19 839 résultats
188568398Dieppe 1er septembre 1885 | 22.40 x 17.70 cm | 4 pages sur un double feuillet
19158227719 août 1915 | 22.20 x 28.60 cm | 2 pages sur un feuillet
190078743s. l. [Londres] 24 mars 1900 | 10 x 15.70 cm | 6 pages sur 2 doubles feuillets
Folio. 2 volumes. 409, (1); 539, (2) pp. French manuscript in ink with 236 (80+156) full-page hand-painted watercolour coats-of-arms. With a loose leaf with letterpress text reading "Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron" and with manuscript genealogical notes in French. Contemporary calf, not uniform. Thoroughly illustrated heraldic manuscript by the French Capuchin monk Père Prosper de Rodés of the Capuchin monastery in the Bishopric of Rodez in Aveyron, southern France. It provides genealogical information and usually also coats of arms, rendered in watercolour, for 279 French aristocratic families, including Amboise, Armagnac, Du Bellay, Champagne, Coligny, Estaing, Du Guesclin, Matignon, Polignac, Pompadour, Sully; Bassompierre, Bourbon, Colbert, Foix, Grimaldi, Molé, Montmorency, Monferrand, Montaigu, Montauban, Noailles, Rohan, Savoye, Sevigné, Le Tellier. - Père Prosper de Rodes wrote and compiled several manuscript genealogical works. Le Long records two in the library of the Capuchins in Toulouse in 1771, items 40578 (Histoire de toutes les maisons principales de France, folio, 2 vols.) and 40579 (Histoire généalogique de tous les Ducs & Pairs de France, folio, 1 vol.). Waroquier de Méricourt records the former still at that library in 1787, and Haenel records the latter at the Stiftsbibliothek in St. Gallen, Switzerland in 1830. Only one of the two present volumes has a title-page, calling it volume V, with additions to the previous four volumes, and its reference to 150 families with their coats of arms agrees fairly well with the 156 coats of arms in that volume. The volume without a title-page is labelled "Tom. III" on the spine. Perhaps these two volumes were separated from the three recorded by Le Long before 1771, making five volumes in total. The Bibliothèque d'Etude et du Patrimoine de Toulouse now holds four genealogical manuscripts by Prosper de Rodés (Bibliothèque Municipale mss. 455-458), but the titles agree with neither those given by Le Long nor with ours. - Tears repaired in the title-page of vol. 5. Lacking the title-page and three preliminary leaves, as well as ten other leaves: vol. 3, pp. 105-108, 159-160, 249-250; vol. 5, pp. 6-7, 62-63, 146-149, 386-387, 410-411. Several repaired defects in the pages, part of pp. 400f. torn off and missing, a hole in pp. 380f., thumbing in the margins. - Provenance: bookplate of the historian and genealogist Hippolyte Justin de Barrau (1794-1863), founder of the Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron, on the front pastedown of volume 3. Lelong, Biblioth. hist. de la France III, 716 and V, 680. Louis-Charles de Waroquier de Méricourt de La Mothe de Combles, Tableau genealogique, historique, chronologique, heraldique et geographique de la noblesse, enrichi de gravures [...] (Nyon, 1787), 379. Cf. Haenel, Catalogi librorum manuscriptorum, col. 480. For the author cf. Apollinaire de Valence, Histoire des capucins I, 429.
1742(LCPCRELI-0001)(Un rarissime manuscrit de la Maison de La Bouche du Dauphin Louis-Ferdinand de France (1729-1765), fils de Louis XV) MENUS ET ORDRES DE DEPENSES DU DAUPHIN (Louis-Ferdinand de France). (Manuscrit) 1742, s.l. (Versailles) 1 vol. in-fol. (442x298 mm) (dimensions pages 431x280 mm) (1) f.b. (découpé dans la moitié inférieure), (4) ff. b. (déchirés), ff. 5-6 b., f. 7 (déchiré), ff. 8-11, f. 12 (déchiré), ff. 13-14, f. 15 (déchiré), ff. 16-21, ff. 22-32 (déchirés), ff. 34-40, f. 41 (déchiré), ff. 42-44, f. 45 (déchiré), ff. 46-52, f. 53 (déchiré), ff. 54-56, f. 57 (déchiré), f. 58, f. 59 (déchiré), ff. 60-67 b., f. 68 (déchiré), f. 69 b., (1) f. (déchiré), (2) ff. b. Partie écrite dans les ff. 8-9, 10 (r/v), 11, 13-16 (r/v), 17-20, 21, 33-36 (r/v), 37-38, 39 (r/v), 40, 42, 43-44 (r/v), 46, 47 (r/v), 48-49, 50 (r/v), 51, 52 (r/v), 54-56 (r/v). Reliure armoriée de l'époque en veau marbré. Roulette dorée encadrant les plats avec armes du Dauphin au centre et aux angles. Dos à six nerfs décoré de fleurs de lys et de dauphins dorés alternés dans les compartiments. Pièce de titre en maroquin rouge. Roulette intérieure dorée. Tranches marbrées. Gardes de papier à couleurs mélangées. Très rare et précieux manuscrit calligraphié qui relate les Ordres et les Dépenses de la Maison de La Bouche du Dauphin Louis-Ferdinand de France (1729-1765). Mouillure avec atteinte au papier qui est rongé en début du volume, sans atteinte au texte. Manquent plusieurs feuillets coupés ou déchirés, peut être pour utiliser le papier blanc, ou pendant les troubles de la révolution. Les armoiries des plats ont été masquées puis découvertes, et elles sont un peu ternies. Mors du second plat fendu, manques importantes dans la partie inférieure et supérieure du dos, coins usés. Provenance: Exemplaire aux armes dorées du Dauphin Louis-Ferdinand de France (1729-1765), fils aîné de Louis XV et de Marie-Leszczinska et père de trois Rois de France (Louis XVI, Louis XVIII et Charles X). Né le 4 septembre 1729, après trois soeurs, sa naissance très désirée et attendue, fut un événement majeur pour la Cour de Versailles, une explosion de joie, une fête jusqu'au délire pour toute la France et pour l'Europe entière (il fut appelé "l'Enfant de l'Europe"). La monarchie avait finalement un Dauphin. La mort malheureuse en bas âge de son frère cadet, le Duc d'Anjou (1730-1733), et la naissance seulement de filles (encore cinq, après les trois premières) au sein du couple royal, détermina la grande importance et attention sur le Dauphin Louis-Ferdinand, seul espérance, sinon assurance, de la continuité de la branche des Bourbons au trône de France. Avant ses sept ans, en mars 1736, "il passât aux hommes", laissant l'appartement de ses soeurs, pour prendre possession d'un appartement à lui seul. Tout juste derrière le Roi, dans la hiérarchie royale, le Dauphin, non seulement a une garde militaire, qui présente les armes à son passage, un ou deux huissiers et des gardes du corps, mais il a droit aussi - à la fin de son éducation - à "une Maison calquée sur celle du Roi, avec des grands-officiers et un trésorier (l'Argentier) pour rendre les comptes à la Chambre des Comptes", avec "un roulement par quartier, semaine, trimestre ou semestre". Le Dauphin, en outre, "en tant qu'aîné des princes, avait droit à deux valets et deux garçons de la Chambre". Le vin que dans les Dépenses on trouve "platoniquement alloué aux enfants" de France, en réalité était destiné, tout comme le pain, aux garçons de la Chambre et au personnel de service. Très rare document sur la Cour de Versailles et sur les coûts d'entretiens du Dauphin. Peut être compilé sur ordre de M. Jacques Robillart, sieur de Courneuve, "un borgne qui avait été longtemps l'écuyer de M.me de Ventadour" et qu'elle fit nommer Argentier des Enfants de France, à partir de 1733. Cela au milieu de la période (de 1738-1750) dans laquelle ses soeurs cadettes, à l'exception de M.me Adelaide, étaient élevées loin de la Cour, dans l'abbaye de Fontevrault, pour des raison d'économie. Dans ce précieux document, ou tout est réglé, on peut extraire - pour le premier semestre de 1742 - nombre d'informations intéressantes et curieuses. Comme les ordres de cire et le nombre de bougies pour l'éclairage de l'appartement du Dauphin (de l'accès de la Cour du Château de Versailles jusqu'à