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- Nohant 21 décembre 1867, 13,4x20,7cm, deux feuillets sous chemise et étui. - Lettre autographe de George Sand adressée à Gustave Flaubert datée du 21 décembre 1867, 8 pages sur deux feuillets rempliés. Publiée dans la Correspondance, XX, pp. 642-645. Issue d'une des plus belles correspondances littéraires du siècle, cette lettre écrite à la veille de Noël 1867 est un sublime témoignage de la franche amitié entre George Sand, le «?vieux troubadour?» et Gustave Flaubert baptisé «?cul de plomb?» après avoir décliné son invitation à Nohant pour achever l'Éducation sentimentale. Malgré les dix-sept ans qui les séparent, leurs tempéraments opposés et leur conception de la vie divergentes, le lecteur est saisi par la tendresse mais aussi l'étonnante verdeur de cette longue confidence de George Sand. Alors au faîte de sa gloire littéraire et à la joie de son théâtre de Nohant, Sand s'entretient longuement de politique, de leur séparation, de leur conception du travail d'écrivain, de la vie même. Dans cette lettre à l'allure de «?courant de conscience?», Sand couche naturellement et librement sur le papier huit pages de conversations avec l'écrivain, qui ne fait que de trop rares et brèves apparitions à Nohant?: «?Mais comme je bavarde avec toi?! Est-ce que tout ça t'amuse' Je le voudrais pour qu'une lettre de causerie te remplaçât un de nos soupers que je regrette aussi, moi, et qui seraient si bons ici avec toi, si tu n'étais un cul de plomb qui ne te laisses pas entraîner, à la vie pour la vie?», tandis que chez Flaubert, alors plongé dans l'écriture de l'Éducation sentimentale, la devise est plutôt l'art pour l'art. Cette fin d'année 1867 est marquée par la douleur de la disparition d'un «?presque frère?», François Rollinat, que Sand apaise par ses lettres à Flaubert et les soirées animées à Nohant?: «?Voilà comme je vis depuis 15 jours que je ne travaille plus. [...] Ah'?! quand on est en vacances, comme le travail, la logique, la raison semblent d'étranges balançoires?». Sand lui reprochait volontiers de travailler sans relâche dans sa robe de chambre, «?l'ennemi de la liberté?», alors qu'elle, courait par monts et par vaux, de Cannes à la Normandie, jusque sur les terres de l'écrivain qu'elle avait visitées en septembre. À cette occasion, Sand avait relu avec bonheur Salammbô dont quelques lignes se retrouvent dans Mademoiselle Merquem, sa dernière uvre en date. Leur amitié littéraire et virile, comme celle avec Rollinat, défia toute la vieille garde des littérateurs qui affirmaient l'impossibilité d'une liaison sincère entre l'homme et la femme. Sand, qu'on a tour à tour qualifié de lesbienne, de nymphomane, rendue célèbre pour ses amours retentissantes et si diverses, entame une longue et riche correspondance avec Flaubert pour qui elle est une mère et un vieil ami. Le «?vieux troubadour?» ou «?vieux cheval?» ne se considérait même plus comme femme, mais comme un être quasi-homme, rappelant ses travestissements de jeunesse et son formidable mépris des barrières entre les sexes. À Flaubert qui avait écrit à celle qu'on surnomma la «?papesse des gynandres?»?: «?Pour mieux tirer à l'arc, elles s'écrasaient le téton?», en évoquant les Amazones?; Sand répond «?Je ne suis pas dans ton idée qu'il faille supprimer le sein pour tirer l'arc. J'ai une croyance tout à fait contraire pour mon usage et que je crois bonne pour beaucoup d'autres, probablement pour le grand nombre?». Guerrière certes, mais guerrière pacifique, Sand a volontiers adopté les usages d'un monde de lettrés misogynes, tout en ayant su rester elle-même?: «?Je crois que l'artiste doit vivre dans sa nature le plus possible. À celui qui aime la lutte, la guerre?; à celui qui aime les femmes, l'amour?; au vieux qui, comme moi, aime la nature, le voyage et les fleurs, les roches, les grands paysages, les enfants aussi, la famille, tout ce qui émeut, tout ce qui combat l'anémie morale.?» ajoute-t-elle ensuite. Belle évocation de sa «?période verte?», ce passage c
193758431937. Branle-bas de combat , 9 feuillets manuscrits autographes (27,1 x 21 cm. ) comportant de nombreuses ratures, d’un seul mot à un paragraphe entier. Quatre paragraphes sont ainsi biffés, et non repris dans la version publiée dans la revue le CINEMAtographe. On joint à ce manuscrit les deux seuls numéros de la revue CINEMAtographe, parus en mars et mai 1937, in-folio de 16p. chacun. Le texte des 9 feuillets autographes présentés ici correspond à la seconde partie, qui occupe la p. 4 de la revue. On joint un papillon annonçant les projections du tout jeune Cercle du Cinéma qui deviendra en 1936 la Cinémathèque française.
194712735[Lausanne], [Association des écrivains vaudois - AEV], [1947]. In-4 de [106] pages, plein parchemin muet, orné au premier plat d'une composition originale du peintre Jean-Jacques Mennet. Sous emboîtage avec dos toilé muet. La maison Mayer & Soutter à Lausanne a soigné la reliure de ces pages autographes.
