une décennie. Ces comptes-rendus rédigés par différentes mains exposent en détails les étapes de la fondation d’un nouvel atelier, portée par 8 frères : l’élaboration du règlement interne et l’initiation des profanes occupent les premières réunions, qui se déroulent au domicile d’un des membres ; vient ensuite le temps de l’installation dans un lieu dédié (faubourg du Croissant) et surtout de l’obtention d’une Constitution auprès du Grand Orient, le 7 février 1839. Forte d’un effectif oscillant entre 35 et 45 membres (38 sont répertoriés en première page), la loge entre alors dans une phase d’installation proprement dite : mise en place des rituels et des cérémonies (banquets, réceptions de maîtres, …), recrutement de nouveaux membres (principalement parmi les artisans et commerçants des bourgs ruraux environnants), extension de l’échelle des grades, archivage des travaux et établissement d’une bibliothèque, bienfaisance. Au-delà d’un fonctionnement relativement classique, les 124 séances mensuelles consignées ici dévoilent d’autres facettes de la vie de la loge, qu’il s’agisse de spécificités – ses liens étroits avec le Temple des Arts de Boiscommun – ou de difficultés : ainsi perçoit-on, à travers rappels au règlement, enquêtes de moralité ou sanctions/exclusions, un problème chronique d’indiscipline et d’absentéisme ; de même, la santé financière semble bien souvent en péril. Cependant, l’activisme des frères ne saurait être mis en doute : lieu de sociabilité multiforme, la loge maçonnique de Pithiviers apparaît bien comme l’un de ces laboratoires démocratiques si essentiels à la maturation républicaine du XIXe siècle, mais victime, comme beaucoup d’autres, du durcissement policier de la fin de la monarchie de Juillet, elle disparaîtra en 1848. (*J. Feneant, Francs-maçons et sociétés secrètes en Val de Loire : Loiret, Loir-et-Cher, Indre-et-Loire, Maine-et-Loire, Tours, C.L.D., 1986).
107830S.l.n.d. in-folio, 104 ff. réglés au crayon dont 98 manuscrits d'une belle écriture calligraphiée, demi-basane rouge, dos lisse (reliure de l'époque).
20905In-4°, bradel demi-maroquin à coins noir, plat simili bois ; 17 feuillets (16 + 6bis) manuscrits.
1984bn1513Belser Verlag Stuttgart Reliure d'éditeur 1984 Très beau fac similé du nouveau testament inscrit à bibliothèque du Vatican à la cote VAT. LAT. 39. C'est une copie de la traduction de Saint-Jérome du nouveau testament datant du 13° siècle. Elle est très richement enluminée et réputée pour la qualité dramatique des illustrations décrivant la vie du Christ. Environ 100 illustrations accompagnent le texte. Boite toilée marron avec pièce de titre sur le premier plat, petit volume de commentaires pleine toile marron, 119 pages en allemand, par Giovanni Morello et Ulrich Stockmann, tirage à 600 exemplaires, dont 50 ont été réservé au Pape Jean Paul II. Le fac-similé fait 348 pages, mesure 15 cm * 22 cm, il porte le numéro 520. L'ouvrage est relié d'une plein peau estampée à froid. Bel exemplaire dans sa boite d'origine. Petit tirage. Livraison a domicile (La Poste) ou en Mondial Relay sur simple demande.