sa chambre, à travers les différents couloirs et pièces), ou pour la présentation des viandes à son Buffet, ou encore pour les soirées de bals données par le Dauphin; les ordres pour le vin pour le Service du prince, pour les officiers et pour le clergé; celui pour les gardes du corps (dont on peut connaître le nombre et la Compagnie d'appartenance) et pour les valets (dont on peut connaître les noms); les ordres de charbon pour la cuisine du prince; les extraordinaires pour les porteurs de la Bouche; les ordres pour le blanchissage du linge, avec les extraordinaires lors des bals chez Mesdames, soeur du Dauphin; etc. On peut connaître aussi les déplacements du dauphin (qui suivait le Roi et la Reine) à Fontainebleau et à Frémont (aujourd'hui Fromont), avec toutes les dépenses qui en suivent pour les gardes du corps et pour son Service, avec la location d'avance des outils pour la cuisine du prince et avec les dispositions pour la nourriture du personnel qui se déplace (le valet de Chambre et sa famille, par exemple, "... mangent de la desserte de la table du prince à mesure qu'elle sera desservie"). Très probablement ce manuscrit a été dispersé lors des saccages et des ventes révolutionnaires. Les Archives Nationales, en effet, ne possèdent aucun document de ce genre pour la période entre 1739 (Sous-série O1 doc. n° 3743a) et 1751 (Sous-série O1 doc. n° 3743b). Un manuscrit similaire, de 120 pp., des Menus et Ordres de Dépenses des Mesdames de France, du 01-07-1757 au 31-12-1757, en reliure presque identique, est récemment passé sur le marché (Librairie A. Sourget cat. G.P., Paris, 2017 n. 27, 75.000,00 euros). (LCPCRELI-0001)
184172928Paris s. d. [avril 1841] | 13.50 x 21 cm | une page sur un feuillet
184173272Paris s. d. [circa mars 1841] | 10 x 13.10 cm | un feuillet et son enveloppe dépliée
- Paris janvier 1914, 21x28,5 cm, une page sur un feuillet. - Handwritten signed letter addressed to the Romanian Ministry of Worship Paris January 1914 | 21 x 28.5 cm | one page on a leaf Very important handwritten letter signed by Constantin Brâncu?i addressed to the Romanian Ministry of Worship, written in black ink on a leaf of white paper. Embossed stamp and a trace of a stamp. Transverse folds from having been sent. In this letter dated January 1914 and addressed to the Ministry of Worship, the sculptor requests authorisation to bring some of his sculptures to Romania for the exhibition of the "Tinerimea Artistica" company (Artistic Youth). Brâncu?i was then in Paris, as evidenced by his address: « 54 rue du Montparnasse ». A list of works was visibly attached to the letter but, sadly, has disappeared. This letter testifies to the close links maintained between Brâncu?i and the Romanian artists of the "Tinerimea Artistica" who, since 1908, organized exhibitions bringing together paintings and sculptures. In March 1914 Brâncu?i presents six works, including La Prière (1907), Le Baiser (1907-08), Mademoiselle Pogany (1913), at the fourteenth exhibition of this important artistic company. He was already a renowned sculptor at that time: the presence of five of his works at the Armory Show in New York (17 February - 15 March 1913), where his sculpture Mademoiselle Pogany caused a scandal due it its modernity at the side of Marcel Duchamp's Nu descendant un escalier and allowed him to become one of the major artists of the second decade of the 20th century. [FRENCH VERSION FOLLOWS] Très importante lettre autographe signée de Constantin Brâncu?i adressée au Ministère roumain des cultes, rédigée à l'encre noire sur un feuillet de papier blanc. Timbre à sec et timbre postal à l'encre. Pliures transversales inhérentes à l'envoi. Dans cette lettre datée de janvier 1914 et adressée au ministre des Cultes, le sculpteur demande l'autorisation de faire entrer certaines de ses sculptures en Roumanie à l'occasion de l'exposition de la société «?Tinerimea Artistica?» (La Jeunesse artistique). Brâncu?i se trouve alors à Paris comme en témoigne son adresse?: «?54 rue du Montparnasse?». Une liste des uvres étaient visiblement jointe à cette lettre mais elle a, hélas, disparu. Cette missive témoigne des liens étroits entretenus entre Brâncu?i et les artistes roumains de la «?Tinerimea Artistica?» qui organise depuis 1908 des expositions regroupant peintures et sculptures. En mars 1914 Brâncu?i présente six uvres dont La Prière (1907), Le Baiser (1907-08), Mademoiselle Pogany (1913) à la quatorzième exposition de cette importante société artistique. Il est déjà à cette époque un sculpteur de renom?: la présence de cinq de ses uvres à l'Armory Show à New York (17 février - 15 mars 1913), où sa sculpture Mademoiselle Pogany a provoqué un scandale par sa modernité au côté du Nu descendant un escalier de Marcel Duchamp et lui a permis de devenir l'un des artistes majeurs de la deuxième décennie du XXè siècle.
- s.d. [circa 1843], 13,2x21,9cm ; 12,4x15,8cm ; 13,2x9,1cm ; 17,2x5,9cm, 4 feuillets. - Manuscrit autographe de Théophile Gautier, 4 feuillets numérotés 2, 2bis, 9 et 11, 83 lignes à l'encre bleu turquoise, rose et rouge, corrections de la main de l'auteur, quelques pliures, infimes déchirures marginales sans manque de texte, quelques bavures et traces d'encre sans manque de texte. Admirable ensemble de quatre fragments manuscrits du chapitre XI du Voyage d'Espagne dévoilant les coulisses de l'écriture de Gautier qui, guidé par le goût romantique pour le pittoresque, relate ses séjours à Madrid et Ocaña et ses passages par La Guardia et Tembleque. Gautier adopte ici un étonnant format de travail sur feuilles volantes où, menée par une écriture serrée et bigarrée, se distingue la fabrique du récit à travers les corrections que l'auteur impose à son texte. Originellement destiné à une publication dans la presse, l'article de Gautier, lui-même séduit par l'exotisme espagnol, satisfait le penchant pour le pittoresque alors à son apogée en France : « [...] les mouvements de coude des femmes se groupant dans leur mantille et corrigeant l'inflexion d'un pli disgracieux ; les illades lancées d'une croisée à l'autre aux gens de connaissance ; le joli signe de tête et le geste gracieux qui accompagne l'agur par lequel les senhoras répondent aux cavaliers qui les saluent ; la foule pittoresque entremêlée de Gallegos, de Pasiegas, de Valenciens, de Manolas et de vendeurs d'eau » Les extraits présentés se placent en relation directe avec un imaginaire commun de l'Espagne, introduit par Don Quichotte et ses célèbres moulins : « [...] nous aperçûmes sur la droite deux ou trois moulins à vent qui ont la prétention d'avoir soutenu victorieusement le choc de la lance de don Quichotte [...] La venta où nous nous arrêtâmes pour vider deux ou trois jarres d'eau fraîche, se glorifie aussi d'avoir hébergé l'immortel héros de Cervantès ». Placé en résonance avec une telle référence romanesque, le récit de Gautier se teinte de couleur picaresque : « Nous avions en outre une escorte spéciale de quatre cavaliers armés d'espingoles, de pistolets et de grands sabres. C'étaient des hommes de haute taille, à figures caractéristiques, encadrées d'énormes favoris noirs, avec des chapeaux pointus, de larges ceintures rouges, des culottes de velours et des guêtres de cuir, ayant bien plus l'air de voleurs que de gendarmes, et qu'il était fort ingénieux d'emmener avec soi, de peur de les rencontrer ». Sans se départir de sa plume pleine d'humour (« Boire de l'eau est une volupté que je n'ai connue qu'en Espagne »), Gautier se montre sensible à la gaieté et au bon vivant espagnols : « la sobriété