- Paris 25 Juin 1854, 11,5x18,5cm, une page recto-verso. - Handwritten letter dated and signed by Charles Baudelaire to Philoxène Boyer concerning the intriguing Léontine B. Paris 25 Juin 1854 | 11.5 x 18.5 cm | one page recto-verso Handwritten two-page letter, dated 25 June 1854, and signed by Charles Baudelaire to Philoxène Boyer, whom he calls «my dear Lyrique,» in which he apologises for having missed a meeting with him, he confesses his impecuniosity to him and reports to him on the efforts made by Léontine B., an intriguing person who will end up compromising Philoxène Boyer because of his debts, to attend a party to which she is not invited and which holds a certain jealousy: «You surely assume my dear Lyrique, that yesterday something serious happened for me to have missed this meeting. Here is what I would have told you: 1 - my money has not come; but it will come. / 2 - Léontine is obstinate. I am convinced that I have fulfilled my confidence mission very well. I came back three times. When I finally could explain to her carefully that this party was for family, secret, that Boyer himself was supposed to ignore it, - she replied: Well it's no longer a secret since I know.» Finally, while recognising Léontine as «a very original turn of mind» and although the attitude of this troublesome scheme: «causes you worry and I understand...,» Charles Baudelaire pleads for indulgence and leniency: «since she persists so proudly, I would urge you to let the event run. It is after all only the homage of a dizzy mind.» [FRENCH VERSION FOLLOWS] Lettre autographe, datée du 25 Juin 1854, et signée de deux pages de Charles Baudelaire à Philoxène Boyer, qu'il surnomme "mon cher Lyrique", dans laquelle il s'excuse d'avoir manqué un rendez-vous avec lui, lui avoue son impécuniosité et lui rend compte des efforts déployés par Léontine B., une intrigante qui finira par compromettre Philoxène Boyer en raison de ses dettes, pour assister à une fête à laquelle elle n'est pas conviée et qui en retire une certaine jalousie : "Vous présumez bien, mon cher Lyrique, qu'il a fallu hier quelque chose de grave pour que j'aie manqué ce rendez-vous. Voici ce que je vous aurais dit : 1 - mon argent n'est pas venu ; mais il viendra. / 2 - Léontine s'entête. Je suis persuadé que je me suis très bien acquitté de ma commission de confiance. Je suis revenu à la charge trois fois. Quand enfin j'ai pu lui expliquer soigneusement que cette fête était familiale, secrète, que Boyer lui-même était censé l'ignorer, - elle m'a répondu : Eh bien, ce n'est plus un secret puisque je le sais." Enfin, tout en reconnaissant à Léontine "un tour d'esprit très original" et bien que l'attitude de cette encombrante intrigante : "... vous cause de l'inquiétude et je le comprends...", Charles Baudelaire plaide pour l'indulgence et la clémence : "puisqu'elle s'entête si fièrement je vous engagerais à laisser courir l'évènement. Ce n'est après tout que l'hommage d'un esprit étourdi."
- 30 mai 1865, 13,7x21,1cm, une page sur un feuillet. - Lettre autographe signée de Charles Baudelaire adressée à Narcisse Ancelle, rédigée à l'encre noire sur un feuillet de papier bleu. Pliures inhérentes à l'envoi, trois infimes petits trous sans atteinte au texte. Cette lettre a été retranscrite dans les Oeuvres complètes volume 11 publiées en 1949 par L. Conard. Emouvante missive bruxelloise adressée au célèbre notaire familial devenu en 1844 le conseil judicaire de Charles chargé de gérer sa rente et ses dettes exponentielles. Une relation complexe s'établit entre le poète et son tuteur, mêlant nécessité et défiance, mais témoignant néanmoins d'un véritable respect mutuel entre les deux hommes. Cette correspondance, dépourvue de l'affectivité des lettres à sa mère ou des circonvolutions dans ses échanges avec les créanciers, constitue une des plus précieuses sources biographiques du poète. En effet, la dépendance financière de Baudelaire le contraint à une très grande transparence avec son tuteur et chacune de ses lettres à Ancelle résume admirablement ses pérégrinations. Ainsi, cette lettre évoque-t-elle le terrible enlisement du poète en Belgique et son retour sans cesse reporté à Paris: . Lorsqu'il écrit, Baudelaire est encore à Bruxelles à l'Hôtel du Grand Miroir, « 28 rue de la Montagne » (mais il ne faut pas écrire le nom de l'hôtel, sinon les lettres ne lui parviennent pas directement), où il se meurt d'ennui, de maladie et de rancur contre un pays dans lequel, innocemment, il croyait trouver la gloire. Cette annonce de départ imminent pour Paris, "Deux ou trois jours après votre réponse je partirai", fait écho à toutes les promesses similaires que le poète adresse depuis près d'un an à ces correspondants. Celle-ci sera avortée, comme toutes les autres car, comme il l'avoue à Ancelle un quelques mois plus tôt, Paris lui « fait une peur de chien ». Ce n'est qu'en août 1865 qu'il accomplira un ultime et court séjour en France avant son apoplexie fatale. Son retour, "Je suis très attendu à Paris et à Honfleur" était pourtant motivé par une raison impérieuse : négocier avec un éditeur, grâce à l'intervention de Manet, la publication de son recueil de réflexions sur ses contemporains qu'il a déjà intitulé « mon cur mis à nu » et dont le manuscrit est en partie chez sa mère à Honfleur. Nouvel échec, l'uvre ne paraîtra qu'en 1897, 30 ans après la mort de Baudelaire. Mais c'est sans doute la référence aux « deux grands tableaux [qu'il veut] expédier à Honfleur », qui donne tout son sel à cette lettre. Baudelaire évoque en effet sa volonté de rapatrier des peintures de sa collection déposés chez divers prêteurs ou restaurateurs, et dont il avait déjà envoyé une liste à Ancelle quelques mois plus tôt. Parmi ceux-ci, quels sont ceux qu'il voulait ramener à sa mère ? Le portrait de son père, le Boilly, le Manet, un Constantin Guys ? Il n'est fait aucune mention dans les autres lettres de ce transport artistique et du « reste » auquel seront joints les tableaux. Cette volonté d'"expédier à Honfleur" ses biens précieux, témoigne pourtant du désir du poète affaibli de s'installer définitivement dans la « maison-bijou » de sa mère à Honfleur, ilot de sérénité dans lequel Baudelaire rêve d'une paisible retraite où tout ne serait à nouveau « qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté ». Il y retournera en effet, paralysé et muet, mais pour une dernière année d'agonie après sa crise syphilitique. L'hôtel du Grand Miroir, quant à lui, restera sa dernière véritable demeure comme cela sera noté le mardi 3 avril 1866, sur le registre des entrants à la Clinique Saint-Jean : « Nom et prénoms : Baudelaire Charles. « Domicile : France et rue de la Montagne, 28. « Profession : homme de lettres. « Maladie : apoplexie. » Belle lettre à celui qui fut à la fois le persécuteur et le protecteur de Baudelaire. Il accompagna le poète jusqu'à sa mort, avant de devenir l'éxécuteur testamentaire de la famille. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]