1918559471918 1 vol. broché 1 page in-4 à l'encre, vers 1918. Brouillon autographe de deux poèmes, l'un de six vers, entièrement raturé (et sans doute inachevé), l'autre de quatre quatrains en alexandrins, intitulé "Les Fronts des vieux". C'est le seul document connu attestant des recherches poétiques de Georges Bataille dans sa jeunesse, selon son biographe Michel Surya : "Il a dû exister des poèmes de jeunesse de Bataille. Un seul a pu être retrouvé parmi les papiers ayant appartenu à sa cousine Marie-Louise : 'Les fronts des vieux'. Il est inédit et, sans doute, est-ce mieux ainsi." (Georges Bataille, la mort à l'oeuvre. Paris, Séguier, 1987, p. 38)D'inspiration parnassienne, le poème décrit la physionomie des paysans auvergnats burinée par les rigueurs du climat : "Quand le vent sur la neige abattue dans la nuit / Fait un ravage rude et froid sur les plateaux (...) Rien n'est plus en son lieu qu'un front barré de rides / Fronçant des yeux riants sous le chapeau bourru (...) Fronts du paysan fruste et du paysan vieux / Dont l'âme est souvenante et le corps est cassé". Une dédicace empruntée à Beethoven et placée en exergue, "An die Fernen geliebten" (aux êtres chers éloignés), laisse penser que Bataille a composé ce poème, soit pendant sa mobilisation en 1916, soit aux premiers temps de son installation à Paris en 1918. Document unique.
1918559471918 1 vol. broché 1 page in-4 à l'encre, vers 1918. Brouillon autographe de deux poèmes, l'un de six vers, entièrement raturé (et sans doute inachevé), l'autre de quatre quatrains en alexandrins, intitulé "Les Fronts des vieux". C'est le seul document connu attestant des recherches poétiques de Georges Bataille dans sa jeunesse, selon son biographe Michel Surya : "Il a dû exister des poèmes de jeunesse de Bataille. Un seul a pu être retrouvé parmi les papiers ayant appartenu à sa cousine Marie-Louise : 'Les fronts des vieux'. Il est inédit et, sans doute, est-ce mieux ainsi." (Georges Bataille, la mort à l'oeuvre. Paris, Séguier, 1987, p. 38)D'inspiration parnassienne, le poème décrit la physionomie des paysans auvergnats burinée par les rigueurs du climat : "Quand le vent sur la neige abattue dans la nuit / Fait un ravage rude et froid sur les plateaux (...) Rien n'est plus en son lieu qu'un front barré de rides / Fronçant des yeux riants sous le chapeau bourru (...) Fronts du paysan fruste et du paysan vieux / Dont l'âme est souvenante et le corps est cassé". Une dédicace empruntée à Beethoven et placée en exergue, "An die Fernen geliebten" (aux êtres chers éloignés), laisse penser que Bataille a composé ce poème, soit pendant sa mobilisation en 1916, soit aux premiers temps de son installation à Paris en 1918. Document unique.
114272[1949] Rare portrait inédit de Georges Bataille, posant de face, les mains croisées, où sont à peine esquissés les contours du visage, pour mieux faire ressortir l'expression intense et pénétrante du regard, à la limite de la folie. Cette étonnante oeuvre sur parchemin a figuré à l'une des premières expositions de Robert Lapoujade, "Portraits d'écrivains exécutés à la pointe d'argent" (Galerie Chardin, Paris, 1949). Bataille a composé en regard de son portrait un long commentaire - lui aussi inédit - qui est une méditation sur les concepts de mort et d'absence : "Etre d'air ? de lumière ? être encore ? être c'était mourir à l'être qui n'est pas, quand la parfaite inanité de l'être qui est renonce à l'absence qui me rompt le coeur. Mais la vérité, l'absence, si tout se dissipe se révèle." Document unique et inconnu des biographies.
114272[1949] Rare portrait inédit de Georges Bataille, posant de face, les mains croisées, où sont à peine esquissés les contours du visage, pour mieux faire ressortir l'expression intense et pénétrante du regard, à la limite de la folie. Cette étonnante oeuvre sur parchemin a figuré à l'une des premières expositions de Robert Lapoujade, "Portraits d'écrivains exécutés à la pointe d'argent" (Galerie Chardin, Paris, 1949). Bataille a composé en regard de son portrait un long commentaire - lui aussi inédit - qui est une méditation sur les concepts de mort et d'absence : "Etre d'air ? de lumière ? être encore ? être c'était mourir à l'être qui n'est pas, quand la parfaite inanité de l'être qui est renonce à l'absence qui me rompt le coeur. Mais la vérité, l'absence, si tout se dissipe se révèle." Document unique et inconnu des biographies.