et la patience des Espagnols à supporter la fatigue est quelque chose qui tient du prodige. Ils sont restés Arabes sur ce point. L'on ne saurait pousser plus loin l'oubli de la vie matérielle. Mais ces soldats, qui manquaient de pain et de souliers, avaient une guitare ». Si l'écrivain est conscient de l'influence que la parution des articles dans la presse a sur son écriture, « je ne te fais pas de détails pittoresques. Tu verras cela dans les papiers publics » (Lettre de Théophile Gautier à sa mère, Burgos, 16 mai 1840), le Voyage en Espagne demeure une expérience jalon dans le développement esthétique de Gautier. Plus qu'un simple récit de voyage, l'ouvrage révèle « son rapport poétique avec le monde visible » (François Brunet) dont certains accents se distingue ici : « Le passage de la procession est poudré de sable fin, et des tendidos de toile à voile, allant d'une maison à l'autre, entretiennent l'ombre et la fraîcheur dans les rues [...] Le manège perpétuel des éventails qui s'ouvrent, se ferment, palpitent et battent de l'aile comme des papillons qui cherchent à se poser ». [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]
- s.d. (15 avril 1892), 12,6x16,4cm, 11,4x8,9cm et 31,9x9,9cm, 2 pages sur un double feuillet, une carte et un calque. - Handwritten signed letter and handwritten signed quatrain addressed to Alidor Delzant: "Here is a concise quatrain..." [with] Original reproduction of the quatrain destined to decorate the lintel of his chimney [15 April 1892] | 12,6 x 16,4 cm | 11,4 x 8,9 cm and 31,9 x 9,9 cm | 2 pages on a double leaf, one card and a reproduction Handwritten signed letter from Stéphane Mallarmé addressed to Alidor Delzant. Two pages written in black ink on a double leaf. Envelope attached. A handwritten signed quatrain by Mallarmé on a card is attached to this letter, the one that will be used for the chimney: Ici le feu pour renaître Tantôt durable ou charmant Comme l'amitié du maître Mêle du chêne au sarment Alidor Delzant was a lawyer, collector and bibliophile. Friend with the Goncourts brothers, he dedicated a book to them and was Edmond's secretary and testamentary beneficiary. A beautiful letter mentioning the creation of a quatrain to embellish Delzant's chimney: "I am infinitely touched, and this thought, like all of yours, is gracious. Here is a concise quatrain + I recommend the engraving in capitals?; tell me if you agree.++ But do you have vine branches?" We attach the original reproduction of the quatrain, likely produced by Mallarmé, destined to adorn the lintel of Alidor Delzant's library chimney in his Paraÿs home. We know Delzant's reply to this letter: "My dear friend / These verses are very beautiful, just what was suited to glorify the Paraÿs Chimney where the vine shoots sparkle around the oak logs. / I remain touched and grateful. / Alidor Delzant." [FRENCH VERSION FOLLOWS] Lettre autographe signée de Stéphane Mallarmé adressée à Alidor Delzant. Deux pages rédigées à l'encre noire sur un double feuillet. Enveloppe jointe. Est joint à cette lettre un quatrain autographe signé de Mallarmé sur une carte, celui qui sera repris pour la cheminée?: «?Ici le feu pour renaître Tantôt durable ou charmant Comme l'amitié du maître Mêle du chêne au sarment.?» Alidor Delzant fut avocat, collectionneur et bibliophile. Ami des Goncourt, il leur consacra un ouvrage et fut le secrétaire et légataire testamentaire d'Edmond. Belle lettre évoquant la création d'un quatrain afin d'embellir la cheminée de Delzant?: «?Je suis infiniment touché, et cette pensée, comme toutes les vôtres, est gracieuse. Voici un quatrain lapidaire + je conseille la gravure en capitales?; dites-moi s'il vous agrée.++ Mais usez-vous de sarments ??» On joint le calque original, probablement réalisé par Mallarmé, du quatrain destiné à orner le linteau de la cheminée de la bibliothèque d'Alidor Delzant dans sa maison de Paraÿs. On connaît la réponse de Delzant à cette lettre?: «?Mon cher ami / Ces vers sont très beaux, juste ce qui convenait pour glorifier la Cheminée de Paraÿs où les sarments pétillent autour des bûches des chênes. / Je demeure touché et reconnaissant. / Alidor Delzant.?»
- Paris s.d. [16 janvier 1884], 10,1x13cm, 2 pages sur un feuillet rempliée. - Lettre autographe signée de Guy de Maupassant à la comtesse Potocka, 26 lignes à l'encre noire sur un feuillet de papier vergé à en-tête "GM 83, rue Dulong". Publiée dans Marlo Johnston, « Lettres inédites de Maupassant à la comtesse Potocka », Histoires littéraires, n°40, octobre-novembre-décembre 2009. Maupassant évoque l'épisode qui marque son entrée dans la familiarité avec la comtesse : la fameuse histoire des poupées. À la suite d'un pari perdu, la comtesse Potocka avait fait envoyer à Maupassant des poupées de chiffon représentant les dames invitées à un futur dîner. Par jeu, Maupassant pris six d'entre elles et leur bourra le ventre de tissu avant de les renvoyer à la comtesse. Dans un mot qui accompagnait l'envoi, Maupassant se vantait de les avoir toutes engrossées en une seule nuit. Pour se sortir d'une soirée qu'il préfèrerait passer chez la comtesse il a du : « [...] faire des démarches de diplomate, d'employer des ruses et des machinations des plus habiles. » Malgré tout, il ne pourra que se : « [...] sauver vers onze heures ou onze heures et demie. » Afin de connaître les invitées qui se trouveront à cette soirée, il demande à Potocka : « Il faudra me redonner six poupées ». Une petite boutade qui reflète leur niveau d'intimité. Il regrette de s'être engagé pour cette soirée qui l'empêche de se rendre chez la comtesse : « Voyez-vous où j'en suis ? La soirée pour laquelle je m'étais engagé ne devant commencer à être agréable que vers minuit, tous invités partis. » À bout, il se propose de : « [...] crier, comme le beau-frère de votre amie : "A moi le camphre et le nénuphar" ! », les deux substances étaient utilisées comme anaphrodisiaque ou pour calmer l'énervement. Malgré son peu d'envie, il devra se rendre à ce dîner mais il compte offrir : « [...] à Dieu, et à Vous, ce sacrifice qui me semblera délicieux. Je viendrai avec des sentiments de contrition et d'exaltation sacrée. » Pour conclure la plus humoristique des lettres de Maupassant à la comtesse Potocka, l'auteur signe : « Maupassant prêtre libre ». Provenance : collection Jean Bonna. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]
- Triel s.d. [8 juillet 1889], 9,9x15,2 cm, 3 pages sur un feuillet rempliée. - Lettre autographe signée de Guy de Maupassant à la comtesse Potocka, 38 lignes à l'encre noire sur un feuillet double. Publiée dans Marlo Johnston, « Lettres inédites de Maupassant à la comtesse Potocka », Histoires littéraires, n°40, octobre-novembre-décembre 2009. Plus sombre que d'ordinaire, Maupassant semble tracassé par un fait qu'il ne mentionne pas mais dont il s'excuse auprès de la comtesse : « Je vous demande encore pardon, ce qui du reste n'atténue pas mon remords ; et je vous assure qu'il est cuisant car j'ai cette arrière-pensée que cous m'en voudrez un peu pendant longtemps. » Maupassant s'était fait une réputation de farceur ainsi que d'homme au langage très libre, sans doute avait-il dépassé une limite en parole ou en action. Quelques années auparavant, il s'était illustré avec la fameuse blague des poupées. La comtesse Potocka avait offert à Maupassant des poupées de chiffon représentant les invitées d'un dîner qu'elle organisait chez elle. Par jeu, il bourra le ventre des dites poupées et les renvoya le lendemain à la comtesse, prétendant ainsi les avoir engrossées dans