1865767951865. Fine. 30 mai 1865 13.70 x 21.10 cm une page sur un feuillet Autograph letter signed by Charles Baudelaire to Narcisse Ancelle written in black ink on a sheet of blue paper. Folds from mailing three minute pinholes not affecting the text. This letter was transcribed in the Complete Works volume 11 published in 1949 by L. Conard. A moving letter from Brussels addressed to the celebrated family notary who became in 1844 Charles's legal guardian charged with managing his annuity and his exponential debts. A complex relationship developed between the poet and his guardian mingling necessity and mistrust yet nonetheless bearing witness to genuine mutual respect between the two men. This correspondence devoid of the emotional quality of his letters to his mother or the circumlocutions in his exchanges with creditors constitutes one of the most precious biographical sources on the poet. Indeed Baudelaire's financial dependence constrained him to great transparency with his guardian and each of his letters to Ancelle admirably summarizes his wanderings. Thus this letter evokes the terrible mire in which the poet found himself in Belgium and his constantly postponed return to Paris. When he writes Baudelaire is still in Brussels at the Hôtel du Grand Miroir ""28 rue de la Montagne"" but one must not write the hotel's name otherwise letters do not reach him directly where he is dying of boredom illness and resentment toward a country in which he innocently believed he would find glory. This announcement of imminent departure for Paris ""Two or three days after your reply I will leave"" echoes all the similar promises the poet has made for nearly a year to his correspondents. This one will be aborted like all the others for as he confesses to Ancelle a few months earlier Paris fills him with ""a dog's fear."" It is only in August 1865 that he will make a final and brief stay in France before his fatal stroke. His return ""I am eagerly awaited in Paris and in Honfleur"" was nevertheless motivated by a compelling reason: to negotiate with a publisher through Manet's intervention the publication of his collection of reflections on his contemporaries which he had already titled My Heart Laid Bare Mon cur mis à nu and whose manuscript is partly at his mother's house in Honfleur. Another failurethe work would not appear until 1897 thirty years after Baudelaire's death. But it is undoubtedly the reference to the ""two large paintings he wishes to send to Honfleur"" that gives this letter all its significance. Baudelaire evokes his wish to repatriate paintings from his collection that he left with various lenders or restorers of which he had already sent a list to Ancelle a few months earlier. Among these which ones did he want to bring back to his mother His father's portrait the Boilly the Manet a Constantin Guys There is no mention in other letters of this art shipment and of the ""remainder"" to which the paintings were to be joined. This desire to ""send to Honfleur"" his precious belongings nonetheless testifies to the weakened poet's wish to settle permanently in his mother's ""jewel-house"" in Honfleur an island of serenity where Baudelaire dreamed of a peaceful retreat where all would once again be ""order and beauty luxury calm and voluptuousness."" He would indeed return there paralyzed and mute but for a final year of agony after his syphilitic crisis. The Hôtel du Grand Miroir would remain his last true dwelling as noted on Tuesday April 3 1866 in the register of admissions at the Saint-Jean Clinic: ""Name and first names: Baudelaire Charles. Address: France and 28 rue de la Montagne. Profession: man of letters. Illness: apoplexy."" A fine letter to the man who was both Baudelaire's persecutor and protector. He accompanied the poet until his death before becoming executor of the family estate. unknown
185468690Paris 1854. Fine. Paris 25 Juin 1854 11.50 x 18.50 cm une page recto-verso Handwritten letter dated and signed by Charles Baudelaire to Philoxène Boyer concerning the intriguing Léontine B. Paris 25 Juin 1854 11.5 x 18.5 cm one page recto-verso Handwritten two-page letter dated 25 June 1854 and signed by Charles Baudelaire to Philoxène Boyer whom he calls «my dear Lyrique» in which he apologises for having missed a meeting with him he confesses his impecuniosity to him and reports to him on the efforts made by Léontine B. an intriguing person who will end up compromising Philoxène Boyer because of his debts to attend a party to which she is not invited and which holds a certain jealousy: «You surely assume my dear Lyrique that yesterday something serious happened for me to have missed this meeting. Here is what I would have told you: 1 my money has not come; but it will come. / 2 Léontine is obstinate. I am convinced that I have fulfilled my confidence mission very well. I came back three times. When I finally could explain to her carefully that this party was for family secret that Boyer himself was supposed to ignore it she replied: Well it's no longer a secret since I know.» Finally while recognising Léontine as «a very original turn of mind» and although the attitude of this troublesome scheme: «causes you worry and I understand.» Charles Baudelaire pleads for indulgence and leniency: «since she persists so proudly I would urge you to let the event run. It is after all only the homage of a dizzy mind.» unknown