21757formulaire imprimé et complété et signé des deux parties (1 feuillet blanc recto, 274 x 212 mm), en vue d’obtenir le brevet de pilote de l’Aéro-Club de France. L’apprentissage coutait 800 francs soit en terme de pouvoir d’achat 251 455 € d’aujourd’hui !
19552693Sans lieu, manuscrit, pièce unique, sans date (circa 1915-1955). 38,5 x 32,5 cm. Reliure signée Legendre en plein maroquin cerise, doublée, dos lisse orné d'un petit motif mosaïqué, une nature morte, peinte à l'huile, est incrustée au centre du premier plat (signature non identifiée), filet noir en encadrement, roulette dorée sur les coiffes, filet doré sur les coupes, gardes de soie moirée, chemise et étui assortis. 38 Manuscrits et 35 oeuvres graphiques originales ornent cet album. Parmi les écrivains, nous avons pu identifier : Henry Charpentier, Vincent Muselli, Philippe Chabaneix, Paul Fort, André Mary, Georges Duhamel, Victor-Gérard Le Dantec, Francis Carco, Pierre Camo, Gabriel-Joseph Gros, Maurice Du Plessys, Guy Lavaud, Louis Chadourne, Ernest Raynaud, André Salmon, Saint-Georges de Bouhélier, Camille Mauclair, Francis Vielé-Griffin, Lucie Delarue-Mardrus, Laurent Tailhade (Lettre autographe signée à Xavier Privas), Henri de Régnier, Fernand Gregh, Xavier de Mongallon, Léon Vérane, Robert Houdelot et [Pierre Louÿs, poème imprimé avec une aquarelle originale dessinée par dessus par Sylvain Sauvage]. Parmi les artistes, nous avons pu identifier : Eugène Corneau, Henry Bégué, Albert André, André Barbier, Robert Lotiron, René Levrel, Marcel Roche, Jean Marchand, Albert Lauzero, Ginette Signac, Pablo Tillac, Joseph Hémard, Albert Lepreux, Serge Czerefkov, Lucien Mainssieux, René Blanc, Pierre Ambrogiani, Kamal, Charles Pollaci et Sylvain Sauvage.
193682348Paris Ferenczi 1936 1 vol. relié in-8, demi-maroquin à gros grain noir, dos lisse, plats de papiers marbré de tonalités bleu et jaune moutarde, doublures de papier bleu, gardes de papier jaune moutarde, tête dorée, non rogné, couvertures et dos conservés (Honnelaître), 218 pp., nombreuses planches hors-texte. Edition originale. Un des 80 exemplaires hors commerce numérotés sur simili japon de couleur imprimés spécialement pour l'auteur, celui-ci de couleur crème et enrichi d'un envoi autographe signé de Colette au critique Gérard Bauër. Exemplaire par ailleurs truffé en tête d'ouvrage d'une lettre autographe signée adressée à l'écrivain et journaliste Henri Bauër (2 p. et demies in-8 sur papier bleu - Paris, 29 septembre 1900, avec enveloppe) et en fin d'ouvrage d'une carte autographe signée adressée à Catulle Mendès (2 p. in-32, obl., s.l.n.d.). Très bel exemplaire. Cinq ans après la mort de Willy, Mes apprentissages vient mettre un terme définitif à la guerre que se livraient par voie de presse, depuis près d’un quart de siècle, les ex-époux Gauthier-Villars.Apprenant en 1909, la vente des droits des Claudine aux éditeurs, au profit exclusif de Willy (seul signataire «officiel» des livres et des contrats), Colette se rebiffe et réclame que soit reconnue sa part dans l’écriture de ce qui fut longtemps le plus gros succès éditorial de la Belle Époque. Mais quelle part exactement? C’est sur ce point, et sur quelques autres, que les deux anciens collaborateurs s’opposent. Les premiers manuscrits ayant disparu, chacun convoque ses témoins (amis, auteurs, éditeurs ou typographes…) et use de sa notoriété pour alimenter la gazette littéraire. La Première Guerre mondiale avait semblé éteindre la querelle, mais la publication des Souvenirs littéraires… et autres de Willy en 1925, puis, surtout, quelques semaines après sa mort, des «Willyana», ces commentaires en forme de révélation qu’il avait inscrits à la demande de Jules Marchand, le directeur de la revue Sur la Riviera, en