la nuit. La farce fut connue et provoqua bien des réactions outrées mais la comtesse avait fini par lui assurer son pardon. Quel qu'ait été l'événement malheureux, les courriers semblent s'être croisés : « Votre lettre m'a été renvoyée à Triel car le facteur ne me savait pas à Paris. » Pensant subir de nouveau des remontrances il avoue avoir : « [...] été, en la lisant pénétré de confusion. » Soucieux de plaire à la comtesse, il exprime son inquiétude : « Pourquoi suis-je ainsi nerveux, par moments, comme une femme, sans motifs réels, et sans avoir ressenti, vraiment, aucun froissement. Je n'en sais rien. Je ne peux que le constater. » Qu'ils soient les signes avant-coureurs de la folie où il terminera ses jours, ou les conséquences de ses sentiments pour la comtesse, qu'il s'effraie de fâcher, ces accès de nervosité ne cesseront plus de la vie de l'auteur. Pour s'assurer de la venue de la comtesse à Triel, Maupassant lui demande confirmation : « Je compte sur vous demain n'est-ce pas. » Pour ce faire, il lui conseille le train : « Si vous venez par le chemin de fer, comme vous y paraissez décidée, j'irai vous attendre à Meulan [...] Si vous veniez par le bateau de Georges je vous prie de vouloir bien m'en informer par une dépêche. » Le Georges en question est Georges Legrand, journaliste, « Macchabée » de la comtesse, qu'il fit connaître à Maupassant, et selon le peintre Jacques-Émile Blanche, le seul qui ait eu ses faveurs. Provenance : collection Jean Bonna. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]
- Paris s.d. [début janvier 1884], 10,2x13 cm, 4 pages sur un feuillet double. - Lettre autographe signée de Guy de Maupassant à la comtesse Potocka, 67 lignes à l'encre noire sur un papier à en-tête « GM 83, rue Dulong », enveloppe jointe. Publiée dans Marlo Johnston, « Lettres inédites de Maupassant à la comtesse Potocka », Histoires littéraires, n°40, octobre-novembre-décembre 2009. Cette longue missive débute par une commission qui a été faite à Maupassant : « Je m'acquitte tout de suite d'une commission dont on me charge pour vous, bien qu'il me semble y découvrir un peu d'ironie. La princesse Ouroussow, qui vient de m'écrire pour me demander d'aller la voir ce soir, me prie, en post-scriptum, de la rappeler à votre souvenir lorsque je vous verrai. » La princesse Ouroussow était l'épouse de l'ambassadeur russe à Paris. Avec la Comtesse, elle faisait partie de ce gotha mondain qui entourait les auteurs et les artistes. L'ironie dont il fait mention est celle-ci : « Comme des gens réputés perspicaces ont affirmé que toute la pensée d'une lettre de femme est dans le post-scriptum, [...] j'ai tenu à remplir immédiatement mon rôle d'intermédiaire. » Il a déduit de cet ajout « que la lettre de la princesse, malgré ce qu'elle contient d'aimable pour moi, s'adressait à vous ». Cette étonnante lettre aborde par la suite un penchant peu connu de Maupassant : son goût pour les fétiches. Il informe sa correspondante que : « La main, depuis qu'elle est revenue de chez vous, me semble dans une agitation extraordinaire. » Il s'agit de la fameuse main que Maupassant avait acheté à George Powell. C'était par l'entremise du poète Charles Swinburne (que Maupassant sauva presque de la noyade) que les deux hommes se rencontrèrent à Étretat en 1868. Powell et Swinburne y partageaient une maison, emplie de la collection de curiosités de Powell. La main dont il est question était momifiée et elle a inspiré Maupassant par deux fois. Une première en 1875 avec La Main de l'écorché, puis en 1885 avec La Main. Cette nervosité du porte-bonheur conduit Maupassant à s'interroger : « Peut-être avez-vous eu tort de ne point la garder comme fétiche ? » Il ajoute : « Mais j'ai d'autres fétiches singuliers. En voulez-vous un ? » En effet, il en possède une collection : « Je possède la chaussure d'une petite Chinoise morte d'amour pour un Français. » Il commente les potentiels effets de ces objets : « Ce talisman porte bonheur aux désirs du coeur. J'ai encore une grande croix en cuivre, fort laide, qui faisait des miracles parait-il dans le village où je l'ai trouvée. » Mais ces talismans ne fonctionnent pas tous comme ils le devraient : « Depuis qu'elle est chez moi elle n'en fait plus. C'est peut-être le milieu qui la gêne. » Ce n'est pourtant pas le plus étonnant : « Mais ce que je possède de plus singulier ce sont les deux extrémités d'un homme trompé par sa femme et mort de chagrin. L'épouse coupable conserva le pied et la corne de ce mari [...] et les fit souder ensemble. J'ignore quel peut-être l'effet de cet objet. » Malgré le sérieux de l'affaire, Maupassant ne se départit pas de son humour : « Dites, Madame, voulez-vous un fétiche ? J'ajoute que mes amis prétendent que je porte bonheur moi-même ! Je mets à vos pieds ce dernier porte-veine qui demande la préférence. » Pour faire écho à sa déclaration concernant les post-scriptum féminins, il en ajoute deux à sa lettre. Dans le premier il demande à la comtesse Potocka de le rappeler au souvenir de Mme Lambert. Cette dame était l'épouse d'Eugène Lambert, peintre connu pour ses chats et qui fréquentait le même milieu que Maupassant et la comtesse. Le second est bien plus savoureux : « Il ne faut pas attacher aux post-scriptum des hommes la même importance qu'à ceux des femmes. » Provenance : collection Jean Bonna. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]
- Nohant 16 août [18]59, 13,5x20,9cm, 4 pages sur un double feuillet. - Lettre autographe signée de George Sand adressée à Ernest Feydeau. Quatre pages rédigées à l'encre bleue sur un double feuillet présentant, en tête de la première page, le timbre à sec de l'expéditrice. Cette lettre a été publiée dans la correspondance complète de George Sand établie par Georges Lubin. Belle et longue lettre évoquant la littérature et l'amitié entre écrivains. D'abord courtier en bourse et spécialiste de l'Antiquité, Ernest Feydeau se lança sur le tard dans la fiction. Soucieux d'occuper un espace littéraire dans lequel il ne s'estimait pas justement apprécié, il fit jouer ses relations et entretint une relation épistolaire suivie avec d'illustres correspondants tels que Gustave Flaubert, Sainte-Beuve ou encore George Sand auxquels il adressa les ébauches de ses romans et dont il sollicita les avis. La présente lettre constitue une réponse de Sand qui vient d'achever la lecture de Daniel, deuxième roman de Feydeau. George Sand, alors à l'apogée de sa carrière littéraire, se décrit ainsi : « Je suis bien d'âge à être votre mère, car j'ai 55 ans, et j'ai de bonnes mains bien adroites, mais pas belles du tout. J'ai acquis le droit de n'être plus coquette, on m'a fait un assez grand reproche de ne l'avoir jamais été. Je vous dirai de moi tout ce que vous voudrez. » Comme à son habitude, très sollicitée par ses pairs, elle livre une critique très détaillée du texte que lui soumet son confrère : « Je ne suis pas contre les phrases qui détonnent, là où il faut qu'elles détonnent, mais je ne suis pas pour que l'harmonie soit sacrifiée au rythme. Je ne suis pas non plus pour le contraire. Comprenez-moi bien, je ne blâme que ce qui s'aperçoit trop, que ce qui révèle le procédé. Ne touchez pas aux passages dont vous me parlez, ils sont excellents. Et, en somme, je n'insisterai pas furieusement sur la question de forme dans le style, vu que si les qualités du vôtre devraient s'en aller avec ce qui me semble parfois un défaut, je serais au désespoir d'avoir signalé le défaut. » Elle-même très proche de Flaubert qu'elle surnommait son «?cul de plomb?», Sand semble ravie