- 10 Floréal 13 [30 avril 1805], 18,5x23,1cm, une feuille. - Lettre autographe de Stendhal adressée à sa sur Pauline. 28 lignes rédigées d'une fine écriture à l'encre noire. Prénom « Pauline » de la main de l'expéditeur au bas de la lettre. Numéro d'inventaire « 36 » à l'encre d'une autre main. Deux petites traces de timbre et cachet, une petite déchirure restaurée en marge basse de la page. Quelques infimes pliures inhérentes à la mise sous pli de la lettre. Rare et belle lettre de Stendhal adressée à sa sur Pauline, dans laquelle transparaît toute la sensibilité du jeune homme et son amour pour l'art dramatique plus d'une vingtaine d'année avant ses grands succès romanesques. Cette lettre provient de la correspondance qu'entretint Henri Bayle, ici âgé de vingt-deux ans, avec sa sur Pauline de trois ans sa cadette. Cette véritable liaison épistolaire, qui prit bien vite la forme d'un « journal » - les réponses de Pauline étaient rares - est un jalon essentiel dans la constitution du parcours intellectuel du futur Stendhal. Notre lettre, d'un grand lyrisme, témoigne de la force du lien unissant le jeune écrivain et sa sur : « Serrons-nous l'un contre l'autre ma bonne amie. Nous ne trouverons jamais personne qui aime Pauline comme Henri, ni Henri ne trouvera jamais une plus belle âme que Pauline. » L'emploi de la troisième personne et d'un vocabulaire amoureux érige la jeune femme au rang d'alter ego, d'âme-sur et même de maîtresse idéale. Le jeune Henri est alors justement sous le joug d'une dévorante passion pour la comédienne Mélanie Guilbert qu'il a rencontrée à l'occasion de ses cours de déclamation chez Dugazon : « Je m'en vais peut-être vous ennuyer par ma sombre tristesse. Je sais bien que le sérieux des passions ardentes, n'est pas aimable. » Contrastant avec cette relation passionnée, Pauline symbolise la raison et l'équilibre, une figure qu'Henri, tel un pygmalion peut façonner à loisir. En bon précepteur il conseille : « Apprends par cur des rôles. À propos de déclamation, je t'apprendrai mille choses. Je te porte un Gil Blas, et un Tracy. » On comprend ici l'adoration que Stendhal voua au théâtre dès ses plus jeunes années, tant en qualité de lecteur que de dramaturge (le fonds de ses archives à la Bibliothèque de Grenoble contient près de 700 feuillets d'ébauches) : « Je suis au désespoir de ne pas pouvoir vous porter des Bonnets. Mais attendez, peut-être un jour viendra que...comme dit Ulino. » Cette passion du théâtre, Henri compte bien la transmettre à sa sur : « Nous travaillerons comme des diables, pendant le temps que je resterai à Grenoble. » En contrepied total avec l'éducation des femmes à son époque, il mit un point d'honneur à ce que Pauline soit une personne instruite ; on retrouve d'ailleurs dans plusieurs lettres des injonctions du frère ordonnant à sa sur d'abandonner les travaux d'aiguille au profit des lectures qu'il lui recommande. Véritablement obsédé par le théâtre et persuadé qu'il deviendra un auteur de comédies à succès, il travaille sans relâche : « On m'annonce une chambre où je ne serai pas libre, et où je ne pourrai pas seulement déclamer. Tâche de déranger cet arrangement. » Bien des années avant la rédaction des grands romans qui feront sa renommée, Stendhal comprend déjà que la solitude - thème cher aux écrivains romantiques - est pour lui source de création et affirme : « Un solitaire est jaloux de sa liberté. C'est son plus grand bien comme c'est celui de tous les hommes. » [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]
1805669741805. Fine. 10 Floréal 13 30 avril 1805 18.50 x 23.10 cm une feuille Stendhal's autograph letter addressed to his sister Pauline. 28 lines written with a fine writing in black ink. First name ""Pauline"" from the hand of the sender at the bottom of the letter. Inventory number ""36"" in ink from another hand. Two small traces of stamp and stamp a small tear restored in the bottom margin of the page. A few tiny folds inherent in the enveloping of the letter. Rare and beautiful letter of Stendhal addressed to his sister Pauline in which all the sensitivity of the young man and his love for the dramatic art shows more than twenty years before his big romantic successes. This letter comes from the correspondence between Henri Bayle here twenty-two years with his sister Pauline three years younger. This true epistolary liaison which quickly took the form of a ""diary"" - Pauline's answers were rare - is an essential milestone in the constitution of the intellectual journey of the future Stendhal. Our letter of a great lyricism testifies to the strength of the bond uniting the young writer and his sister: ""Let's shake each other my good friend. We will never find anyone who loves Pauline as Henry nor will Henry ever find a more beautiful soul than Pauline. ""The use of the third person and a lover vocabulary erects the young woman to the rank of alter ego a sister-soul and even perfect mistress. The young Henri is then precisely under the yoke of a devouring passion for the actress Melanie Guilbert whom he met during his declamation classes at Dugazon: "" I'm going to be bored perhaps by my dark sadness. I know very well that the seriousness of ardent passions is not pleasant. "" Contrasting with this passionate relationship Pauline symbolizes reason and balance a figure that Henri like a pygmalion can fashion at leisure. In good tutor he advises: ""Learn by heart roles. About declamation I will teach you a thousand things. I'm bringing you a Gil Blas and a Tracy. ""We understand here worship Stendhal devoted to the theater from his earliest years both as a player as a playwright the fund of its archives to the Grenoble Library contains nearly 700 sheets of blanks:"" I am in despair at not being able to wear you Beanies. But wait maybe someday will come . as Ulino says. ""This passion for theater Henry intends to pass it to his sister:"" We will work like hell during the time that I stay in Grenoble. ""In total opposite view with the education of women in his time he put a point of honor that Pauline is an educated person; In several letters moreover we find injunctions from the brother ordering his sister to give up needlework in favor of the reading he recommends. Truly obsessed with theater and convinced that he will become an author of successful comedies he works tirelessly: ""I am told a room where I will not be free and where I can not just declaim. Try to disturb this arrangement. ""Years before writing great novels that make her famous Stendhal already understands that loneliness is for him a source of creation and says:"" A lonely is jealous of his freedom. It is his greatest good as that of all men. "" unknown
194934301(Paris), Gallimard, (1949). Uncut and unopened in the orig. printed wrappers, excellent copy + original handwritten manuscript-leaf in ink, 2pp., 4to, for the pages 134-138 in the first edition, containing numerous corrections and emendations as well as a burnt hole from one of Sartre's cigarettes. The paper is watermarked ""Herakles"". Both items are placed in a very beautiful custom-made red full-morocco box, internally broadened to fit both items, w. single gilt line-borders to boards and back, beatifully gilt titles on back. The manuscript-fragment is placed in a red morocco-backed plastic-folder.