tête des exemplaires des quatre Claudine (voir n°96), avaient piqué au vif la principale intéressée. Mes apprentissages est en quelque sorte la réponse de la bergère au berger.La vengeance étant, on le sait, un plat qui se mange froid, le texte est d’abord publié dans Marianne, sans doute à la demande de son directeur Emmanuel Berl, du 16 octobre au 18 décembre 1935, avant de paraître chez Ferenczi au mois de janvier 1936, illustré de nombreuses photographies «à charge» et accompagné d’un sous-titre éloquent: «ce que Claudine n’a pas dit». C’est une véritable mise à mort littéraire posthume. Maladivement impuissant, menteur, infidèle, tyrannique et peut-être même violent, Willy dont la gloire passée était déjà oubliée est définitivement enterré. Pour la postérité, il ne sera plus désormais que ce «vieux salaud» qui avait exploité le talent des autres, à commencer par celui de son épouse.Mais on se tromperait en ne voyant dans cet ouvrage qu’un ultime règlement de compte. En se replongeant dans ses années d’apprentissages, Colette retrouve les figures d’un passé suffisamment éloigné pour inspirer aux lecteurs une forme de nostalgie. Sous sa plume revivent avec force et vivacité celles et ceux qu’elle a côtoyés: Caroline Otero, Polaire, Mata-Hari, Marcel Schwob, Jean Lorrain ou bien encore Claude Debussy… À moins que cédant à une pente désormais familière à ses lecteurs elle ne retrouve les paysages de sa jeunesse et notamment ceux de sa Puisaye natale dont elle livre ici une des plus belles évocations.Certains proches du couple reprochèrent à Colette ce coup de griffe qui n’était peut-être pas tout à son honneur (c’était mal la connaître). Il est vrai que Willy n’en méritait pas tant et François Caradec a largement contribué à le montrer. Mais la gloire littéraire pour Colette était peut-être à ce prix: faire disparaître les fantômes qui erraient encore dans les coulisses, et, en faisant oublier Claudine, devenir Colette. Cet exemplaire dédicacé au critique Gérard Bauër – fidèle soutien de Colette qu'il rejoindra à l'Académie Goncourt – est truffé de deux très rares lettres de jeunesse qui prennent ici un tour ironique. Dans l’une, adressée le 29 septembre 1900 au journaliste Henry Bauër, le père de Gérard Bauër, comme dans l’autre écrite en 1893 à Catulle Mendès, un ami proche du couple, celle qui signe déjà «Colette» endosse sans déplaisir apparent le rôle de «secrétaire de mon mari». Au premier, elle tient à défendre la probité de Willy en lui adressant un fragment de son article écrit après la première du Rêve d’Alfred Bruneau d’après le roman d’Émile Zola et avec la collaboration de ce dernier. La création à l’Opéra-Comique en 1891 fut un événement considérable largement relayé par la presse. Si Henry Bauër avait salué la naissance «d’un art national et nouveau», Willy, quant à lui, avait accueilli l’œuvre à grand renfort de jeux de mots et de calembours qui étaient sa marque de fabrique. S’adressant au critique qui avait sans doute rappelé cette opposition de Willy, près de dix ans après la création – et en pleine affaire Dreyfus –, Colette tient à sauver l’honneur de son époux et s’excuse «d’avoir assez de jeunesse pour tenir, par dessus tout, à l’honnêteté littéraire de mon mari. Cette jeunesse-là à défaut de l’autre qui défaille si vite, persistera»... Au second, Catulle Mendès, elle présente les excuses de Willy de n’avoir pu assister «à la tournée sur le zinc des Menus-plaisirs», le théâtre (aujourd’hui théâtre Antoine-Simone-Berriau) où avait été créé, le 2 avril 1893, le mimodrame Le Docteur Blanc sur une musique de Gabriel Pierné: «je vous conjure de nous offrir le mêlé-cass du pardon, à la prochaine fête de l’intelligence». Ces deux lettres offrent un contrepoint savoureux à la version du mariage donnée dans Mes apprentissages… (Notice de Frédéric Maget pour le catalogue de la collection Colette des Clarac)