que les deux hommes se connaissent : « Je n'ai pas le temps. Mais j'aurai celui de vous recevoir quand vous serez libre, il faudra venir avec Flaubert qui a aussi en moi un lecteur enchanté et un ami littéraire de tout cur. Je ne le savais pas votre ami, et je suis contente qu'il le soit. » L'amitié va si loin que Sand bientôt réunit les deux écrivains, les mettant sur un total pied d'égalité : « Ce n'est pas un malheur pour vous, pas plus que pour Flaubert, d'appartenir à la race des voyants. » S'installe alors une forme de solidarité face à l'adversité de la critique : « Tout cela se sent mieux qu'on ne peut le dire, et c'est pour cela que la critique déraisonne les trois quarts du temps. » Car la critique a eu le malheur de taxer Feydeau, comme elle l'a fait avec Flaubert, de réaliste : « On s'est mêlé de baptiser votre manière et la sienne de réalisme. Je ne sais pas pourquoi ; à moins que le réalisme ne soit tout autre chose que ce que les premiers adeptes ont tenté de nous expliquer. Je soupçonne, en effet, qu'il y a une manière d'envisager la réalité des choses et des êtres, qui est un grand progrès, et vous en apportez la preuve triomphante. Mais le nom de réalisme ne convient pas, parce que l'art est une interprétation multiple, infinie. C'est l'artiste qui crée le réel en lui-même, son réel à lui, et pas celui d'un autre. Deux peintres font le portrait de la même personne. Tous deux font une uvre qui représente la personne, si ce sont deux maîtres. Et pourtant les deux peintures ne se ressemblent pas. Qu'est devenue la réalité ? » Cette longue diatribe - véritable manifeste - constitue un puissant témoignage de la répulsion de George Sand et Flaubert pour les théoriciens, obsédés par l'idée de classer la littérature selon un « système qui [...] aveugle ». [ENGLISH DESCRI
1704(LCPCECO-0004)(Un précieux manuscrit calligraphié sur vélin, sans doute destiné à un membre très éminent de la Chancellerie Royale de Louis XIV) "TARIF DES DROITS DU SCEAU, TANT DE 1672, 1674, 1691, QUE DE L'AUGMENTATION DE 1704, QUE LE ROY DE L'ADVIS DE MONSIEUR LE CHANCELIER VEUT ESTRE LEVEZ A L'AVENIR SUR LES LETTRES ET EXPEDITIONS QUI SERONT SCELLEES EN LA GRANDE CHANCELLERIE...". s.d. (vers 1704) 4 parties en 1 volume in-12° (175x125 mm) (dimensions pages 169x114 mm) (7) ff. b. de papier, (1) f. b. de vélin, (48) ff. de vélin, (1) f. b. de vélin, (7) ff. b. de papier. Reliure de l'époque en maroquin noir. Encadrement de triple filet doré sur les plats avec fleurons dorés aux angles et fleurs de lys dorés en écoinçons. Dos à cinq nerfs avec compartiments décorés avec fleurs de lys et titre en lettres dorées. Roulette intérieure dorée. Tranches dorées. Précieux et rarissime manuscrit sur vélin, parfaitement calligraphié, dans sa reliure du temps en maroquin noir aux fleurs de lys, sans doute destiné à un des membres les plus éminents de la haute administration royale. A l'époque le Chancelier en charge (de 1699 à 1714) était le M.is Louis Phélypeaux, C.te de Maurepas et de Pontchartrain (1643-1727), qui "redonna à la chancellerie une importance et un éclat oubliés depuis la vieillesse de Pierre Séguier". Manques aux coiffes et partie inférieure du mors du premier plat fendu sur 3 cm, mais très bel exemplaire avec intérieur frais et magnifiquement conservé. Le texte est divisé en quatre parties. La première présente les tarifs par actes et par offices ; vient ensuite la liste des archevêchés et des évêchés ; suit un état de ce que doivent payer les chancelleries supérieures ; et, enfin, un "Tarif des droits de la Chancellerie de Paris et des chancelleries près de nos cours présidiaux...". Cette dernière partie semble ne pas être reprise dans l'édition de 1704. Ce rarissime manuscrit sur les droits de la Chancellerie royale et leur augmentation de 1704 est le précieux témoignage de la période fort troublée des dernières années du règne de Louis XIV. Nous sommes en pleine guerre pour la succession au trône d'Espagne, déclenchée en 1701 à la suite du décès de Charles II (le 1er novembre 1700), mort sans descendance. C'est le grand conflit qui oppose la France des Bourbons, qui soutient le Duc d'Anjou (futur Philippe V d'Espagne), deuxième fils du Grand Dauphin et petit-fils de Louis XIV, à l'Autriche des Habsbourg, qui soutient Charles, second fils de l'Empereur Léopold Ier. En 1702 l'Angleterre, le Saint-Empire romain germanique et les Provinces-Unies déclarent la guerre à la France, une guerre qui durera douze ans et qui épuisera toute l'Europe jusqu'à 1713 et aux signatures des Traités d'Utrech et de Rastatt (1714). Le coût des armées françaises est faramineux et l'augmentation des droits de chancellerie est un des premiers moyens employés pour remplir les caisses de l'Etat. Mais cela ne suffira pas. La France sera particulièrement frappée par la crise financière de 1709, étroitement liée à l'inflation causée par les colossales dépenses de guerre et aggravée par la plus terrible famine de son histoire, celle de l'hiver de la même année (avec 600.000 décès, le prix du blé multiplié de six à dix fois dans de nombreuses villes du royaume et le Roi obligé à mettre ses pierreries en gage de la monnaie royale). Les conséquences de cette crise enorme tourneront la France de la Régence (après la mort de Louis XIV en 1715), toujours en très grave déficit, au système de Law. Le présent manuscrit fut sans doute rédigé par un copiste professionnel ou maître en écriture. Nous avons pu localiser seulement 4 autres exemplaires en reliure identique ou similaire : Institut de France (1 vol. in-fol., 1ère partie réalisée en 1691, les deux suivantes en 1704, provenant de la collection Godefroy : dans les collections publiques parisiennes depuis 1760 (170x110 mm et 175x120 mm), BNF (acquis dans les années 1960 (170x120 mm)), Ranbervillers (168x112 mm) et Nevers (don à la bibliothèque en 1851 (170x110 mm)). Le texte fut imprimé à Paris chez la V.ve Laurent Raudet au format in-4°. (LCPCECO-0004) (5.500,00 €)
94473, s.d. (c. 1821), in-4, 331 pp, 1 table depl, Demi-basane olive de l'époque, dos lisse orné de fleurons romantiques, Manuscrit rédigé à l'encre d'une écriture soignée, entièrement réglé, reproduisant l'intégralité du célèbre Discours préliminaire de Georges Cuvier (1769-1832). Le copiste y a ajouté des extraits de plusieurs publications soutenant l'hypothèse du catastrophisme développée par le naturaliste : il y aurait eu autant de cataclysmes que d'âges fossiles, chaque espèce disparaissant de la surface de la terre lors de ces bouleversements, dont le dernier coïnciderait avec le Déluge de la Bible L'auteur du manuscrit a ici reproduit Discours préliminaire tel qu'il est paru en 1821, en ouverture de la seconde édition des Recherches sur les ossemens fossiles (Paris, Dufour, d'Ocagne, 1821). Ce texte important avait été publié pour la première fois avec le premier volume de l'édition originale de 1812. Il sera l'objet en 1825 d'un tiré à part sous le titre de Discours sur les révolutions de la surface du globe. Extraits ajoutés : - De Cuvier : "Les déluges d'Ogygès et de Deucalion sont-ils des évènements réels ou particuliers, ou des traditions altérées du Déluge universel?" (p. 267-275). Cette note est extraite de la Collection des auteurs classiques latins publiée par Lemaire, en tête du volume consacré à Ovide (t. 16, 8e livraison. 1821). - De Picot : "Réflexions sur le discours précédent. Sur les indices que la géologie et l'histoire des peuples fournissent relativement à l'antiquité du monde" (p. 279-287). Extrait de l'Ami de la religion et du roi, 19 décembre 1821, t. 30, n° 768. - De Lemontey, Cuvier, Brogniart... "Extraits sur différentes espèces de quadrupèdes fossiles" (288 et suiv.) : mastodonte, éléphant fossile, hippopotame, rhinocéros, félin, cerf, boeuf, baleine, tortues, etc. Cea beau document, qui relaie l'explication du fixisme, et donc du créationnisme, est enrichi d'un billet autographe signé de G. Cuvier du 17 juillet 1830, inséré en tête du volume : "Maillol laissera passer M. Werner avec deux poissons et deux oiseaux qu'il est en charge de peindre" [Jean-Charles Werner, peintre du Muséum, qui fut notamment chargé de réaliser la très belle illustration de l'Histoire naturelle des poissons de Cuvier et Valenciennes]. Ex-libris armorié de Mr de Badts de Cugnac sur le contreplat. Dos décollé et lacune en tête. Bel état intérieur. Couverture rigide