(Paris), Gallimard, (1949). Uncut and unopened in the orig. printed wrappers, excellent copy + original handwritten manuscript-leaf in ink, 2pp., 4to, for the pages 134-138 in the first edition, containing numerous corrections and emendations as well as a burnt hole from one of Sartre's cigarettes. The paper is watermarked ""Herakles"". Both items are placed in a very beautiful custom-made red full-morocco box, internally broadened to fit both items, w. single gilt line-borders to boards and back, beatifully gilt titles on back. The manuscript-fragment is placed in a red morocco-backed plastic-folder.
Folio. 1 p. Copy of a court martial's judgment, sentencing the bookseller Maurice de La Châtre to be deported and imprisoned in a fortress for his involvement in the Paris Commune of 1871: "3ième Conseil de Guerre de la 1ère Division militaire séant à Versailles. Jugement par Contumace. Le 3ième Conseil de Guerre permanant de la 1ère division militaire a rendu le jugement suivant: Aujourd'hui 19 décembre 1873 le 3ième Conseil de Guerre de la 1ère Division militaire séant à Versailles, ouïr le commissaire du Gouvernement dans ses réquisitions et conclusions, a declaré le nommé Delachartre (Claude Maurice) homme de lettres et libraire éditeur, contumax, à l'unanimité, coupable d'avoir en 1871, à Paris, pratiqué des intelligence avec les directeurs et commandants de bandes armées dans le but d'envahir des places et des postes appartenant à l'état & de faire attaque et résistance à La Force publique agissant contre les auteurs de ces crimes. - 2° à la l'unanimité coupable d'avoir à la même époque et au même lieu participé à un attentat dans le but de détruire & de changer le gouvernement. En conséquence le dit conseil condamne par contumace, à l'unanimité le nommé Delachartre (Claude Maurice) Sus-qualifié, conformement aux articles 96, 88, 87 du code pénal, 5 de la constitution de 1848, et de la loi du 16 Juin 1850 et 135 du code de Justice militaire, à la peine de la déportation dans une enceinte fortifiée. Le dit Jugement à commencé à recevoir son exécution le 30 Xbre 1873". - Lachâtre, who at this time was publishing the first French translation of Marx's "Kapital", had been able to avoid arrest by flying to Spain, where he lived in San Sebastián, near the border, under the name of "Leconte". Driven away by the Carlists two years later, he again escaped to Brussels and later to Vevey in Switzerland before finally returning to France in 1879. - Traces of folds; some brownstaining; some slight defects to upper edge.
8vo. (8), 73, (3) pp. Bound with both original wrappers in later half cloth. First edition. Inscribed by the author on half title to Therese Henriques (1833-83), in whose home Andersen was a frequent visitor during the last fifteen years of his life. The house was full of life and happy days as a large circle of both Danish and foreign musicians and artists visited the salons and parties held there. The friendship with Henriques was established in August Bournonville's home, where the poet first heard the young, talented Therese Henriques playing the piano. Immediately, a warm friendship between the two was kindled, and it would last a lifetime. - Provenance: descendants of Henriques family.
1938839081938 | 21 x 27 cm | 1 page sur un feuillet
1847686 pages in-4 ou in-8 sur papier ligné, 30 mars 1957 - 11 mars 1966. Très importante et très intéressante correspondance avec le fondateur, en 1953, de la revue littéraire Les Cahiers des Saisons. Réflexions sur des sujets divers et variés : la littérature bien sûr, commentaires sur différents articles de Brenner ou de ses amis, méthode, conseils et stratégies littéraires, l'art du service de presse, l'imagination, la critique, l'Académie (une ennuyeuse plaisanterie), le monde de l'édition, etc. La politique (la " droite " et la " gauche "), le " progressisme ", de Gaulle (ou plutôt " Gaulle " à la manière de Morand), l'Algérie, la guerre de 14, la résistance, les allemands, Weimar, etc. Mais aussi la radio, Roscoff, Nanterre, le mariage, les femmes, la " pédérastie ", l'amour, Freud et les " complexes ", etc. Sur ses propres ouvrages (articles dans Arts ou le " Journal de Bord " des Cahiers des Saisons), Demi-jour, Détachements, Femmes, etc. L'École de Barbézieux, les éditions Stock (en tant qu'éditeur) et la collection Le Cabinet Cosmopolite… Mentions de nombreuses personnalités des lettres : MORAND en tête bien entendu, Mathieu Galey, Bernard Frank, Nimier, J.-L. Bory, Paulhan, Fabre-Luce, Céline, Sartre, Sagan, Déon, Jacques Tournier, son fils Gérard Boutelleau, Guitry, A. Malraux, Solange Fasquelle, Josette Day, Béatrix Beck (polémique au sujet du " Déjeuner empoisonné "), Arland, J.-P. Caracalla, Nourissier, Montherlant, R. Martin du Gard, François de Curel, Clara Malraux, Madeleine Chapsal, K. Haedens, Caillois, Bernanos, M. Aymé, etc. Quelques coupures de presse dont deux avec les portraits savoureusement commentés de Montherlant et de Nourissier.Votre critique dans la revue des Voyages, c'est de la très belle critique ; forte, dense, et pourtant agréable. Il n' y a rien que j'admire comme la critique, quand elle est sérieuse. Le coté " inactuel " lui donne plus de poids encore. Caracolla (…) vous demandera de parler de Bains de mer de Paul Morand, et il a ses raisons : Morand collabore assez souvent ; et puis Mermod (l'éditeur du Bulletin où vous écrivez ; Lausanne) est en relation avec lui ; enfin le sujet est bien pour cette revue. (…) Je le dis, parce qu'il est permis de ne pas goûter comme moi la virtuosité de Morand. Elle