193682348Paris Ferenczi 1936 1 vol. relié in-8, demi-maroquin à gros grain noir, dos lisse, plats de papiers marbré de tonalités bleu et jaune moutarde, doublures de papier bleu, gardes de papier jaune moutarde, tête dorée, non rogné, couvertures et dos conservés (Honnelaître), 218 pp., nombreuses planches hors-texte. Edition originale. Un des 80 exemplaires hors commerce numérotés sur simili japon de couleur imprimés spécialement pour l'auteur, celui-ci de couleur crème et enrichi d'un envoi autographe signé de Colette au critique Gérard Bauër. Exemplaire par ailleurs truffé en tête d'ouvrage d'une lettre autographe signée adressée à l'écrivain et journaliste Henri Bauër (2 p. et demies in-8 sur papier bleu - Paris, 29 septembre 1900, avec enveloppe) et en fin d'ouvrage d'une carte autographe signée adressée à Catulle Mendès (2 p. in-32, obl., s.l.n.d.). Très bel exemplaire. Cinq ans après la mort de Willy, Mes apprentissages vient mettre un terme définitif à la guerre que se livraient par voie de presse, depuis près d’un quart de siècle, les ex-époux Gauthier-Villars.Apprenant en 1909, la vente des droits des Claudine aux éditeurs, au profit exclusif de Willy (seul signataire «officiel» des livres et des contrats), Colette se rebiffe et réclame que soit reconnue sa part dans l’écriture de ce qui fut longtemps le plus gros succès éditorial de la Belle Époque. Mais quelle part exactement? C’est sur ce point, et sur quelques autres, que les deux anciens collaborateurs s’opposent. Les premiers manuscrits ayant disparu, chacun convoque ses témoins (amis, auteurs, éditeurs ou typographes…) et use de sa notoriété pour alimenter la gazette littéraire. La Première Guerre mondiale avait semblé éteindre la querelle, mais la publication des Souvenirs littéraires… et autres de Willy en 1925, puis, surtout, quelques semaines après sa mort, des «Willyana», ces commentaires en forme de révélation qu’il avait inscrits à la demande de Jules Marchand, le directeur de la revue Sur la Riviera, en tête des exemplaires des quatre Claudine (voir n°96), avaient piqué au vif la principale intéressée. Mes apprentissages est en quelque sorte la réponse de la bergère au berger.La vengeance étant, on le sait, un plat qui se mange froid, le texte est d’abord publié dans Marianne, sans doute à la demande de son directeur Emmanuel Berl, du 16 octobre au 18 décembre 1935, avant de paraître chez Ferenczi au mois de janvier 1936, illustré de nombreuses photographies «à charge» et accompagné d’un sous-titre éloquent: «ce que Claudine n’a pas dit». C’est une véritable mise à mort littéraire posthume. Maladivement impuissant, menteur, infidèle, tyrannique et peut-être même violent, Willy dont la gloire passée était déjà oubliée est définitivement enterré. Pour la postérité, il ne sera plus désormais que ce «vieux salaud» qui avait exploité le talent des autres, à commencer par celui de son épouse.Mais on se tromperait en ne voyant dans cet ouvrage qu’un ultime règlement de compte. En se replongeant dans ses années d’apprentissages, Colette retrouve les figures d’un passé suffisamment éloigné pour inspirer aux lecteurs une forme de nostalgie. Sous sa plume revivent avec force et vivacité celles et ceux qu’elle a côtoyés: Caroline Otero, Polaire, Mata-Hari, Marcel Schwob, Jean Lorrain ou bien encore Claude Debussy… À moins que cédant à une pente désormais familière à ses lecteurs elle ne retrouve les paysages de sa jeunesse et notamment ceux de sa Puisaye natale dont elle livre ici une des plus belles évocations.Certains proches du couple reprochèrent à Colette ce coup de griffe