180185841Charenton 1801 | 15 x 22.80 cm | un feuillet composé deux papiers encollés
.....Compiled from Papers and other Materials of the Right Honourable George Lord Anson, and Published under his Direction, by Richard Walter, M.A. Chaplain of His Majesty's Ship the Centurion. SUBSCRIBERS COPY OWNED BY SUBSCRIBER LISTED IN BOOK AND WITH ADDITIONAL MANUSCRIPT LEAF SIGNED BY ANSON. First Edition. Quarto, measuring approximately 260mm x 210mm. 34, 420 pages, with 42 engraved folding plates and maps. Bound in a contemporary full calf binding. Bound without the directions to binder leaf, otherwise a stunning and very clean copy of this book. WITH THE SIGNATURE OF HENRY PENNYMAN ON THE TOP OF THE TITLE PAGE WHO IS LISTED IN THE LIST OF SUBCRIBERS AND THE BOOKPLATE OF JAMES PENNYMAN. IN ADDITION THERE IS A MANUSCRIPT LEAF - A RECEIPT FOR LOAN IN SALT - SIGNED IN THE ORIGINAL BY ANSON IN MAY 1752. This is the official account of Anson's voyage. England, at war with Spain in 1739, equipped eight ships under the command of George Anson to harass the Spaniards on the western coast of South America, for the purpose of cutting off Spanish supplies of wealth from the Pacific area. The Spanish fleet sent out to oppose the British ran into storms; provisions ran out and many ships were wrecked. Anson continued taking prizes during 1741-42, off the Pacific coast, and in June, 1743, captured the Manila galleon containing a vast treasure in Gold and Silver. Cox I, p. 49. Hill 1817. National Maritime Museum I, 109. Sabin 1625. Manuscript
141984aaf1848 - 1849, in-4to, (26 x 20 cm.), in 2 volumes + some loose documents, Originalledereinband, Titel u. Zierleiste auf Deckelinnenseiten u. -kanten in Gold, Goldschnitt, allgemein in sehr gutem Zustand.
- 8 octobre 1915, 13,1x20,7 cm, 2 pages sur un feuillet. - Lettre autographe signée de Guillaume Apollinaire à « [son] p'tit Lou ami » [Louise de Coligny-Châtillon], deux pages rédigées à l'encre brune sur un feuillet de papier pelure. Traces de pliures transversales inhérentes à la mise sous pli. Il s'agit de l'une des dernières lettres adressées par Guillaume à Lou. Alors au front il lui écrit : « On ne parle pas de rétablir les permissions, aussi la mienne reste-t-elle douteuse. Il est certain qu'il faut que toutes les forces soient présentes et je comprends fort bien que les permissions pour le moment... ceinture. » Le 2 août 1914, l'État français donna l'ordre de mobilisation générale. Immédiatement Guillaume Apollinaire souhaita s'engager au sein des forces armées. Faute de nationalité française, le conseil de révision ajourna sa demande. Apollinaire, en proie au plus grand désarroi, accepta l'invitation de son ami Siegler-Pascal et l'accompagna à Nice. «?Un jour de fin septembre [...] Apollinaire déjeunait en agréable compagnie dans la meilleure auberge de Nice, chez Boutteau. [...] Une Parisienne les avait rejoints, une petite personne piquante, volubile et rieuse, à la chevelure acajou, passée au henné, coupée court aux yeux effrontés et battus.?» (Laurence Campa, Guillaume Apollinaire, Gallimard, 2013) Kostro fut immédiatement subjugué par la prestance de Louise de Coligny et lui envoya, dès le lendemain de leur rencontre, une déclaration enflammée?: «?Vingt-quatre heures se sont à peine écoulées depuis cet évènement que déjà l'amour m'abaisse et m'exalte tour à tour si bas et si haut que je me demande si j'ai vraiment aimé jusqu'ici.?» (Lettres à Lou, 28 septembre 1914) Débutera alors l'une des plus importantes correspondances de la littérature du XXème siècle. Malgré les vicissitudes de la guerre, les deux amants parvinrent à se retrouver à l'occasion des permissions de Guillaume. Pourtant, au lendemain de l'un de ces rendez-vous, le 2 janvier 1915, le jeune soldat fit la connaissance dans un train de Madeleine Pagès qu'il demanda en mariage en août 1915. Ce nouveau coup de foudre ne mit pourtant pas fin à ses échanges épistolaires avec Lou, qui prirent un ton bien plus amical mais néanmoins toujours séducteur : « J'ai reçu avec un grand plaisir ta lettre de St Nicolas je ne sais plus quoi (Meurthe et Moselle). (Avec la photo de la Cueillette de pommes.) Tu y es charmante et celui qui grimpe à l'échelle que tu tiens si gentiment est un homme heureux. Pour ma part, je le félicite. » Belle lettre du poète soldat à sa muse. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]
- Paris s.d. [3 ou 4 juin 1940], 20,9x26,9 cm, 2 pages sur un feuillet. - Handwritten signed letter to Denise Rollin: "I think of you in this room and all that will happen there when we are together again." " je songe à toi dans cette chambre et à tout ce qui arrivera là quand nous serons de nouveau ensemble." Paris s.d[3 or 4 June 1940], 20.9 x 26.9 cm, 2 pages on one leaf Touching handwritten letter signed by Georges Bataille to Denise Rollin, 37 lines in pencil, small water stain in the top right not affecting the text. Georges Bataille tries to reassure his companion Denise Rollin: "Je t'en supplie. Il ne faut pas t'inquiéter, mais pas du tout." "I beg you. You must not worry, not at all." She moved to Vézelay where Bataille would soon join her. He stayed in Paris where the bombings did not disrupt Parisian lives at all: "Tu n'imagines point à quel point les petits dégâts qu'on voit paraissent insignifiants à côté de la place intacte qu'il y a de tous les côtés. Pendant toute l'alerte, j'ai déjeuné bien tranquille avec mon chef de service de passage à Paris (il vit au front)" "You have no idea how insignificant the little damage you see seems next to the square untouched on all sides. Throughout the alert, I had a very quiet lunch with my head of service passing through Paris (he lives on the front)" Bataille did not give up his job as librarian at the National Library. Suffering from tuberculosis, he was not sent to the front, and he took the opportunity to write several texts at that time, such as Madame Edwarda and Le Coupable. Further on, he mentions a visit: "Un peu après, Henri Michaux est venu me voir" "A little after, Henri Michaux came to see me" The two men had participated in the magazine Mesures and both had in common being separate from the surrealist nebula. In both of their respective works there is a violent independence and the same tension towards spirituality, a form of mysticism. Bataille had attended the seminary in his youth, and Michaux pleasantly said of him: "Il donne l'impression d'un séminariste sortant furtivement d'une pissotière." "He gives the impression of a seminarian surreptitiously coming out of a public urinal." After this almost trivial news, Bataille embarks on an analysis of his feelings: "Ce que tu me dis dans ta lettre, c'est pour moi ce qui délivre, c'est comme la nudité, tout ce qui se déchire