m'éblouit parce qu'elle est l'opposé de moi ; et je la crois unique. C'est un jongleur ; mais pas un farceur ; il jongle avec des poids lourds (et quelle science des choses dans cette poudre brillante ; la poudre, c'est cet éclairage de projection électrique sur la page ). C'est un jongleur sérieux. C'est curieux, comme j'aime le sérieux (je parle de son Vienne). …Si on a une pensée ne jamais lui donner la forme trop arrêtée d'une maxime. Tout pulvériser. On ne se doute pas du travail que m'aura coûté ce souci de tout effacer. La pensée, le trait, la couleur, et jusqu'aux mots (jamais le mot le plus fort). Le mot " effacer " n'est pas tout à fait juste. Dissimuler plutôt ; non pas supprimer, mais incorporer. Un bon cuisinier, je crois, comprendrait cette recette. Tous les ingrédients (et jusqu'au travail lui même) doivent être fondus dans une lente cuisson. Jamais trop d'ingrédients, s'ils sont " fondus ". C'est là mon art. J'apprécie beaucoup l'opposé : la virtuosité, la couleur, même l'éclat, l'abondance, et même (rarement) les maximes. (…) Ce que j'ai voulu pour moi (parce que cela seul m'était permis), j'ai conscience de l'avoir réussi ; quitte à passer pour gris et ennuyeux. Cet art de " fondre " je le pousse à l'extrême, aujourd'hui, en tachant de fondre ensemble tous les genres ! On dit facilement : c'est du Chardonne, quand un livre offre bout à bout, des genres divers (…) Il s'agit, en réalité, de vraiment fondre ensemble ; obtenir une seule coulée, où les genres divers miroitent comme les couleurs variées de la mer. Cela demande un grand effort. Je crois que j'aurai réussi cette fusion dans mon prochain livre (la suite du " Ciel… ") et qui se nommera : Demi-jour. Il paraîtra en 1963 ou 64, je pense. Afin que l'on ne m'oublie pas, je publierai en février prochain (…) Femmes ; - contes choisis et quelques images - dans une édition demi-luxe. Toutes les nouvelles ont pour titre un nom de femme. La plupart, déjà publiées et presque inconnues, fortement corrigées ; quelques-unes inédites. Je les trouve bien… Je terminerai, en vous livrant mon message : Le Christ a dit : " Aimez-vous les uns les autres " c'est beaucoup trop demander ; nous le savons. " Surpassez-vous " a dit Nietzsche. Grande erreur, grand danger ; tel que vous êtes, cela suffit bien. J'adopte un conseil de Machiavel qui est modéré : " Ne soyez pas odieux ".
185488937s. d. [mai 1854] | 13.9 x 21.7 cm | une page sur un feuillet
186562589Biponti Vendredi 12 mai 1865 | 13.20 x 20.80 cm | 1 page sur un feuillet remplié
1 manuscrit in-folio br., 1er mars 1810 à septembre 1846, 40 ff. paraphés. . Rappel du titre complet : [ Exceptionnel document manuscrit pour l'histoire de l'édition française 1810-1846 : "Registre aux déclarations" des célèbres Imprimeurs-Libraires Dentu ] "Le présent livre contenant quarante feuillets, et destiné à recevoir l'Inscription par ordre de date du Titre de chaque Ouvrage que voudra imprimer le Sr. Dentu, Imprimeur rue du Pont de Lody n°3, & le nom de l'auteur s'il lui est connu, conformément à l'article 11 du Décret impérial du 5 février 1810, contenant règlement sur l'Imprimerie et la librairie, a été coté & paraphé ... par Nous Louis Nicolas Pierre Joseph Dubois, Commandant de la Légion d'Honneur, Comte de l'Empire, Conseiller d'Etat, Chargé dy 4eme arrondissement de la Police Générale, Préfet de Police du département de la Seine et des Communes de St Cloud, Sevran et Meudon du département de Seine & Oise" Exceptionnel "Registre aux déclarations" d'imprimeur du célèbre Libraire-Imprimeur Dentu, dont la dynastie s'imposa dans l'édition durant 3 générations. Morceau d'histoire de l'édition, et de la grande histoire tout court, il est difficile d'exposer la richesse de contenu du présent registre. "Imprimeur-libraire", Jean-Gabriel Dentu avait commencé en 1782 comme ouvrier-imprimeur. Il établit d'abord sa librairie dans une des boutiques de la galerie de bois du Palais-Royal, avant de s'installer, après divers déménagements, rue du Pont-de-Lodi en 1807. Le présent manuscrit détaille l'intégralité des ouvrages imprimés par les Dentu, pour leur compte ou pour celui de tiers, entre le 1er mars 1810 et septembre 1846. On y trouve à la suite d'un numéro d'ordre, le titre des ouvrages, le nom de leurs auteurs, la date d'impression, l'indication très précieuse du tirage et parfois, le bénéficiaire de l'impression (l'essentiel des impressions étant réalisée directement pour le compte de la Librairie Dentu, et cette dernière indication manque souvent). Avec le premier retour des Bourbons, on note le soudain changement de ton. Le premier ouvrage imprimé après le 20 janvier 1814 l'est le 8 avril, 2 jours après l'abdication de Napoléon : il s'agit d'un in-8 tiré à 500 exemplaires, intitulé : "Robespierre et Bonaparte, ou les deux tyrannies". Légitimiste convaincu, Dentu imprime une "Défense de la Constitution" par Malville, de nombreux ouvrages à la gloire de Louis XVI ("Son Testament et sa Mort" ou encore "Nouvel Elysée ou Monument à la Mémoire de Louis XVI et de sa famille" par Amaury Duval, ouvrage ayant valu à l'auteur de figurer dans le Dictionnaire des Girouettes) et nombre de pamphlets anti-napoléonien. En 1815, pendant les Cent-Jours, tout va très vite : imprimeur et éditeur de "Des lois existantes, et du décret du 9 mai 1815", par Louis-Florian-Paul de Kergorlay (premier tirage le 24 mai à 1000 exemplaires, puis le 27 mai à 2000 exemplaires), Jean-Gabriel Dentu est emprisonné sans jugement. Mais dès le 28 juin, à la chute de l'Aigle, les impressions reprennent (Conspiration de Buonaparte contre