qui n’était peut-être pas tout à son honneur (c’était mal la connaître). Il est vrai que Willy n’en méritait pas tant et François Caradec a largement contribué à le montrer. Mais la gloire littéraire pour Colette était peut-être à ce prix: faire disparaître les fantômes qui erraient encore dans les coulisses, et, en faisant oublier Claudine, devenir Colette. Cet exemplaire dédicacé au critique Gérard Bauër – fidèle soutien de Colette qu'il rejoindra à l'Académie Goncourt – est truffé de deux très rares lettres de jeunesse qui prennent ici un tour ironique. Dans l’une, adressée le 29 septembre 1900 au journaliste Henry Bauër, le père de Gérard Bauër, comme dans l’autre écrite en 1893 à Catulle Mendès, un ami proche du couple, celle qui signe déjà «Colette» endosse sans déplaisir apparent le rôle de «secrétaire de mon mari». Au premier, elle tient à défendre la probité de Willy en lui adressant un fragment de son article écrit après la première du Rêve d’Alfred Bruneau d’après le roman d’Émile Zola et avec la collaboration de ce dernier. La création à l’Opéra-Comique en 1891 fut un événement considérable largement relayé par la presse. Si Henry Bauër avait salué la naissance «d’un art national et nouveau», Willy, quant à lui, avait accueilli l’œuvre à grand renfort de jeux de mots et de calembours qui étaient sa marque de fabrique. S’adressant au critique qui avait sans doute rappelé cette opposition de Willy, près de dix ans après la création – et en pleine affaire Dreyfus –, Colette tient à sauver l’honneur de son époux et s’excuse «d’avoir assez de jeunesse pour tenir, par dessus tout, à l’honnêteté littéraire de mon mari. Cette jeunesse-là à défaut de l’autre qui défaille si vite, persistera»... Au second, Catulle Mendès, elle présente les excuses de Willy de n’avoir pu assister «à la tournée sur le zinc des Menus-plaisirs», le théâtre (aujourd’hui théâtre Antoine-Simone-Berriau) où avait été créé, le 2 avril 1893, le mimodrame Le Docteur Blanc sur une musique de Gabriel Pierné: «je vous conjure de nous offrir le mêlé-cass du pardon, à la prochaine fête de l’intelligence». Ces deux lettres offrent un contrepoint savoureux à la version du mariage donnée dans Mes apprentissages… (Notice de Frédéric Maget pour le catalogue de la collection Colette des Clarac)
186043464Dieulefit (Drôme), , 1860. Grand in-8 manuscrit de 8 ff. illustrés de dessins originaux signés à pleine page à l’encre de chine, demi-maroquin fauve à coins, dos orné à nerfs, pièces de titre en maroquin noir (reliure de l’époque).
186822793Lyon, Storck, 1868 ; in-4°, 19 pp. au crayon et à l'encre de chine : titre en français ; couverture générale cartonnée et reprise à l'intérieur, quelques petites variantes ; titre en provençal ; décor des 15 pages de texte en français représentant un conteur perché sur une estrade haute et les spectateurs autour, plus bas, debouts et assis au sol ; décor du texte en provençal : 15 dessins à pleine page avec la réserve pour le texte.
190613750, , 1906 ca. 1 vol. in-12 de (2)-208 pp., demi-chagrin noir, dos à 5 nerfs (reliure de l'époque).
191442437Paris, , 1914-1919. 4 vol. in-4 de 820 pp. manuscrites à 34 lignes par page sous chemise dominotée à lacets (dos fendu) et 770 ff. tapuscrits, sous trois chemises, tables manuscrites, demi-percaline rouge de l'époque.
1778919461778 - 1779 | 15.5 x 13.5 cm | Une feuille
191383938s. l. [Paris] s. d. [ca. juin 1913] | 15.70 x 24.50 cm | une page sur un feuillet
185373273Paris s. d. [novembre 1853?] | 10 x 13.60 cm | un feuillet et son enveloppe dépliée
185273345Paris s. d. [fin 1852] | 10.20 x 13.20 cm | quatre pages sur un feuillet remplié
18298938615 mai 1829 | 18.5 x 24 cm | Deux pages sur une feuillet
1730LBW-540[circa 1730]. 367 x 496 mm.