entre toi et moi. Mais, encore une fois, je ne me suis jamais senti aussi près de toi." "What you tell me in your letter is for me what delivers, it is like nudity, everything that is torn apart between you and me. But, once again, I have never felt so close to you." He asks his correspondent: "il faut me dire tout. C'est très doux que j'aie vu où tu es, que je connaisse les chemins que tu prendras, les ponts par où tu passeras." "you must tell me everything. It is very sweet that I have seen you where you are, that I know the roads you will take, the bridges over which you will pass." Sensuality is never far from the author's feelings: "Dis-moi aussi quelle chambre tu as: pour que je songe à toi dans cette chambre et à tout ce qui arrivera là quand nous serons de nouveau ensemble." "Also tell me which room you have: so that I may think of you in that room and all that will happen there when we are together again." From this and past sensualities, there remain the fruits that are the children. Denise Rollin left for Vézelay in the company of her son Jean, nicknamed Bepsy: "Tu ne me dis rien de ta vie avec Bepsy [...] Bepsy est-il plus calme: moi aussi je l'ai entendu crier dans tes bras." "You don't tell me anything of your life with Bepsy [...] Is Bepsy calmer: I too heard him screaming in your arms." Bataille thanks Rollin: "Pour Sylvia je t'ai une immense reconnaissance de m'avoir aidé à changer." "For Sylvia I am immensely grateful to you for helping me change." Sylvia Bataille was the first wife of Georges Bataille. They were separated in 1934 but did not divorce until 1946. From this
- S.l. s.d. [circa 1940], 20,9x26,9 cm, 2 pages sur un feuillet. - Autograph letter, signed, to Denise Rollin: "I write to you like a blind man, because that is what you make me when you talk to me the way you do...you make me fall into a darkness that is almost unbearable" [ca 1940] | 20,9 x 26,9 cm 2 pages on a single leaf Autograph letter signed from Georges Bataille to Denise Rollin, 40 lines in black ink, two pages on one leaf. George Bataille and Denise Rollin's relationship lasted from the autumn of 1939 to the autumn of 1943 and left behind it a short but passionate correspondence. This letter dates from the early days of their connection, but already reveals Bataille's agonies: "Perhaps I was too happy with you for some months, even though suffering did not wait long to interrupt, at least for a time, a happiness that was almost a challenge." A passionate lover, Bataille moved from exultation to the deepest doubt and even offered his lover a potential way out of their relationship: "If you can't take it, me, any more, I beg you, don't deceive yourself any longer: tell me it's me, and not some foible I could have avoided and which is easily repairable." He would rather be sac- rificed on the altar of their love than have a relationship that was bland and flavorless: "Understand me when I tell you that I don't want everything to get bogged down, that I would really rather suffer than see a sort of shaky mediocrity as a future for you and me." Earlier in the letter, he turns to humor to tear him away from his worries: "I hardly dare make you laugh by telling you that I've lost weight, so that my trousers occasionally fall down, because I've not yet gotten into the habit of tightening my belt to the new notch." Then, he goes back to pleading: "I write to you like a blind man, because that is what you make me when you talk to me the way you do when you leave or when you phone, you make me fall into a darkness that is almost unbearable." He then tries to get a grip on himself: "there are moments I'm ashamed of doubting you and being afraid, or of stupidly losing my head." Finally, hemmed in by all his doubts as a lover, Bataille tried to find some respite in talking about the family that he had made up with Denise and her son Jean (alias Bepsy): "If you write me, tell me how Bepsy's doing, which is perhaps the only thing that you can tell me that doesn't touch something painful in me." Although Bataille's life as a writer is well known in these years, little is known about his private life. And it is not the least paradox of his very revealing work that it only tells the minimum of his private affairs, and usually the worst of it." (M. Surya, G. Bataille, la mort à l'uvre). When Georges Bataille met Denise Rollin in 1939, he had just lost his lover Colette Peignot to tuberculosis. His friends had abandoned him and war had just been declared. This sentimental and social chaos however, does not affect Bataille as much as the tumultuous relationship he took up with Denise Rollin who was a friend of Cocteau, Breton, Prévert and a muse of painters Kisling and Derain. Their romance lasted four years and left very few details of their sentimental life during this period of Occupation, except what Bataille is willing to tell us in his novel Le Coupable (The Guilty) partly inspired by this passionate and painful relationship. In a 1961 interview, Bataille looked back on this time: "Le Coupable is the first book that gave me a kind of satisfaction, an anxious one at that, that no book had given me and that no book has given me since. It is perhaps the book in which I am the most myself, which resembles me the most... because I wrote it as if in a sort of quick and continuous explosion." The letters addressed by Bataille to Denise during this period contain the seeds of the feelings that explode in Le Coupable as in all of Bataille's work. His writing is an ebb and flow of love and suffering, between e
- S.n., s.l. s.d. [circa 1940-1943], 20,7x27 mm, 2 pages sur un feuillet. - Belle et longue lettre autographe signée de Georges Bataille à Denise Rollin, inédite, déchirée en cinq morceaux n'affectant pas la lecture, 34 lignes à l'encre noire sur un feuillet. Fréquentant tous les deux les milieux intellectuels et artistiques parisiens, Georges Bataille et Denise Rollin se rencontrèrent au cours de l'année 1939. Elle fut notamment l'amie de Cocteau, Prévert et Breton. Bataille la décrivit ainsi dans ses carnets pour Le Coupable : « une illusion aussi fragile qui se dissiperait au moindre souci, au moindre relâchement de l'inattention. » Il reste peu de détails sur leur relation car la vie privée de Georges Bataille, particulièrement à cette époque, n'est pas tant documentée. Il apparaît dans cette lettre les sentiments profonds que Denise Rollin provoquaient chez Bataille : « Maintenant je n'aspire plus qu'à une chose c'est à vous prouver que je n'appartiens plus qu'à vous, que je suis rivé à vous [...] » L'absolu de cet amour est tel que Bataille est prêt à tout : « [...] que vous le sachiez à tel point que si je ne devais plus avoir d'autre moyen qu'une profanation pour vous le prouver, je ferais devant vous cette profanation. » Il se sent pourtant coupable : « Je ne peux pas parler de l'état auquel je suis arrivé, je suis trop agité. Je sens, j'espère que c'est absurde. J'ai honte même de tant souffrir et de vous ennuyer avec ma souffrance quand vous seule êtes malade. » L'année précédente, il avait perdu sa compagne des suites de la tuberculose. Démuni devant la maladie, il admet : « [...] moi je ne peux pas vous guérir, je ne peux même pas vous soigner [...] » Seule Denise Rollin serait capable de l'apaiser : « Tout était noir auparavant [...] ce que je souffre et que vous pouvez si facilement guérir chaque fois que vous le voudrez [...] ». Abandonné aux affres de l'angoisse, Bataille admet : « Je suis tellement fou en ce moment (et de cela je veux vous parler) que je ressens comme une complicité et une perfidie de tous pour me faire mal, comme si vous vous prêtiez au jeu pour que je sois encore plus désespéré [...] » Au bord de la paranoïa, il supplie Rollin : « La seule chose dont je veux vous supplier [...], c'est de ne plus douter sans cesse de moi comme vous l'avez fait. » Il comprend pourtant : « [...] il y avait en moi et dans mon passé de quoi vous paraître insupportable [...] » Il lui offre une solution : « Ce qui m'apaiserait le plus si vous m'écriviez, ce serait que vous me disiez que vous me croyez, que vous voulez bien que je sois votre chose. » [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]