Louis XVIII par La Martelière, tiré à 500 exemplaires). Jusqu'en 1819, la plupart des tirages oscillent entre 500 et 2000 exemplaires. Rares sont les tirages qui sortent du lot. Succédant à un premier tirage de 1250 exemplaires imprimés quelques jours auparavant, la deuxième édition de la "Proposition faite à la Chambre des Pairs" par le Vicomte de Chateaubriand tirée à 10000 exemplaires le 19 décembre 1816 puis la troisième imprimée à 6000 exemplaires le 3 janvier 1817 font figures d'exception. A partir de Janvier 1819, il imprime les premières livraisons du journal royaliste "Le Drapeau Blanc" (tirage croissant, passant de 2000 à 3000 puis 4000 exemplaires). Afin de contourner la censure, le journal n'est alors qu'une simple brochure. A partir de juin, les impressions du "journal" cessent chez Dentu (en coïncidence avec la transformation en vrai journal quotidien). A partir de 1820, tirages confidentiels ("Naissance de S.A.R. Mgr. le duc de Bordeaux" par O'Mahony tiré à 100 exemplaires) alternent avec des tirages à 10000 exemplaires (ainsi en est-il des trois tirages du "Petit Catéchisme Politique" de Méjan). Les années suivantes, on relève le 18 décembre 1822 le tirage à 10000 exemplaires du prospectus intitulé "Observations sur la saisie du Journal intitulé "Le Régulateur", puis en mai 1830, celui à 30000 exemplaires du prospectus publicitaire du journal "L'Oriflamme", remplaçant du défunt "Régulateur". A compter de décembre 1823, le registre précise le format et le nombre de feuilles nécessaires pour l'impression. Les 60 feuilles in-8 nécessaires à "L'histoire de la Révolution d'Espagne de 1820 à 1823" (septembre 1824, tirage à 1500 exemplaires) font plutôt figures d'exception, car l'impression de brochures, pamphlets et prospectus domine nettement. Malgré ses amitiés légitimistes, Jean-Gabriel Dentu n'échappe pas aux poursuites et aux agaceries de la justice, mais il sait sortir les griffes si nécessaires : en mars 1826, il imprime son Mémoire en défense contre le Procureur du Roi Jacquinot de Pampelune à 10000 exemplaires (15 feuilles in-8). A compter d'avril 1828, la présentation se resserre fortement. Ce changement d'époque, bientôt changement de régime, coïncide avec le passage de témoin de Jean-Gabriel à son fils Gabriel-André Dentu, plus ardent légitimiste encore que son père. Les "Cancans" imprimés à partir de 1831 ("Cancans français", "cancans patriotiques", "cancans officiels", prémonitoira "cancans en prison"...) lui vaudront 6 mois de prison en 1833 (pour les "Cancans fleurissants", "décisifs" et "inflexibles", tirage de 23000 exemplaires le 30 mai 1832 pour ce dernier). Depuis 1835, on relève en fin de chaque année le visa des autorités de police. A partir de 1838, les numéros d'ordre, suivis jusque-là, vont désormais reprendre à zéro chaque année. De mars 1810 à décembre 1837, on peut compter 1559 impressions différentes. Mais les difficultés qui s'accumulaient pour les Dentu en cette décennie sont visibles dans le manuscrit, car les publications s'essouflent. En juin 1845, la mention suivante est portée de la main du commissaire de police Demoulin : "Nous commissaire de police inspecteur de l'imprimerie et de la librairie A. Demoulin, conformément à l'instruction de Monsieur le Ministre de l'intérieur du 20 juin 1845, transcrivons au présent registre aux déclarations l'article de la loi du 21 octobre 1844 relative à la presse soit l'article 14 de ladite loi : Nul imprimeur ne pourra faire imprimer un écrit avant d'avoir déclaré qu'il se propose de l'imprimer... avant d'avoir fait le dépôt en nombre prescrit d'exemplaires, savoir : à Paris, au Secrétariat de la Direction Générale". Le registre se termine au 36ème feuillet, le 9 septembre 1846 ("Sur l'organisation d'une caisse nationale pour les salariés". On sait par ailleurs que l'imprimerie sera liquidée aux enchères en décembre 1847, le matériel étant repris par Plon, Chaix et Lorilleux. L'imprimeur Dentu est mort, mais l'éditeur lui survivra, en la personne du petit-fils, Edouard Dentu. Français
1793733941er avril 1793 | 15.60 x 20 cm | une page sur un feuillet
184475148Paris 11 février 1844 | 10.40 x 13.60 cm | quatre pages sur deux feuillets
183386496s. l. [Neuchâtel] [29 septembre 1833] | 13.40 x 21.10 cm | une page sur un double feuillet
2298927 feuillets in-4 et in-8, numérotés 1 à 22 (dont 2bis, 2ter, 13bis dactylographié, 17bis et 17ter avec deux lignes dactylographiées) montés sur onglets et interfoliés de feuilles de vergé gris. Relié en un volume in-4 (27,2×22,5 cm), demi-maroquin bordeaux à coins, dos à 5 nerfs ornés de caissons à triples encadrements de filets dorés, tête dorée (F. et A. Maylander). MANUSCRIT AUTOGRAPHE DE LA CÉLÈBRE ÉTUDE SUR CHODERLOS DE LACLOS ET LES LIAISONS DANGEREUSES, parue dans le tome II de l'ouvrage collectif " Tableau de la Littérature Française " (N.R.F., 1939). En 1970, Malraux la publiera à nouveau dans " Le Triangle noir " avec deux autres textes, sur Goya et Saint-Just. Elle sera reprise en préface du roman aux éditions du Livre de Poche puis Folio-Gallimard. Le volume s'ouvre par une lettre autographe adressée à son cher Professeur, Henri Mondor (1 page in-12, 7 juin 1945), auquel Malraux offre ce manuscrit. Sur la page de titre autographe qui suit, datée du même jour, dédicacée et signée, l'auteur précise qu'il n'existe pas d'autre manuscrit. Les différences avec le texte définitif sont dues, soit à un montage différent, soit à des corrections sur dactylographie ou épreuves. Bien que de premier jet, ce manuscrit est très proche de la version imprimée. Malraux met