1961014593Alès PAB 1961 In-8 carré Pleine reliure d'époque Signé par l'auteur et l'illustrateur
83905, c. 1800, in-8, 372 pp, Basane marbrée de l'époque, dos lisse orné de symboles chrétiens, tranches jonquille, Précieux recueil manuscrit reproduisant des lettres inédites de la soeur Jeanne des Anges (1602-1665), supérieure des Ursulines de Loudun, écrites à la suite de la retentissante affaire des possédées de ce couvent (1634-1637). Le volume est soigneusement rédigé à l'encre, sur feuillets réglés au crayon. Le compilateur, un anonyme du début du XIXe siècle, a choisi des lettres datées de 1638 à 1663. Parmi les correspondants se trouve M. Laubardemont, à qui Jeanne des Anges écrit de janvier 1638 à janvier 1648 : Jean Martin de Laubardemont (1590-1656), avait été l'ordonnateur du procès d'Urbain Grandier. Elle évoque auprès de lui, ses visions et les "marques" (stigmates) que lui envoie son "saint Ange". D'autres lettres sont adressées à la mère Angélique de Saint François, ursuline à Loudun; à M. Duplessis-Ravenel, conseiller au siège présidial de Rennes; à Marguerite Péchard, religieuse de la Visitation de Rennes; à la marquise de Boisferrier; à Claude Sain, procureur du roi; à l'influente religieuse Madame Du Houx; à Suzanne le Bréton, religieuse de la Visitation; etc. La supérieure des Ursulines de Loudun y prodigue des conseils spirituels, partage ses réflexions mystiques, évoque sa santé et les stigmates qui lui sont renouvelés; des entretiens rapportés évoquent encore des apparitions dont ont été témoins des religieuses du couvent en 1644. La plupart des lettres de Jeanne des Anges n'ont pas été éditées : elles sont dispersées dans les archives de la Visitation du Grand Fougeray (Ille-et-Vilaine) et à la Bibliothèque Mazarine de Paris*. Seules ses lettres au père Saint-Jure** et à Mme Du Houx*** ont été publiées. Possédée puis délivrée des démons de Loudun, Jeanne des Anges devint porteuse de stigmates et de miracles : sa réputation se répandit jusqu'à la Cour. Avec son conseiller spirituel Saint-Jure, elle entreprit la rédaction de son autobiographie, qui ne sera publiée qu'en 1886 (Légué et Gilles de la Tourette). En parallèle, elle entretint une abondante correspondance avec les mystiques de son temps, jusqu'à la maladie qui la rendit paralytique. Objet de vénération de son vivant et dans les décennies qui ont suivi sa mort en 1665, Jeanne des Anges est devenue, petit à petit, une figure troublante ou ridicule, puis finalement l'incarnation de l'hystérique, tel que le XIXe siècle a caractérisé les malades se disant victimes de possessions. In fine, le manuscrit présente un "Recueil des lettres du père Seurin de la Compagnie de Jésus" : Jean-Joseph Surin (1600-1665), conseiller spirituel de Jeanne des Anges. En tout, 17 lettres, non datées, sont adressées à sa "très chère soeur" Jeanne des Anges. Surin avait joué un rôle essentiel dans l'exorcisme qui avait délivré la religieuse. Ses lettres évoquent ses passions et tournements, les épreuves envoyées par Dieu, sa santé corporelle et spirituelle, ou encore son voyage en Bretagne. Ex-libris de N[icole] H[ebecourt] représentant un diable railleur. Charnières fendillées. Bon état intérieur. * Molinier, catalogue des manuscrits de la Bibliothèque Mazarine, n° 1209. ** "Extrait des lettres que la mère Jeanne des Anges, supérieure des Ursulines de Loudun, a écrites au père Saint-Jure, de la Compagnie de Jésus, son directeur ". In Legué et Gilles de la Tourette. Soeur Jeanne des Anges, supérieure des Ursulines de Loudun, XVIIe siècle : autobiographie d'une hystérique possédée, d'après le manuscrit inédit de la bibliothèque de Tours. Bibliothèque diabolique de Bourneville. Paris, Aux bureaux du Progrès médical, 1886 : pp. 256 et suiv. *** "Correspondance de Jeanne des Anges et Mme du Houx (1652-1664)". In Elisabeth Goldsmith et Colette Winn. Lettres de femmes. Textes inédits et oubliés du XVIe au XVIIIe siècle. Paris, Champion, 2005 : Couverture rigide