- s.l. (Paris) s.d. [5 ou 12 janvier 1860], 13,6x21cm, deux pages sur un feuillet remplié. - Lettre autographe signée de Gustave Flaubert adressée à l'archéologue Charles-Ernest Beulé. Deux pages rédigées à l'encre noire sur un feuillet remplié. Le destinataire de cette lettre a apposé neuf lignes manuscrites, brouillon de sa future réponse, à la suite de la lettre de Flaubert. Cette lettre a été retranscrite et reproduite sur le site internet du Centre Flaubert de l'Université de Rouen. Le transcripteur de cette missive précise : « Les lignes écrites sous la signature sont-elles de Beulé ou de Flaubert-lui-même ? L'écriture ressemble à la sienne. Stéphanie Dord-Crouslé suggère que Flaubert a pu aller voir Beulé et écrire sous sa dictée ces éléments qui répondent aux questions posées. » Cette hypothèse nous semble peu probable dans la mesure où l'on connaît la réponse de Charles-Ernest Beulé à ce courrier elle-même numérisée par le Centre Flaubert et datée du 10 février 1860. Cette réponse ne nous paraît pas induire une visite de Flaubert chez Beulé. Il nous semble plus vraisemblable que Beulé ait inscrit sous la lettre de Flaubert un brouillon de sa future réponse du 10 février 1860 qui ne sera qu'une reformulation élégante de ses notes. Beau et important témoignage des recherches colossales qu'entreprit Flaubert pour la rédaction de Salammbô. « Commencé en 1857, le roman paraît en 1862, période où l'Antiquité revient à la mode et où Carthage est « au goût du jour » grâce aux fouilles récentes de Charles-Etienne Beulé à Byrsa (1859) et dans les ports puniques. » (Vanessa Padioleau, « Flaubert et Carthage : Salammbô, roman polymorphe » in Revue Flaubert, n° 9, 2009) C'est donc à l'un des spécialistes de la question que Flaubert adresse ses questions, commentant sa récente lecture d'Ammien Marcel : « J'ai appris, dans ce même Ammien, que les Carthaginois ont pris Thèbes, en Egypte [...] Qu'est-ce que cela veut dire ? Ce passage est, je crois, peu connu ? » La tâche de Flaubert n'est pas mince : on ne connaît à l'époque rien ou presque sur la période de la Révolte des Mercenaires qui s'étendit sur deux années, de 240 à 238 av. J.-C. Il entame alors un travail de fourmi, appuyant ses recherches sur les textes des grands historiens de l'Antiquité qu'il lit en latin dans le texte. La lettre que nous proposons en montre d'ailleurs sa grande maîtrise : « J'ai appris, dans ce même Ammien que les Carthaginois ont pris Thèbes, en Egypte, livr[e] xvii, ch. iv. "Hanc inter exordia pandentis se late Carthaginis, improviso excursu duces oppressere Poenorum" [« À l'époque où Carthage commençait sa large expansion, les généraux des Phéniciens vainquirent celle-ci par une attaque à l'improviste »]. » Malgré ces recherches des plus approfondies, la porte de Carthage ne connaîtra qu'une très brève description dans la version finale de Salammbô. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]
- Paris 9 mai 1877, 13,5x20,5cm, 2 pages sur un feuillet remplié. - Lettre autographe signée de Gustave Flaubert adressée à Léon Cladel. Enveloppe jointe. Quelques soulignements et corrections manuscrites de l'auteur. Minuscules taches d'eau. Trois petites restaurations à l'aide d'adhésif sur la seconde page ainsi que deux traces de pliures inhérentes à la mise sous pli du courrier. Amusante lettre dans laquelle Gustave Flaubert, dont la renommée littéraire n'est plus à faire, apporte son soutien à son ami Léon Cladel qui peine à faire publier l'un de ses ouvrages. Le « maître » - c'est ainsi que Léon Cladel nomme son confrère - démarre cette lettre avec enthousiasme : « J'ai commencé votre bouquin hier à 11 heures il était lu, ce matin à 9 ! ». Le « bouquin » dont il est ici question est L'Homme de la Croix-aux-Bufs que Flaubert avait accepté de relire pour son ami le 30 avril ; il en avait d'ailleurs réclamé le manuscrit déposé chez l'éditeur Georges Charpentier à ce dernier : « Cladel m'a écrit pr me dire qu'il désirait que je lusse (pardon du subjonctif) le roman en feuilles qui est chez vous. Donc envoyez-le-moi, ou apportez-le-moi. » (Lettre du 3 mai 1877). Léon Cladel, très proche de Gustave Flaubert, semble lui avoir fait part des craintes de l'éditeur édouard Dentu quant à la publication de son ouvrage : « Et d'abord il faut que Dentu soit fou, pr avoir peur de l'im le publier. » En familier aguerri de l'impitoyable monde de l'édition, Flaubert se place en professionnel et déclare : « Rien n'y est répréhensible soit comme politique, soit comme morale. Ce qu'il vous a dit est un prétexte ? » Cette question de la répréhension morale n'est pas sans faire écho au célèbre procès intenté à l'auteur de Madame Bovary. Tel un critique littéraire dithyrambique, Flaubert complimente son confrère : « Je trouve votre livre, un vrai livre. C'est très bien fait, très soigné, très mâle. & je m'y connais mon bon. » Lecteur scrupuleux, il se permet néanmoins quelques remarques sur le manuscrit de Cladel (« J'ai deux ou trois petites critiques à vous faire (des niaiseries) - ou plutôt des avis à vous soumettre. ») avant de se raviser : « Qqfois, il y a des prétentions à l'archaïsme et à la naïveté. C'est l'excès du bien. » L'attitude de Flaubert est ici quasi paternelle et en tout cas bienveillante : conscient des capacités de son ami il souhaite l'encourager et voir la publication de son ouvrage aboutir : « Mais encore une fois, soyez content & dormez sur vos deux oreilles - ou plutôt ne dormez pas - et faites souvent des uvres pareilles. » L'écrivain bienveillant évoque également dans cette missive un autre éditeur, Georges Charpentier : « Quant à Charpentier (auquel je remettrai vos feuilles vendredi - jour où je dîne chez lui) je vais lui chauffer le coco violemment, & en toute conscience, sans exagération & sans menterie. » Charpentier qui édite Flaubert depuis 1874 est devenu un proche ami de l'écrivain avec lequel il entretient une riche correspondance. En ce mois de mai 1877, il vient juste de publier Trois contes qui fut pour Cladel l'occasion d'une émouvante célébration de son maître ès Lettres : « Où diable avez-vous pris ce rutilant pinceau dont vous brossez vos toiles, les petites comme les grandes, et cette sobriété que certains latins vous envieraient ? Être à la fois Chateaubriand et Stendhal, et de plus Flaubert ». Cette admiration est réciproque et Flaubert éprouve pour ce « véritable artiste » une estime non feinte : « La fin est simplement sublime ! - & du plus gd effet. » Il réitèrera, quelques semaines plus tard ses compliments : « C'est travaillé, ciselé, creusé. L'observation, chez vous, n'enlève rien à la poésie ; au contraire, elle la fait ressortir. » En effet, Cladel s'affirmera comme le véritable héritier du style flaubertien, bien plus que Zola qui lui reprochera justement de « travaille[r] sa prose avec acharnement » et de « s'efforce[r] de rendre parfaite chaque phrase qu'il écrit ». C'est finalem