en évidence l'originalité et la modernité des Liaisons dangereuses. Il débute par une synthèse du roman : Laclos entre prend de raconter une anecdote de sa jeunesse : une femme abandonnée par son amant décide de faire coucher n'importe qui avec la fiancée de celui-ci, pour qu'il soit trompé avant même son mariage. Il y ajoute l'histoire d'une autre femme qui, séduite et quittée par un complice de la première, meurt de chagrin. Puis il en définit l'essence même : Les Liaisons sont le récit d'une intrigue. (Comme par hasard, ce mot désigne à la fois l'organisation des faits dans un ouvrage de fiction, et un ensemble efficace et orienté de tromperies.) Intriguer tend toujours " à faire croire " quelque chose à quelqu'un ; toute intrigue est une architecture de mensonges; croire à l'intrigue, c'est croire d'abord qu'on peut agir sur les hommes, - par leurs passions, qui sont leurs faiblesses […] Le problème technique du livre est de savoir ce qu'un personnage va faire croire à un autre. D'où une ronde d'ombres Louis XV à la merci des deux meneurs du jeu. Pour Malraux, Laclos renouvelle la notion d'intelligence, idée passionnelle et mythique. Il analyse aussi une autre nouveauté : La passion s'est métamorphosée : elle était fatalité, elle devient désir. Mais, observe-t-il, le premier caractère de ce livre, qui ne parle que de passion, c'est de l'ignorer presque toute. Une seule y paraît: l'amour qu'éprouve Mme de Tourvel […] Les cartes sont simples, dans ce jeu qui n'a que deux couleurs: la vanité, le désir sexuel. Décelant dans les deux protagonistes principaux des Liaisons, la naissance et le prototype de la figure de l'intellectuel, il explique pourquoi ce livre est novateur : Valmont et Mme de Merteuil sont les deux premiers personnages de la fiction qui agissent en fonction d'une idéologie. Par leurs deux personnages significatifs, les Liaisons sont une école de volonté. Et ce n'est pas un de leurs moindres moyens d'action que leur mélange permanent de volonté et de sexualité […] Tout le livre est une érotisation de la volonté. Lorsque son livre n'était déjà plus qu'un chef-d'œuvre mineur et presque clandestin, c'est à Tilly que Laclos disait: "J'ai voulu faire un ouvrage qui retentît encore sur la terre quand j'y aurai passé". Comme il est rare qu'un écrivain se croie assuré des siècles par son seul talent, il semble que Laclos ait attendu sa postérité d'une dénonciation de son temps. Je crains (et les mémoires du temps semblent nous le montrer de plus en plus) que les mœurs des Liaisons n'aient eu dans la France de 1780 que l'importance de celles de Montparnasse dans la France de 1939 […] Il conclut: Laclos fut un dénonciateur de rêves. Il révéla ceux de son temps en leur donnant la vie. En les faisant entrer dans le long domaine des rêves de tous, celui où les hommes promis à la mort contemplent avec envie des personnages un instant maîtres de leur destin. Ce manuscrit figurait à l'exposition Malraux, à la Fondation Maeght (13 juillet-30 septembre 1973). Ancienne collection Henri Mondor avec son ex-libris.
4to. ½ p. Rare draft for a letter to his Minister of Finances, Charles Gaudin (1756-1841), asking for more information about aid to the veterans of Piedmont as they would soon be his subjects in the newly created Kingdom of Italy: "Monsieur Gaudin, je vous renvoie vos états sur les biens des camps de vétérans en Piémont. Je désire que vous me fassiez un rapport d'une page, qui me fasse connaitre 'la loi a affecté' la quotité des biens que la loi a affectés aux camps de vétérans dans la 27è division militaire, combien il y en a déjà de désignées pour ce service et ce qu'il y manque" [Mister Gaudin, I return your budget of the assets of the veterans' camps in Piedmont to you. I want you to compile a one page report for me that informs me 'the law has affected' the share of the assets that the law has affected in the veterans' camps of the 27th military division, how many have already been appointed for this service and what it lacks"]. - Because of the many corrections the letter was never signed or sent. Every line has been partly crossed out or modified by the Emperor. - Napoleon's coronation as Emperor of the French had only taken place three months prior at which occasion the deputies of the Italian Republic officially offered the crown of Italy to him. On March 17, 1805 the political transformation of the Italian Republic to the Kingdom of Italy (1805-1814) was put into effect. The letter to Charles Gaudin relates to this process as Napoleon wanted to be fully informed about the financial obligations to the veterans of Piedmont, his new subjects.
1939124898Paris Gallimard 1939 1 vol. relié in-12, cartonnage éditeur de toile bleue avec globe doré sur le premier plat, 218 pp. Deuxième tirage, achevé d'imprimer le 31 mai 1939, trois mois après l'édition originale. Un des 975 exemplaires numérotés sur héliona (Huret, IR/17), comprenant un long et très émouvant envoi où l'on retrouve tout l'esprit de camaraderie dépeint par Saint Exupéry parmi les pilotes de l'Aéropostale : "Pour Monsieur Roger Deveau qui a succédé comme patron de l'aviation civile à Casablanca au héros de la page 30 et qui, au lieu de m'engueuler si méchamment par radio, m'aurait plutôt offert à boire pour me consoler d'une nuit si pénible... En souvenir d'une vieille amitié professionnelle et des parties d'échecs que j'ai la joie de lui avoir gagnées (car je suis mauvais joueur et déteste perdre...). En souvenir enfin de tous les camarades vivants et disparus. Antoine de Saint Exupéry". Quelques légères rousseurs.