1805102924Ambiani [Amiens], Ludovicus Jacobus Mauritius de Bonald, 1805, in-8, 207-[2]-55 ff, Cartonnage de l'époque, Manuscrit en deux parties : la première ? en 207 feuillets et 2 feuillets de table ? comporte le Cours de rhétorique en latin et en français de Louis Sellier; la seconde, foliotée en chiffre romains (LV), contient une transcription en français du Discours de Ciréron pour Milon. Le jeune étudiant à l'origine de ce cahier, Louis Jacques Maurice de Bonald (1787-1870), originaire de Millau, deviendra une personnalité éminente à Lyon, dont il sera l'archevêque en 1839. Pour l'heure, il est en passe d'achever ses études classiques : né dans une famille ultraroyaliste, il est conduit chez les Pères de la Foi ? d'abord au sein du collège d'Amiens, puis à Montdidier ? par son parent, le prêtre réfractaire de Millau Louis de Sambucy. Il y suit le cours de rhétorique de Louis Sellier (1772-1854), émule de Joseph Varin avec qui il participe à la restauration de la Compagnie de Jésus. Les leçons du père Sellier débutent le 23 septembre 1805; Maurice de Bonald est alors à l'aube de ses 18 ans. L'élève a recopié ses notes sur des pages réglées au crayon, à l'encre noire, d'une écriture soignée et lisible. La page de titre calligraphique est illustrée en tête d'une croix lumineuse surgissant de nuées. Le cours se constitue d'une préface et de trois parties : I. De inventione; II. De dispositione; III. De Elocutione. À la fin se trouvent le Pro Milone, célèbre plaidoyer de Cicéron qui servit d'exercice d'éloquence à des générations d'étudiants. "Sous la conduite de maîtres aussi éclairés dans la science de Dieu que dans les sciences humaines, la semence divine fructifia abondamment dans l'âme du jeune Maurice de Bonald, si bien préparée à la recevoir. Sa vocation ecclésiastique fut le couronnement de cette éducation profondément chrétienne, commencée sur les genoux d'une pieuse mère, et achevée par les soins de vénérables professeurs, et sous la haute direction de son père" (Vie de S. Em. le Cardinal de Bonald p. 15). Les études religieuses de Maurice de Bonald sont en fait assez peu connues, contrairement à sa carrière ecclésiastique : dès qu'il quitte les Pères de la foi, il entre au séminaire de Saint-Sulpice; il est fait prêtre à la fin de l'année 1811. En 1823, il est nommé à l'Evêché du Puy tout juste rétabli, puis devient archevêque de Lyon en 1839. Cet ultramontain oeuvre avec ferveur à la rechristianisation de la capitale de la soie en fondant des dizaines d'églises, plusieurs instituts religieux et en remettant à l'honneur le culte marial. Bien qu'imprégné de l'héritage ultraroyaliste de sa famille, Maurice de Bonald adopta une attitude prudente, évitant toute opposition directe au pouvoir et s'abstenant de s'impliquer dans les affaires politiques. Le document que nous présentons ici apporte un éclairage précieux sur les jeunes années de cette figure religieuse parmi les plus marquantes du milieu du XIXe siècle. Cachet de la bibliothèque des Capucins de Millau. Papier de recouvrement des plats largement arraché, dos manquant, mais couture solide. Bon état intérieur. Vie de S. Em. le Cardinal de Bonald. Lyon, Briday, 1870. Couverture rigide